2002 Italie

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XII ème Edi­tion

Com­mencé en mai 2002 à Nove di Bas­sano en Ital­ie, la XI éme Edi­tion de Malaki ma Kon­go s'est ter­minée en novem­bre en Haïti, en pas­sant par Kin­shasa (Rép. Dem. Con­go) et Braz­zav­ille ( Rép. du Con­go) en sep­tem­bre et octo­bre de la même année; élè­vant ain­si Malaki ma Kon­go au rang de fes­ti­val Tri­con­ti­nen­tal.

Malaki ma Kongo - Italie

Inter­view de Masen­go Ma Mbon­golo

Malaki ma Kongo à Bassano Italie -  2002

Malaki ma Kon­go à Bas­sano Ital­ie - 2002

Créé il y'a douze ans le Fes­ti­val Malaki Ma Kon­go céle­bre les fes­tiv­ités de la onz­iéme édi­tion de MALAKI MA KONGO 2002 "Spé­cial Pont sur l'Atlantique", qui se déroule pour la sec­on­de fois á la Com­mune de Nove de Bas­sano (Ital­ie).

Se trou­vons en face de l'initiateur dudit fes­ti­val nous lui posons la ques­tion de savoir qu'est ce que Malaki ma Kon­go et qu'est ce que vous enten­dez par Pont sur l'Atlantique?

MASENGO MA MBONGOLO:

Mer­ci, pfu­mu Kahun­ga, mwana Nsundi Masen­go ma Mbon­golo, ce sont mes dimen­sions claniques, j'ai voulu le pré­cis­er pour dire qu'un kon­go doit tou­jours se présen­ter avant de pren­dre la parole en pub­lic, pour répon­dre a votre ques­tion je dirais que Malaki ma Kon­go, "malaki" sig­ni­fie fes­ti­val, ker­messe et "kon­go" sig­ni­fie la paix, l'amour, la fra­ter­nité, la roy­auté, la divinité. Malaki ma Kon­go voudrait donc dire "ker­messe pour la paix, pour la roy­auté, la divinité ". Malaki ma Kon­go est donc en d'autres ter­mes le fes­ti­val pour la renais­sance de l'Afrique et des Pharaons". Parce que la renais­sance effec­tive de l'Afrique ne peut se faire qu'en conivence avec les Pharaons avec, car nous savons tous que, qui dit pharaons dit une Afrique indépen­dan­te, intel­lectuelle­ment évoluée .

A tra­vers l'indépendance il y'a les rela­tions d'amitiés, de fra­ter­nité, de paix entre les peu­ples. Le Fes­ti­val Malaki ma Kon­go est donc un fes­ti­val pour la paix au Con­go et la paix entre le Con­go et la ter­re entiere; parce que s'il y'a des prob­lemes au Con­go, c'est parce que le Con­go est un pays extreme­ment riche et tous les pays du mon­de entier pense qu'au Con­go il n'ya que du pétrole, l'or, le dia­mant, le cuiv­re, mais il exis­te aus­si des êtres vivants et Dieu nous a créé pour vivre en paix entre nous.

Malaki ma Kon­go est un fes­ti­val créé, sous mon ini­tia­tive, le 03 avril 1991 a Mfoa Braz­zav­ille. Au début du fes­ti­val avait pour but de pro­mou­voir la cul­ture africaine en général et Kon­go en par­ti­c­ulier. Malaki Ma Kon­go était donc un haut lieu pour com­mu­nier d'avec nos ancêtres.

Avec l'évolution, sont entrés dans le Malaki les amis du Camer­oun, du Ghana, des Antilles, nous sommes passés de la cel­lule ambri­on­naire pour voguer dans les vastes eaux du panafrican­is­me. Aujourd'hui, avec l'acceptation de la boxe des Pharaons en Ital­ie et en l'Europe, nous sommes donc passé de l'étape du panafrican­is­me aux rela­tions cul­turelles inter­con­ti­nen­tales pro­pre­ment dit.

Letizia Farisato:

Que peut-on enten­dre par Pont sur l'Atlantique?

M.M.M.:

En 1994, nous avons reçu au Malaki des amis du Nkelo wa Kon­go de la Guade­loup, venus au Con­go á la recherche de leurs raci­nes. Ils étaient qua­tre, Bebe Romspart, Nga­bali Joslin, Massem­bo Marie France, Ben­jam­in Ben­zo, et nous leurs avons ouvert la vue sur l'Afrique pro­fonde et éter­nelle. Nous nous sommes liés d'amitié avec eux et en 2000 notre représen­tan­te de France Dr Bil­lolo Louise a par­ticipé au Grap a Kon­go et cette année 2002 nous y sommes fiévreuse­ments atten­dus. Je prof­ite de cette occa­sion pour dire que une des deux doyen­nes du fes­ti­val cen­te­naire Grap a Kon­go, Vio­let­te Massem­bo nous a quit­té á la veille du Malaki 2002. Elles ont appris a leurs fils et petits fils les chan­sons lais­sées par leurs par­ents ( anciens esclaves). Que la ter­re lui soit légere mais surtout qu'elle sache qu'elle n'a pas vécu pour rien; son com­bat pour­suiv­ra et sera vul­gar­isé dans tous les qua­tre coins de la ter­re.

En par­lant du "Pont sur l'Atlantique", nous faisons allu­sion á un fes­ti­val qui com­mence en Ital­ie du 12 au 19 mai 2002 pour se pour­suiv­re au coeur de l'Afrique dans les deux Con­go (Braz­zav­ille et Kin­shasa) du 20 au 28 juil­let avant de tra­verser l'Atlantique jusqu'a Capester­re Belle-Eau en Guade­loup du 1er au 10 novem­bre 2002 chez les Massem­bo au Grap a Kon­go.

Nous met­tons un pont sur l'Atlantique parce que nous nous sommes ren­dus compte que nous trou­vons les africains en Afrique, en Europe, en Amerique et en Asie.

Mais pour l'instant la pre­miere par­tie de notre pro­gram­me décen­nal Malaki ma Kon­go 2002-2012 nous autorise seule­ment a tra­vailler dans la par­tie situées au Nord et á l'øuest de l'Afrique. Nous y trou­vons des africains qui tra­vail­lent la main dans la main avec des gens de divers­es orig­i­nes mais qui ne con­nais­sent rien de l'Afrique. Beau­coup d'enfants africains sont nés en Europe, ou de cou­ples mix­tes con­nais­sent la cul­ture du pays qui les ont vus naître mais ignorent celle de l'Afrique, et notre tra­vail est de les aider a com­pren­dre la cul­ture africaine. De l'autre côté de l'Atlantique, en Amérique il y est répan­du une tres mau­vaise idée sur l'Afrique. C'est á nous de laver ce tis­su de men­songe que l'on veut tou­jours cou­vrir la face de l'Afrique pour s'enrichire sur notre dos.

Aux Antilles les Kon­go de Capester­re Belle-Eau nous ont avoué qu'ils étaient sur­pris d'apprendre qu'un africain pou­vait con­duire une voiture. Et lors du Grap a Kon­go 2000, nous ne pou­vons vous traduire leur éton­nement de se trou­ver en face (des intel­lectuels Kon­go d'Afrique), car pour eux Kon­go sig­ni­fie moins que rien, "Kon­go vient apres le chien " selon l'expression même de Marie France Massem­bo une Kon­go de la Guade­loupe. C'est de notre devoir de dire aux gens ce que l'Afrique Cen­trale a apporté a l'humanité. De dire aux gens que le pharaon qui a sauvé des eaux et élevé Moi­ses pou­vais être un Kon­go, parce que la langue que par­le Moi­ses est tres proche du kiKon­go. Vous savez Moi­ses se dit Musa en langue arabe, mais en langue kikon­go on l'appelle Mu N'za ou bien Mu Maza ce qui sig­ni­fie en langue kikon­go "sauvé des eaux ", cette tra­duc­tion est tres proche de celle de la bible. Et quand, dans le désert, les Juifs ont soif et que Moi­ses tape son baton sur la pier­re d'oú en sort de l'eau, il appelle cet zone, masa, et en langue kikon­go masa ou maza sig­ni­fie eau. Je veux seule­ment dire par lá que: Si le théore­me de Pythagore fut créé deux mille ans avant la nais­sance de Pythagore, il a donc été créé par les Egyp­tiens et dans les pop­u­la­tions qui peu­plent l'Afrique Cen­trale il y'en a plein qui sont orig­i­naires de l'Egypte pharaonique.

L. F.

En quelque mots com­ment pour­rait-on résumé Malaki Ma Kon­go 2002 en Ital­ie?

M.M.M.

Tout a com­mencé le 12 mai 2002 á la mon­u­men­tale, majestueuse et his­torique Piaz­za di Maros­ti­ca, la tra­di­tion­nelle place mythique reservée au jeu des échecs a été le théâtre ou s'est déroulé l'ouverture de la onzieme édi­tion Malaki ma Kon­go made in Ital­ia. La Journée de la Sol­i­dar­ité ani­mé par les asso­ci­a­tions des volon­taires ouvrait la série de man­i­fes­ta­tion et le groupe KAWI KABE, for­mé de jeunes con­go­lais instal­lés dans la zone de Nove di Bas­sano devrait clô­tur­er la journée. Dans les stands les assos­si­as­tions avaient exposé des series d'articles représen­tant les dif­férentes activ­ités qu'elles menent en Afrique, en Asie et en Amerique du Sud. Elles tra­vail­lent pour soutenir le sys­te­me édu­cat­if, san­i­taire, les micro cred­its… , enfin tout ce qui peut aider a soutenir la vie.

  • Mon­i­ca con le ban­quet­te des Boud­his­te
  • Macon­do
  • Bahai
  • Cuamm Medecine prog san­i­taire pour l'Afrique sol­i­dar­i­ta Ugan­da
  • AVSI Asso­ci­a­tion des Volon­taires pour le Ser­vice Inter­na­tion­al

Nous avons aus­si remar­qué la présence des pein­tres africains, Claude Adjei du Togo par exem­ple qui a exposé ses tableaux d'un style tres per­son­nel.

Nous ne passerons pas pied joints sur la table tres achal­lendée en pro­duits africains de La Coop­er­a­tive la Bar­ca du sene­galais Niang Masseye. Juste a coté de nous les amis de l'Association Cul­turelle Malaki ma Kon­go d'Italie ont présen­té une expo­si­tion d'une serie d'articles sur les pho­to des dix édi­tions du Malaki, et des objets de l'artisanat africain apporté par les ahtletes de la Boxe des Pharaons. L'espace des jeux d'echecs était pleine­ment cou­vert et le pub­lic avait l'ambaras du choix. De temps en temps il souf­flait un vent qui reve­nait de la castelle superieure de Maros­ti­ca com­me pour don­ner un peu d'oxygiene, un peu de courage au Malaki, parce que dans ce gen­re d'entreprise il y'a tou­jours des choses qui ne marchent pas. Par exem­ple pour des prob­lemes de coor­di­na­tion le groupe KAWI KABE n'a pas pu se pro­duire á temps et Dieu mer­ci qu'il y'avait les pharaons á nos cotés, je leur ai demandé de combler le vie et il ont présen­té un spec­tale qui restera mémorable dans les anales de Maros­ti­ca, parce qu'on leur aurait ramené a 7000 ans en arri­ere.

Repais africaine - Malaki ma Kongo à Bassano

Repais africaine - Malaki ma Kon­go à Bas­sano

La sec­on­de journée se pas­sait á Schi­avon, une com­mune proche de Nove, car le fes­ti­val se fait de maniere éclatée, dans qua­tre com­munes avoisi­nan­tes. A Schi­avon nous avons présen­té le buzonzi ( sorte de con­férence-débat ou pal­abre a l'africaine), inti­t­ulé: Kon­go de l'origine á nos jours, dans ce sens que le tra­vail étendait sur 7000 ans.

La deux­ieme par­tie était axé sur un doc­u­men­taire vidéo por­tant sur Les Dix ans du MALAKI MA KONGO . L'orateur du jour Masen­go Ma Mbon­golo a démon­tré qu'il est encore pos­si­ble de trou­ver au Con­go des gens qui suiv­ent les traces de d'Amadou Ham­pate Ba, ceux qui con­traire­ment au Roi Bel­ge qui en 1833 a imposé au Con­go une édu­ca­tion se lim­i­tant á la forme, c'est á dire appren­dre á lire et á écrire , ils y ont ajouté le font, le raison­nement , un des élé­ments indis­pens­ables dans l'éducation orale africaine. Lors de cette journé l'orateur a con­fir­mé sa fidél­ité á la parole lais­sée par son grand pére mat­souanis­te Zoun­ga Vouala qui apres avoir passé huit années de pris­on (1941-1948) á Maya­ma, a dit alors qu'il rendait son dernier souf­fle le 08 févri­er 1949 :

Il nous faudrait dire aux petits fils de nos petits fils ce que les par­ents de nos par­ents ont vécu.

Ce tra­vail dirait-on par­tait d'Osiris á nos jours. C'est ici l'occasion d'honorer la con­tri­bu­tion des enseigne­ments de Che­ick Anta Diop et de Ne Mouan­da Nsemi du Bun­du Dia kon­go (l'Eglise ances­trale Kon­go) qui m'ont servi de fil d'arianne pour remon­ter l'histoire du peu­ple kon­go, de la Republique du Con­go á de l'Egypte antique Nsi Mpi­ti ter­re Noir ou ter­re des Noirs en langue kikon­go, en pas­sant par le Grand Zim­ba dia Mbwe ( qui sig­ni­fie en kikon­go site ini­ti­a­tique de pier­res) l'actuel Zim­bab­we, pour de remon­ter le fleu­ve Nil jusqu'en Nsi Mpi­ti avant de redescen­dre pour situer l'origine des Kon­go sur le Haut plateau Ethiopi­en.

Et l'Ethiopie ou KATIOPIA est le nom orig­inel de l'Afrique, car ce dernier est d'origine arabe, Khafrikia qui sig­ni­fie dans cette langue, le pays de ceux qui n'ont pas de reli­gion.

Au tra­vers des com­men­taires sou­tenant un film vidéo, Masen­go a fait une étude com­parée des rap­ports lin­guis­tique, spir­ituel et cul­turel entre les kon­go et le peu­ple juif qui a vécu en Egypte. Par exem­ple: la cir­con­ci­sion, le matri­a­cat, l'existence de douze tribus, les rythes religieux, sont extra-ordi­naire­ment les mêmes chez les deux peu­ples.

Au plan lin­guis­tique, il exis­te des mots dont la pronon­ci­a­tion et la sig­ni­fi­ca­tion se ressem­blent:

  • juif -kon­go -français
  • kala - kue­la = mariage
  • gol­go­ta - gogo­la = nuque
  • bene - bana = enfants
  • viza - vueza = mépris­er
  • amen - imeni = ain­si soit-il
  • aleliluya - luyan­galala = sat­is­fac­tion générale
  • Moïs­es - Mu Nza = Sauvé des eaux

La deux­ieme par­tie était reservée au film doc­u­men­taire sur les dix ans du Fes­ti­val Malaki ma Kon­go. ici, J'ai du m'exuser tout d'abord du fait qu'il était impos­si­ble de retrou­ver les film vidéo des neuf édi­tions tournés au çon­go puisque ma maison et le Cen­tre Cul­turel Mbongui Malaki ma Kon­go avaient été brulé lors de la grerre de 1998 (vidéothe­que, ban­dothe­que, bib­lio­the­que…) . Dieu mer­ci que les suc­cur­sales du Malaki de Kin­shasa, de la Guade­loup, de Paris en France et Georgie au Etats Unis ont prété main-forte pour la réal­i­sa­tion de ce doc­u­men­taire. On a donc pu se faire une idée sur la IVe­me, la VIeme, et la Xeme qui venait de se passer å Nove di Bas­sano, sans oublier toutes les autres activ­ités du Malaki dans le cadre de la recherche sur le développe­ment, nous avons des films sur la fab­ri­ca­tion du man­ioc, sur la Boxe des Pharaons Ren­ovée et tout le tra­vail que nous faisons dans les écoles. C'était super­be parce que le film se ter­mine sur ce que nous avons fait aux aux Antilles au Grap a Kon­go, notre représen­tan­te de France Louise Bilolo qui y a par­ticipé a été reçu avec une chan­son qu'il ont créé en sou­venir de leur voy­age au Con­go en 1994.

" Allez å Braz­zav­il­léo

Oo yayaee

Malaki ma kon­go oooo

Oo Yayaee

Massem­bo Lubakii

Oo yayaee

A Ngan­ga Lin­golo

Oo Yayaee …"

C'était tres émou­vant, c'était beau.

La journée suiv­an­te jeudi 16 mai, sous la direc­tion de Pegas Ekam­ba, nous avons présen­té l'initiation å la danse africaine å las palestra de Scuo­la Media di Nove. C'est le resul­tat du tra­vail des écoles de danse africaine que Malaki a créé å Nove, Vicen­za, Castel­fran­co. Ce sont des cours de danse du cen­tre de l'Afrique qui ont pour point d'appuis le bass­in et la par­tie ven­trale, faisant mou­voir pareille­ment les pied et le torax, con­traire­ment a l'Afrique du Nord qui utilise beau­coup les mem­bres superieurs, alors que les mem­bres inferieurs sont la reférence du Sud de l'Afrique. La choré­gra­phie était par­faite­ment suiv­ie, je parie que les coups de rien de Sylvie Baron n'ont rien å envier å celui de cer­taine nzele de Braz­za.

La journée du ven­dredi17, tou­jours Pegas Ekam­ba soutenu cette fois par Jacques Kabon­go tous de l'Ired Africa ont ani­mé la scéance d'initiation au tam­bour. La lis­te des pré­ten­dants å ladite ini­ti­a­tion était longue. L'abnegation et la fre­n­e­sie avec laque­lle ils appre­naient le tam­bour m'amena a me poser la ques­tion selon laque­lle, pourquoi alors De Braz­za, Mgr Augoire et les autres inter­di­s­aient-ils le tam-tam å l'église pré­tex­tant que c'était l'instrument du dia­ble?

Et le samedi 18 nous sommes repar­tie å Maros­ti­ca oú nous avions ouverte une expo­si­tion des œuvres artis­tiques d'Afrique cen­trale sous la respon­s­abil­ité de Hugue Nkouikani actuel dirigeant d'une asso­ci­a­tion créée fort longtemps par les ital­iens Cir­colo Arco Baleno et les con­tes pour les enfants. Le même jour il y'a eu dans la Com­mune de Mason Vicen­tine la journée de la gas­tronomie con­go­laise, nous avons présen­té le Bac­cala a la con­gole­se ou Makayabu mu Mwan­ba Nguba, enfait c'est une replique au Bac­cala a la Vicen­tine, Bac­cala c'est le pois­son salé. La j'étais con­tent parce que le pub­lic est venu tres nom­breux, cela m'a rap­pel­er les grande faites qui se pas­sait au Mbongui Malaki ma kon­go dans le verg­er du Lycée Agri­cole Amil­cal Cabral (L.A.A.C). La musique con­go­laise batait son plein, de temps a autre releyée par le Kawi Kabe un groupe de jeunes con­go­lais instal­lé en Ital­ie depuis sept ans Kaya Bertrand et Kaya willy.

La clô­ture était prévu le dimanche 19 mai dans le com­plexe sportif de la Com­mune de Nove. Com­me a l'accoutumé le Malaki se clô­ture avec le bucher Malaki Ma Kon­go. La presse toute l'année avait fait beau­coup de bruit la dessus, donc le pub­lic attendait le grand feu. Déjå lesvig­ile del fuo­co les pom­piers s'activaient å mon­ter le pre­mier tas de bois juste au cen­tre du stade. Sur le plan arri­ere attendait une imprés­sion­nan­te col­ine de bois de chauf­fe qui servi­rait d'alimenter le bucher du soir. Le temps était incer­tain, depuis deux semaines il pluvinait de temps en temps, ce qui don­nait de la tour­mente aux vig­ile del fuo­co.

A la deven­ture Piaz­za Fab­rice, la petite foire qui précede la dan­za dell fuo­co (danse du feu) bat­tait déjå son plein, l'artisanat mul­ti­forme en prove­nance de divers pays africains. les asso­ci­a­tions de volon­tari­at ne sont pas restées de coté. Plus on s'approchait de l'heure H oú se les lames de feu clô­tur­erait la fête et plus le vend deve­nait ménaçant alors j'ai com­pris que les génies du temps avaient un més­sage á trans­met­tre oú plutôt qu'ils n'entendaient pas que fussent clô­turé le Malaki alors qu'il devrait con­tin­uer du 20 au 28 juil­let dans les deux Con­go (Braz­zav­ille et Kin­shasa) avant de tra­verser l'Atlantique pour être clô­turé en Guade­loup. Mais devant cette foule immence en mal de diver­tisse­ment, il fal­lait trou­ver une solu­tion. C'est en ce moment que les Pharaons ont décidé plus tôt que prévu de sauver le Malaki. La tenue kalasiris bien enfilée, celle qui est traitée d'extravagante par cer­tains pra­ti­quants des arts mar­ti­aux en mal d'identité au Con­go, Mani Yous­souf Diakite, Kinké Bifouiti Nel­ly et la nou­velle recrue nana Nde­si Bia­malaki, une Kon­go d'á peine onze ans, née en France qui sen­tait dans les vein­nes couler le sang des Pharaons et des qu'elle a appris via inter­net qu'il y'aurait une représen­ta­tion de la Boxe des Pharaons en Ital­ie, elle a sup­plié ses par­ents d'y par­ticiper et ceux-ci n'ont pas hes­ité. Des son arrivée, elle a reçu son ini­ti­a­tion pen­dant tout le temps que se déroulait le Malaki. Et le jour de la clô­ture elle s'est présen­tée pour par­ticiper á la demon­stra­tion. C'était mer­veilleux, ça ne se dit pas… ça ne se racon­te pas, ça ne s'écrit pas… mais ça se voit. Mais avant de mon­ter sur scéne mani Yous­souf a dit Mbouta Masen­go venez ren­forcer l'équipe car ils atten­dent jusqu'ici un Pharaon qui a encore des prob­lémes de visa á Braz­zav­ille. Et com­me ce sont des choses que nous suiv­ons depuis que Sara Sam­ba a comencé il y'a bien­tôt seize ans, je n'ai donc pas eu de mal de rejoin­dre l'équipe des Pharaons de faire le ndem­bo (le yoga des Pharaons) une sorte de gym­nas­tique lente imbue d'une forte core­la­tion avec les astres. Il était seize heure et com­me du temps de mon aeuil Tuti Dimosi (Tut'Mosis) , nous nous sommes mis a ador­er le Soleil l'astre omnipo­tent, le Dieu de la vie sur ter­re. Juste aprés nous avons lais­sé au grand mani, le big chief des Pharaons ici Mani Yous­souf de faire la desmon­stra­tion des tech­nique de com­bat de la Boxe des Pharaons. Apres les démon­stra­tions, nous remer­cions le Dieu soleil de nous avoir trans­mis son énergie et alors que nous descen­dions les escaliers les applaud­isse­ments du pub­lic etaient accom­pa­g­nés de forts gron­de­ments de tonere, com­me si Osiris le Dieu Soleil voulait nous remercier par ces mots. Une fois dans les couliss­es mani a posé la ques­tion de savoir: Mbu­ta Masen­go, pourquoi tu nous dis tou­jours, depê­chons-nous de passer sur scéne car il va bien­tôt pleu­voir; et aprés notre sor­tie de scéne la min­ute qui suit la pluie dis­perce le pub­lic?

En guise de répon­se j'ai dit: Il a voulu pleu­voir, seul le ciel sait pourquoi. Masen­go ne vous le dira pas.

Dans les coulis­se une sur­prise nous attendait, une dame nous a remis une let­tre en prove­nance de la Fédéra­tion Française de la Boxe Française qui invite la Boxe des Pharaons Ren­ovée de pren­dre part aux Journées de la Boxe Française qui se tiendraient en France á par­tir du 15 juin 2002. Nous nous som­me fixés du regard et on pou­vait lire dans les yeux de Yous­souf un mélange de joie et de mélan­col­ie; parce que d'une part nous étions con­tents du fait que le mes­sage des Pharaons était bien com­pris, mais d'autre nous craignions de faire brute fig­ure dans des com­péti­tions inter­na­tionales oú les arts mar­ti­aux sont tou­jours accom­pa­g­nés par de la mis­ique appro­priée. Et notre musi­sis­te attitré est blo­qué á Braz­zav­ille pour des prob­lémes de visa.

Com­me si sor­tant de son coc­con la nou­velle pharaon­ne Nde­si Bia­malaki s'est exclamée dans ce sens: " Mais quel est cet ital­ien qui ose défendre ule visa á un Pharaon? Ne sait-il pas que le théore­me de Pythagore était créé deux mille ans avant la nais­sance de ce dernier? Et que Mouan­da N'Semi le guide spir­ituel de Bun­du Dia Kon­go a dit: Lorsque les fils du mon­de des ténébres arriveront á dévier les fils de Dieu du droit chem­in, la lumiére qui réha­bilit­era le mon­de provien­dra de Kon­go Dia Ntote­la au temps prévu par le seigneur, lorsque l'étoile de la promesse arrivera au Kon­go Cen­tral".

Ici, le prob­léme est que nous avons reçu d'aujourd'hui jusqu'en fin juin, un grand nom­bre d'invitations tant dans les milieux sportifs que cul­turels et la présence de ce Pharaon qui trime encore á Braz­zav­ille risque d'empiéter sur la qual­ité de notre per­for­mance. C'est ain­si que le représen­tant de la Boxe des Pharaons en Ital­ie prie les insti­tu­tions sportives et cul­turelles du Con­go Braz­zav­ille de peser de tout leur poids pour nous faire par­venir l'unique qui nous aiderait á faire floter haut les couleurs du Con­go ter­re de paix et des Pharaons.

Quand nous sommes revenus sous la grande ten­te placée á la Piaz­za Fab­rice, déjá il pleu­vait aban­da­ment et le pub­lic était indé­cis. Alors d'un coup de regard, l'Ired Africa a com­pris que je voulait dire LA PLUIE NE PEUT PAS ARRETER MALAKI… Ngo­ma et le Malaki ma Kon­go 2002 ne s'est pas clô­turé avec les lames de feu mais c'est plutôt sous le ryth­me du Ngo­ma Ya Kon­go répan­du en forme d'échos par les gron­de­ments de tonere et au loin les Dieux ont voulu que ce soient non les étin­celles mais plutôt les éclaires qui puis­sent traduire le mes­sage selon lequel Kon­go ou Con­go est syn­onyme de paix, d'amour, de fra­ter­nité, d'équité, de loy­auté, de roy­auté et de divinité.

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