2002 Haiti

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CLOTURE DE MALAKI MA KONGO

Spé­cial Pont sur l’Atlantique ou

Malaki ma Kongo dans le fief du Vodu Haïtien

Masengo ma Mbongolo - Haiti 2002

Masen­go ma Mbon­golo - Haiti 2002

La clô­ture de Malaki ma Kon­go Spé­cial Pont sur l’Atlantique s’est déroulée dans de bon­nes con­di­tions à Port au Prince en Haïti au lieu de Capester­re Belle-Eau en Guade­loupe com­me ini­tiale­ment prévu. Ce change­ment de dernière heure est dû aux pesan­teurs … Mais, à toute chose mal­heur est bon dit-on, Port au Prince la cap­i­tale de la pre­mière République Noire indépen­dan­te n’a ménagé aucun effort pour con­firmer la logique selon laque­lle :

Haïti est le con­cen­tré flot­tant d’une Afrique

En quête de lib­erté et de développe­ment.

En moins de deux semaines de réori­en­ta­tion, la clô­ture de MALAKI MA KONGO made in Améri­ca-Haïti émarge désor­mais sur la lis­te des événe­ments du Malaki qui fer­ont date dans l’histoire des rela­tions cul­turelles et artis­tiques Afrique-Amérique; puri­fi­ant par ce biais, le fleu­ve de men­songes qui, depuis plus de cinq siè­cles, coule de l'Amérique vers l'Afrique et vice ver­sa.

Les fes­tiv­ités de la 11ème édi­tion de MALAKI MA KONGO Spé­cial Pont sur l’Atlantique, débutées en mai dernier en Ital­ie à Nove di Bas­sano, se sont pour­suiv­ies en sep­tem­bre au Con­go-Kin­shasa puis en octo­bre au Con­go-Braz­zav­ille avant d’effectuer un grand Pont sur l’Atlantique pour clô­tur­er ses activ­ités dans la ville de la lib­erté made in Tou­s­saint LOUVERTURE à Port au Prince en Haïti. Les fes­tiv­ités se sont déroulées sous le Patron­age de l’ACSAH Alliance Cul­turelle et Sci­en­tifique des Africains d’Haïti ani­mée par mon­sieur Bona Nlem­ba, sous ori­en­ta­tion du Prince de Nsundi Ne Masen­go ma Mbon­golo. Telle de l’huile aspergée au feu, les fes­tiv­ités de Malaki made in Améri­ca-Haïti se sont déroulées d’une manière ver­tig­ineuse et sans fausse hon­te, ont atteint le 09 novem­bre 2002 une vitesse de croisière qui a dépassé les espérances des organ­isa­teurs.

Le Pont sur l’Atlantique

Est désor­mais une réal­ité

Une réal­ité intan­gi­ble !

Dix ans après le Pont sur le Con­go ponc­tué par la pièce de théâtre Braz­za-Kin­shasa via Paris une co-écri­t­ure de Nzey Van Musala et Masen­go ma Mbon­golo, nous récidi­vons ce 09 novem­bre 2002 avec la pièce Pont sur l’Atlantique une créa­tion de Masen­go ma Mbon­golo pour clore les fes­tiv­ités de la 11ème édi­tion MALAKI MA KONGO Spé­cial Pont sur l'Atlantique, qui ont débutées en mai en Ital­ie et se sont pour­suiv­ies en sep­tem­bre au Con­go-Kin­shasa et en octo­bre au Con­go-Braz­zav­ille. Ce Malaki made in Améri­ca-Haïti reliera à jamais le cor­don ombil­i­cal entre africains d’Amérique, africains d’Europe et ceux du con­ti­nent orig­inel.

Du 12 mai au 09 novem­bre 2002 dans ces trois con­ti­nents nous avons com­mu­nié sans réserve avec nos ancêtres ; nous avons appris que le nom de notre con­ti­nent Afrique est d’origine arabe. Il a pour racine Kafir ou Kafrika syn­onyme en langue arabe d’impur, d’incirconcis, de païen…

Le mot Afrique sig­ni­fie donc en langue arabe:

-Ter­re des hommes sans reli­gion ;

-Ter­re des païens, des incir­con­cis…

-Ter­re des hommes impurs

C’est pour cette raison que cer­tains frères Maghrébins refusent l’appellation du mot africain et préfèrent celui d’arabe; parce que le mot africain dans leur cul­ture est une injure.

Et nous avons apporté la pré­ci­sion selon laque­lle, jusqu’au huitième siè­cle, c'est à dire avant la Guer­re sain­te, le con­ti­nent Noir s’appelait KATIOPA (Ethiopie). Dans la lit­téra­ture égyp­ti­en­ne, grec­que et même dans la bible le mot Afrique est inex­is­tant. Et nous avons ajouté que le mot Katiopa sig­ni­fie cen­tre de l’univers.

En langue kikon­go nous pou­vons sub­di­vis­er ce mot en deux :

Kati = cen­tre

Mpa = uni­vers

Ce qui nous don­ne

kati-dia-Mpa ou kati+Mpa

en abrégé KATIOPA

Le cen­tre de l’univers c’est le cœur de l’Afrique et ces ter­res se nom­ment KONGO. Sa cap­i­tale c’est Kon­go dia Ntote­la « la ter­re promise » l’unique qui exis­te réelle­ment; le reste n’est que fal­si­fi­ca­tion de l’histoire… Puisque le Dieu d’Amour, maître de toutes les puis­sances ne peut don­ner à l’humanité une ter­re promise qui soit aride où toute vie est presque impos­si­ble… Car la ter­re promise est syn­onyme de lait, de miel, de faune, de flo­re…

Kon­go

en anglais se dit King

en Alle­mand, Konig

en Danois, Kong

en Por­tu­gais, Koros

en Japon­ais, Kon­go

en Français c’est la ©Kouron­ne

en d’autres ter­mes roi

et le roi des rois pour ne pas par­ler

du Kon­go des Kon­go

c’est Dieu lui-même

Nous insis­tons sur la let­tre K parce que chaque let­tre a sa dynamique interne et même ceux qui jouent au jeu de carte savent que la let­tre K est syn­onyme de roi. C’est pour cette raison que tous les fau­ves qui se sont réu­nis à Berlin de novem­bre 1884 à févri­er 1885 pour s’acharner sur le partage du cœur de l’humanité ont trou­vé que "l’os du cœur de l’humanité est dur à cro­quer" et qu’il fal­lait d’abord le diluer en l’amputant de son K roy­al pour l’offusquer avec un C qui rime bien avec Chaise, Chif­fon, Chemise ou Con­ner­ie.

Les fes­tiv­ités de clô­ture du Malaki ma Kon­go Spé­cial Pont sur l’Atlantique ont eu lieu ce samedi 09 novem­bre à l’amphithéâtre de Col­lège de l’Etoile à Port au Prince de Haïti. Dès 18 heures la salle de cinq cent places est déjà à moitié pleine d’un pub­lic où se dis­tingue le club Malaki d’Haïti, petit groupe d’une dizaine d’amies Haï­ti­en­nes géré par Berthine, Keurline, Jesu­la, Nan­si…… toutes vêtues en pag­ne africain, s’affairant à décor­er la salle aux couleurs et aux images du Malaki. Entre le pub­lic et la scène se trou­vait la table des offi­ciels où on pou­vait voir au cen­tre une bouteille de ntsam­ba (vin de palme) et l’effigie du Malaki avec à sa droite la pho­to de la défun­te mama Masem­bo Vio­let­te la guade­loupéen­ne. Dans le fond, juste der­rière la scène, une ban­derole blanche, écrite en rouge et bleu, couleurs d’Haïti, rap­pellera à jamais à la postérité que ce jour 09 novem­bre 2002 s'est tenu en Haïti, MALAKI MA KONGO Spé­cial Pont sur l’Atlantique. Alors que les min­utes s’égrainent, Doudou le fils de Mon­sieur Bob du Nige­ria et le Con­go­lais Bona Nlem­ba met­tent la dernière main sur la sys­té­ma­ti­sa­tion du poste téléviseur qui pro­jet­tera le film vidéo inti­t­ulé : « Les Dix édi­tions de Malaki ma Kon­go »

MWANA NGO TU DIA

Les pre­mières places étaient occupées par les hommes du Vodu qui ne voulaient man­quer des yeux aucun geste et fait de ce seigneur du Malaki. Les chais­es du milieu sont occupées par le com­mun des hommes de cul­ture, artis­tes, amis, curieux… A l’arrière plan nous remar­quons un groupe plus ou moins com­pacte semi-bour­geois avec un grand nom­bre de mulâtres. Avant le début de la soirée, Dr. Clau­dia Bato­ta du Club Malaki me souf­fle à l’oreille de la présence dans le fond d’une des plus grandes familles intel­lectuelles et panafrican­is­tes de Port au Prince la Famille Larose et que l’homme qui est assis à sa droite vient droit de Miami en Floride USA pour assis­ter à la nais­sance du Malaki made in Améri­ca-Haïti, c’est mon­sieur Dorsinvil. L’âge du pub­lic varie entre 15 et 75 ans. Les spec­ta­teurs s'impatientent d’assister à un spec­ta­cle totale­ment organ­isé par les Africains. Cer­tains n’en croient pas leurs yeux, puisque de l'Afrique ils n'ont enten­du que des sor­nettes.

Vers dix huit heures dix min­utes une coupure d’électricité nous rap­pelle que nous sommes dans un pays de voie de développe­ment, mais cela n’intrigue per­son­ne, sauf le respon­s­able de la salle qui a vite fait de met­tre en marche le généra­teur élec­trique du col­lège et les trois gongs du com­mence­ment du spec­ta­cle son­nent. Mon­sieur Nlem­ba après un bref speech de présen­ta­tion verse sur le planché un peu de vin de palme et don­ne la parole à l'invité du jour.

MWANA NGO TU DIA

Nous allons manger l'enfant du Léopard

"Dans notre société, le léopard sym­bol­ise le roi et cette expres­sion sig­ni­fie que coûte que coûte nous devons trou­ver une solu­tion au prob­lème qui nuit à la paix ou la vie dans le vil­lage; si non per­son­ne de sort de la réu­nion."

Mais avant tout, j'appartiens au clan Kahun­ga de par ma mère et suis prince du clan Nsundi de par mon père, Masen­go ma Mbon­golo est nom. Dans notre cul­ture, avant de pren­dre la parole, il faut d’abord déclin­er sa lignée clanique et son nom. J’ai apporté de la cola, Nzo za Nun­gu (piment des esprit) et du vin de palme que nous allons verser d’abord sur le sol pour hon­or­er nos ancêtres et les inter­peller afin qu'ils guident nos pas car aujourd'hui Nous allons manger l'enfant du Léopard MWANA NGO TU DIA. Je tiens aus­si à remercier le pub­lic pour son nom­bre, ceci traduit l'intérêt que Haïti accorde à l’Afrique pro­fonde et éter­nelle.

-Nous sommes une généra­tion charnière et nous avons le devoir de trans­met­tre aux généra­tions futures le flam­beau de la vérité uni­verselle. Le mon­de est malade du fait que l’orgueil, le men­songe, l’égoïsme, la cupid­ité ont pris le dessus sur le Tchimuntu (l’humanisme). C’est donc pour cette raison que lors de la 1èr édi­tion de Malaki ma Kon­go en 1991, nous avons juré que :

Si Sen­g­hor et Césaire

Ont cher­ché à reval­oris­er la cul­ture africaine,

Nous, soix­an­te ans plu tard, devri­ons fouin­er

Dans les souch­es des raci­nes de la cul­ture africaine

Pour en tir­er la sève qui nous sauvera non seule­ment

De la vache folle mais aus­si des cul­tures folles.

-Mais pour cela il faudrait que cha­cun de nos peu­ples, rap­por­tent le peu de con­nais­sances ances­trales qu’il détient ; afin de boucher les trous de la jar­re pour la paix et du développe­ment de l’Afrique… Dans ce sens que, nous qui sommes restés en Afrique apporterons ce que nous avons, et vous aus­si qui avez tra­ver­sé l’océan êtes déten­teurs d’une part de secrets ; c’est cette par­tie dont a besoin Katiopa pour redor­er le bla­son de l’homme Noir et de l’humanité entière. Le pub­lic est silen­cieux, le regard médi­tat­if com­me s’il se dis­ait : Voici des siè­cles que nous atten­dons! Enfin, nous y sommes.

En fait, on pressen­tait que tous ceux qui sont venu ce soir-là s’étaient pré­parés de pren­dre part non à du théâtre mais à une céré­monie de réc­on­cil­i­a­tion famil­iale dont les dif­férents remon­tent à cinq siè­cles. Le silence s’alourdissait et le regard deve­nait insup­port­able.

Théâtre Coscene

Après ce mot intro­duc­tif la troupe de théâtre COSCENE de Port au Prince sous la direc­tion de Jean Ducamel Joseph… est invitée à ouvrir les hos­til­ités. A haute et intel­li­gi­ble voix la dizaine de comé­di­ens ont crié leur rage: Nous vivons dans l'obscurité!

Ils se sont bien défendus et le mes­sage por­tait sur la quête de bon­nes con­di­tions de vie des Haï­tiens et du peu­ple Noir. Mais mal­gré la force du tex­te et le tal­ent des artis­tes, le pub­lic était anx­ieux et pressé de passé au plat de résis­tance. D’ailleurs ils ont vite applaudi com­me pour dire …

Enfin… le spec­ta­cle Pont sur l’Atlantique, tant atten­du, est ter­miné et le pub­lic n’arrive pas à se déter­min­er sur le gen­re de spec­ta­cle auquel ils vien­nent de pren­dre part. Ce n’est ni du théâtre, du con­te, de la poésie, de la chan­son, mais c’est le tout à la fois… Nous l’appelons Bun­zoni Com­me le dit l’intitulé le spec­ta­cle est un réc­it qui retrace le chem­ine­ment du Malaki de ses orig­i­nes jusqu'en Haïti.

MASENGO MA MBONGOLO

Tout com­mence en 1987 lors du Pre­mier Fes­ti­val de Théâtre Africain d’Italie auquel notre ancien groupe Ngun­ga a pris part avec plusieurs autres groupes africains et les ital­iens se moquaient de nous à cause de l'inexistence en Afrique d'espace de ren­con­tre des artis­tes d'où la boutades qui nous a poussée à réfléchir sur notre con­di­tion d’Homme : « Le chem­in le plus court entre Braz­zav­ille au Con­go et Abid­jan en Cote d'Ivoire, passe par Rome, Paris ou New York .

En 1988, au fes­ti­val Panafricain de Lugano en Suis­se, un jeune Sud africain Shi­fo m’a fait la deman­de de savoir : « Si nous avons des prob­lèmes c’est à cause de l’apartheid ; mais vous indépen­dants depuis 1960, what’s wrong with you ? ». Nous par­lions en anglais et il voulait savoir qu’est-ce qui minait notre auto-développe­ment ?

J‘ai telle­ment eu hon­te que je n’ai pas su quoi lui répon­dre, pour m’en débar­rasser, je lui ai dit que l’apartheid était le mon­stre qui tenait au col­lé toute l’Afrique et que le jour où on en fini­ra c’est toute l’Afrique qui serait libérée. A ces mots il s’en est allé.

Ces deux phras­es n’ont jamais cessé de tor­tur­er mon esprit à tel point que une fois revenu au Con­go, j’ai pris la déci­sion de ne plus par­ticiper aux fes­ti­vals qui se déroulent en Europe… S’il y avait des choses à faire pour trans­former notre exis­tence, c’est en Afrique que nous devri­ons décoder le mys­tère ; d’où la créa­tion en 1990 d’un groupe de théâtre suivi le 03 avril 1991 d'un fes­ti­val qui serait une sorte de trait d'union avec nos ancêtres, dénom­mer MALAKI MA KONGO en d'autre ter­mes Ker­messe de l'Amour, la paix, la roy­auté, la divinité.

-1993, alors que Braz­zav­ille vivait un cli­mat de guer­re civile et que toutes les activ­ités fes­ti­val­ières étaient sus­pendues, des amis sont venus de Kin­shasa pour dire que : Malaki ma Kon­go c’était entr­er en com­mu­nion avec nos ancêtres et que per­son­ne ne pou­vait nous en inter­di­re le droit, même pas le Papa et com­bi­en de fois notre Pre­mier min­istre.

Donc mal­gré le cli­mat de guer­re, la 3ème édi­tion s’est tenue dans la périphérie de Braz­zav­ille et les 14, 15 août 1994 le petit peu­ple était sat­is­fait d’être bercé non par des coups de canons mais plutôt par le ryth­me du Ngo­ma le tam-tam africain.

-1994 des antil­lais de la Guade­loupe sont venus à la recherche de leurs orig­i­nes. Ils dis­aient être d’origine Kon­go mais la carte qu’ils nous présen­taient, cou­vrait toute l’Afrique cen­trale et se pro­longeait jusqu’en Zim­bab­we, Nami­bie. Je com­pris alors que notre tra­vail ne se lim­i­tait pas seule­ment à la recherche de mes raci­nes pro­fondes, mais qu’il nous reve­nait aus­si le devoir d’aider les Noirs d'Amérique à retrou­ver leurs repères ?

-1996, sont arrivés des amis du club Che­ick Anta Diop du Camer­oun qui nous ont aidé à élargir notre vue sur la con­nais­sance de l’Afrique. Ils nous ont appris que l’histoire de Afrique que nous apprenons dans nos écoles représen­te le dix­ième de l’histoire réelle du con­ti­nent Noir et que cette vision de l’histoire n’est faite que pour dévelop­per en nous un com­plexe d’infériorité et faire de nous des instru­ments destruc­teurs de notre pro­pre envi­ron­nement, de nos vil­lages, nos noms, notre cul­ture, notre reli­gion, pour s’abandonner com­plète­ment à des sys­tèmes extraver­tis qui pour­tant quar­an­te ans après les indépen­dances n’arrivent pas à nous don­ner un brin de soleil. Selon eux la logique de Che­ick Anta Diop est l’unique file d’Ariane qui nous aidera à sor­tir de ce piège qui nous retient voici plus de cinq siè­cles.

-1998, il était prévu un pèleri­nage à Kon­go dia Ntote­la « la ter­re promise » mal­heureuse­ment à la même péri­ode toute la région Nord Ouest d’Angola était en proie à la guer­re civile

-1999, près de trois quarts de la pop­u­la­tion braz­zav­il­loise envi­ron 800.000 hab. (toutes caté­gories con­fon­dues) s’est retrou­vée dans la forêt pour cause de guer­re. Après trois mois les gens ne savaient plus par où don­ner de la tête. Les intel­lectuels représen­taient la caté­gorie de per­son­nes la plus frag­ile. De par leur édu­ca­tion, et leur train de vie, ils n’arrivaient pas à com­pren­dre ni le sens de la guer­re, ni le com­porte­ment à adopter. C’est ain­si que nous avons ouvert le Cen­tre Cul­turel Mbongui Malaki ma Kon­go en pleine crise socio-politi­co-mil­i­taire. L’objectif prin­ci­pal de ce cen­tre est de redonner espoir et foi en la vie à tous ceux qui avaient tout per­du et étaient devenus des fugi­tifs. Le moyen util­isé est celui de leur par­ler de l'histoire de la polé­molo­gie, his­toire de la guer­re, dans l’espace Kon­go . Le but est de leur faire com­pren­dre que celle-ci n’est pas la pre­mière guer­re à laque­lle les Kon­go sont con­fron­tés.

De l’Egypte Antique jusqu’en ter­re Kon­go, nos ancêtres ont tra­ver­sé des moments de joie mais aus­si de mal­heur. Ce n’est pas de leur pro­pre gré que les Pharaons ont aban­don­né leurs pyra­mides et rich­es ter­res d'Egypte pour les céder, aux envahisseurs peu­ples venus du Moyen Ori­ent. La vie des peu­ples com­me toute sorte de vie a trois phas­es: la nais­sance, l’âge adul­te et l’éternité.

Après avoir per­mis à l’humanité de passer de l’âge prim­i­tif à l’âge de la sci­ence, de la math­é­ma­tique, de la philoso­phie, le con­ti­nent Noir a mal­heureuse­ment été payé en mon­naie de singe par des étu­di­ants étrangers de mau­vaise foi : Thalès… Socrate… Pythagore… Ce dernier s’est d'ailleurs appro­pri­a­tion, sans sourcier, d'un théorème créé deux mille ans avant sa nais­sance. Sur toute la pseudo-his­toire made in Europa, on a fait que jeter de l’opprobre sur le con­ti­nent Noir ; mais per­son­ne n’a voulu dire exacte­ment la qual­ité de lumière sci­en­tifique et spir­ituelle que le con­ti­nent Katiopa (Afrique) a réelle­ment apporté à l’humanité.

-Tenez ! Amu­sons-nous un peu. Con­nais­sez-vous Jésus, demandais-je au pub­lic? Il y a des chré­tiens ici je pense. Qui peut nous dire com­bi­en d’années Jésus a-t-il passé en Egypte ? Nous sommes au moins d’accord qu’il y a bat­tu le record des réfugiés poli­tiques par état d’âge. Dés la pre­mière nuit de sa nais­sance il s’est con­sti­tué réfugié poli­tique. Mais per­son­ne ne nous a dit com­bi­en de temps ce dernier a passé en Egypte.

Dites-moi, s’il arrivait que l’on tue tous les enfants âgés de moins de trois ans, vivant en Haïti, Saint Domingue, Cuba, Jamaïque… à cause de ton fils; et que vous par­tiez trou­ver refuge avec ce dernier à Miami en Floride-Amérique, com­bi­en de temps lais­sez-vous écouler avant de revenir avec votre fils en Haïti ? Deux moi, deux ans ?

-Pas avant dix ans, dit une voix dans le fond de la salle.

-Eh bien ! Sachez-le qu’en Egypte de ces temps, quand un enfant atteignait les six ans d’âge, il par­tait à l’école. C’est pour cette raison que trente ans plu tard quand il est recon­nu maître chez lui et que les gens, avec insis­tance, lui posent la ques­tion de savoir: Que dis­ait sa loi au cas où une fem­me com­met­trait l’adultère?

La bible dit : Jésus était assis à même le sol et dessi­nait…

Par-là, je voulais seule­ment vous rap­pel­er qu’à un cer­tain âge, un hom­me, un maître de sur­croît ne s’assoit pas par ter­re pour dessin­er, c’est plutôt pour écrire et si ce maître com­me tout grand maître de son temps a été ini­tié dans le pays des pyra­mides, ses hiéro­glyph­es seront inter­prétés par les pro­fanes com­me de sim­ples dessins.

-Cela vous suf­fit-il? ou voulez-vous que je vous par­le de Moïs­es, nom qui sig­ni­fie sauvé des eaux!

Le Pharaon père adop­tif et ini­ti­a­teur de Moïs­es, ou Musa en arabe, a exacte­ment dénom­mé son fils adop­tif MU MAZA, ou bien MU N'ZA qui dans une des langues africaine sig­ni­fie orig­i­naire de l'eau, tiré des eaux ou encore sauvé des eaux. Ce Pharaon devait appartenir à la tribu réfugiée aujourd'hui au cœur de l’Afrique, qui nom­me l’eau Maza. C’est ce qui explique que Moïs­es ait dénom­mé Masa, le lieu où il a fait sor­tir de l’eau dans le désert quand son peu­ple avait soif. Vous pou­vez véri­fier les écrits dans la bible.

Le pub­lic peu à peu com­mençait à se décrisper. Com­me les asti­cots dans un corps en pleine décom­po­si­tion. Le pub­lic remue dans son fau­teuil, preuve qu’il est intéressé et inter­pel­lé par ce qui est dit. Et com­me déchaîné par cette par­tie intro­duc­tive, je me lançais dans le corps du sujet. Ici le prob­lème fon­da­men­tal est de dire:

a/ Si oui ou non les africains sont des anthro­pophages?

b/ Ont-ils ven­du leurs frères pour quelques poignets de sel et qu'ils sont restés fes­toy­er sans aucun souci ?

C'est la ques­tion fon­da­men­tale qui divise les africains d'Amérique et leurs con­génères restés en Afrique. Je lis dans les yeux du pub­lic que cette ques­tion tor­ture leur esprit depuis des siè­cles, mais c'est par sim­ple pudeur de ne pas embar­rasser leur hôte, que je suis, qu'ils hési­tent de me flan­quer au vis­age la ques­tion sem­piter­nelle. Par respect ils préfèrent atten­dre que j'ouvre la fameuse boîte de pan­dore. Je devais donc per­son­nelle­ment trou­ver l'occasion de m' expli­quer à ce pro­pos. Ils sont con­scients du fait que les esclavagis­tes ont dit beau­coup de men­songes afin de divis­er pour régn­er et que dans ce lot de men­songes, il ya cer­taine­ment une grosse part de vérité sur la par­tic­i­pa­tion de quelques vin­di­cat­ifs chefs de tribu, mais c'est aus­si très impor­tant à leurs yeux, de con­naître la ver­sion africaine des faits.

debut de la page

Pour en découdre, j’ai com­mencé par don­ner l’origine des tribus qui peu­plent l’Afrique du cen­tre. Com­me toutes les pop­u­la­tions Noires, celle de l'Afrique du cen­tre sont orig­i­naires du Nord Est de l'Afrique dans l'ancienne Nubie, puis plu tard ils ont créé une grande métropole: Egypte.

Après l’invasion de cette dernière par les peu­ples venus du Moyen Ori­ent, ils se sont dis­per­sés pour chercher refuge à l’intérieur du con­ti­nent ; empor­tant cha­cun une part de vérité de ce qu’était l’Egypte des Pharaons. Et dans le sys­tème Malaki nous encour­a­geons les africains où qu’ils soient à retrou­ver le peu de sagesse pharaonique qu’ils déti­en­nent. Aujourd’hui, je vous par­lerai briève­ment de l’histoire des peu­ples qui ont remon­té le fleu­ve Nil pour trou­vé refuge dans les Mon­tag­nes de la Lune et par­ti­c­ulière­ment des Kon­go dont je suis orig­i­naire.

En l’an 220 avant J.C ils quit­tent l’Egypte. Leur pre­mier point de chute est le Kenya où l’on trou­ve jusqu’à ce jour les ves­tiges de leurs pas­sages, dénom­més Mosquée Kon­go. C’est un lieu de médi­ta­tion, de cul­te que les gens fréquentent encore aujourd’hui. Le sec­ond foy­er où l’on retrou­ve leur trace, c’est au Zim­bab­we chez Mwene MUTANPA (Monomo­ta­pa) dont les ruines nous rap­pel­lent encore com­bi­en élo­gieuse était cette péri­ode. Puis, ils se sont divisés en deux branch­es l’une est par­tie dans les mon­tag­nes du Sud, ce sont les Zulu et l’autre a con­tourné le Tchikala (désert de Kala­hari) pour s’implanter dans les ter­res actuelle­ment dénom­mées Kon­go. Ils y ont créé un des plus pres­tigieux roy­aumes du mon­de Noir, à l’image des descen­dants des Pharaons. Les Por­tu­gais qui l’on vu en 1482, ont déclaré, au regard de l’harmonie dans les rap­ports soci­aux :

Ces hommes-là sont civil­isés jusque dans la moelle des os…

Pour attein­dre leur degré de civil­i­sa­tion, il nous faudrait au moins trois cent ans.

Il a fal­lut de peu que nous leur ayons ouvert les portes de nos maisons pour qu’ils met­tent à nu leur bes­tial­ité. Ne com­prenant rien à la logique selon laque­lle: Le jour on tient un cer­tain dis­cours et la nuit les faits sont con­traires au dis­cours du jour.

Le Roi envoya en 1608 Ne Vun­da ambas­sadeur auprès du Pape au Vat­i­can pour défendre la logique Kon­go et pour savoir si vrai­ment le Dieu qu’ils prient s’appelle l'ETERNEL ou l'ARGENT ? Parce qu’on ne pou­vait pas com­pren­dre que des hommes de Dieu se met­tent à pra­ti­quer le com­merce des esclaves!

Ne Vun­da fai­sait par­tie de la classe des intel­lectuels Kon­go. Je dois rap­pel­er qu' en 1510 Mban­za Kon­go la cap­i­tale comp­tait déjà de grands étab­lisse­ments sco­laires sec­ondaires. La sœur du Roi Mbe­m­ba Nzin­ga (Alfon­so 1er) était pro­fesseur dans un cou­vent de jeunes filles, un de ses frères était pro­fesseur de lat­in à Lis­bon­ne; un autre était sacré à Rome pre­mier Evêque Noir en 1518. La cathé­drale de Mban­za Kon­go était très belle et spa­cieuse et pou­vait con­tenir facile­ment deux mille fidèles. Dans les quartiers, les maisons de un à deux niveaux ne se comp­taient plus du bout des doigts, celle du Roi s’élevait à qua­tre niveau. L’armée était forte struc­turée et bien organ­isée. Pressen­tant la mau­vaise foi de ses hôtes dont il recon­nais­sait la supéri­or­ité tech­nologique, le Roi a cru bon faire d’accepter leur reli­gion pour apais­er leurs appétits. Mais les con­tra­dic­tions d’intérêts s’accentuant, le 29 octo­bre 1665 une grande bataille a opposé le Roy­aume du Por­tu­gal et le Roy­aume Kon­go à Mbuila du fait que le roi Ne Vita Kan­ga (Anto­nio) était fon­cière­ment opposé à l’esclavage. Mal­heureuse­ment pour nous, la supéri­or­ité tech­nologique des por­tu­gais a eu raison sur la foi human­is­te des deux cent mille hommes armés de Mani Kon­go. La déso­la­tion était forte, près de cinq mille mort dont le Roi Vita Kan­ga qui était décapité et sa tête repose encore aujourd'hui dans la cathé­drale Notre Dame de Nazareth de Luan­da en Ango­la. La plus belle cap­i­tale d’Afrique de cette épo­que Mban­za Kon­go a volé en fumée ses pais­i­bles habi­tants ont été enrôlés dans l’esclavage. Des généraux, prêtres, féticheurs, intel­lectuels et même des reines com­me Nzin­ga se sont retrou­vées sur les rives d’Haïti, d’autre ont trou­vé refuge dans les forêts. Depuis les Kon­go lut­tent jusqu’à présent pour la quête de leur lib­erté et de leur dig­nité per­dues.

A toutes choses dit-on mal­heur est bon, le trop de con­cen­tré d’officiers de l’armée Kon­go, tous ces intel­lectuels, religieux et autres ont été la gout­te d’eau qui a fait débor­der le vase.

L'histoire rap­porte que les kon­go ont pesé de tout leur poids dans les change­ments qui sont inter­venus dans les caraïbes, lors de la céré­monie de Bois Caï­man, les chan­sons et les prières étaient faites en langue Kikon­go. La pre­mière con­sti­tu­tion haï­ti­en­ne de 1758 était écrite en langue Kinkon­go et la rébel­lion était menée par des Kon­go, Ne Mavun­gu, Ne Makaya, Ne Makan­dala. Puis s'adressant au pub­lic:

-Qui pour­rait me faire le plaisir de chanter une des chan­sons, chan­tée lors de la céré­monie de Bois Caï­man ?

Cette ques­tion sem­ble les avoir rap­pelé qu'en Afrique le pub­lic est aus­si acteur.

-Ah ! Vous écar­quillez les yeux ! Mais c’est ce que le mon­de attend de vous, cette part de richesse que vous avez emportée depuis des siè­cles. Hein ! Cer­tains ont cru venir assis­ter à une pièce de théâtre ? Ben non! En Afrique, on vient au spec­ta­cle pour par­ticiper et non pour assis­ter. Je vous écoute main­tenant…

(Silence)

-Com­me moi, vous savez que l’Afrique est malade et pour sa guérison cha­cun de ceux qui sont en pos­ses­sion d'une dose d'africanité, fusse-t-elle min­ime doivent apporter leur con­tri­bu­tion pour remet­tre l’Afrique sur la voie de la paix et du développe­ment.

(Silence)

-Bien je vais vous rafraîchir la mémoire.

Eee badidi nzobo na mukan­da ndi­la go

Oua yay­eeee ngan­ga ya kaya oua yaya

Eee badidi nzobo na mukan­da ndi­la go

Oua yay­eeee ngan­ga ya kaya oua yaya

Eeee bue ba tele ngooo

Oua yay­eeee ngan­ga ya kaya oua yaya

Eee ntsik­i­la ngo­ma na tsi­na ngo

Oua yay­eeee ngan­ga ya kaya oua yaya

Malaki ma Kon­go dans le fief du Vodu Haï­tien (cont.)

Une autre chan­son !

Eee maben­gele

Ngan­ga ueka kuna mpiema

Eee maben­gele

Ngan­ga ueka kuna mpiema

Eee maben­gele

Ngan­ga ueka kuna mpiema

Eee maben­gele

Ngan­ga ueka kuna mpiema

-Enfin vous êtes peut-être sous le choc de l’émotion, mais j’aimerai ajouter un chose avant de ter­min­er, je viens de Kon­go et ce mot est syn­onyme de paix, d’amour, de fra­ter­nité, d’unité d’équité, de loy­auté, de roy­auté, de divinité. Et une des prophétie de Bun­du dia Kon­go (Eglise Kon­go) dit :

Lorsque les fils du mon­de des ténèbres

Auront dévié les fils de Dieu

Du droit chem­in, la lumière qui réha­bilit­era

Le mon­de provien­dra de Kon­go dia Ntote­la

Au temps prévu par le seigneur

Lorsque l’étoile de la promesse arrivera

Au Kon­go cen­tral.

Quand j’ai fini le spec­ta­cle, la pub­lic sem­blait être délivré d’un poids offusquant qui durait déjà depuis des siè­cles. Avant de clô­tur­er la man­i­fes­ta­tion une prêtresse du Vodu madame Giel­da Bel­mont , la soix­an­taine bien son­né, s'est approchée pour dire:

-Enfin je me sens délivré… Nous ne con­nais­sons pas notre his­toire. Voici des années que je fouille en vain, partout jusque dans les bib­lio­thèques souter­raines de Miami en Floride… Je suis améri­caine et vous ne pou­vez vous imag­in­er com­bi­en de gens aimeraient renaître com­me moi aujourd’hui… Vous par­lez anglais…

-Heu!!!

Je ne savais quoi lui répon­dre, tant j'étais préoc­cupé savoir si oui ou non mon mes­sage était…

-Ben si! repar­tit-elle, vous en avez pronon­cez quelque mots pen­dant le spec­ta­cle. De toute façon vous et votre groupe êtes invités au Bicen­te­naire de l'indépendance d'Haïti en 2004.

Juste en ce moment, je me suis rap­pelé des mots de remer­ciements du pro­fesseur Lere­bour, après qu'il m'ait facil­ité la ren­con­tre avec les étu­di­ants de l'Institut de Recherche des Etudes Africaines d'Haiti:

-Je crois que depuis que cette uni­ver­sité exis­te c'est la pre­mière fois qu'ils reçoivent un véri­ta­ble africain.

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