2004 Congo

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Malaki Mundele.

Delegation de Malaki ma Kongo Italie à Malaki ma Kongo 2004 - Kinshasa

Del­e­ga­tion de Malaki ma Kon­go Ital­ie à Malaki ma Kon­go 2004 - Kin­shasa

Tèmoignage d’une expéri­ence au niveau de touris­me respon­s­able au Con­go de la délé­ga­tion de Malaki ma Kon­go-Ital­ie allée au Con­go dans le project:

« Malaki Live : aller au Con­go pas pour sym­pa­thiz­er avec les girafes, croc­o­diles ou lions, mais pour frat­er­niz­er avec les êtres humains ».

Du 1er au 14 Août 2004 une délé­ga­tion de l'association cul­turelle Malaki ma Kon­go -Ital­ie s’est ren­due aux deux Con­go pour ren­con­tr­er les amis et col­lègues con­go­lais de l’Association Malaki ma Kon­go-Con­go Braz­zav­ille et Malaki ma Kon­go-Con­go Kin­shasa et par­ticiper aux man­i­fes­ta­tions du fes­ti­val tri­con­ti­nen­tal des raci­nes de la cul­ture africaine Malaki ma Kon­go, dont le annuelle edi­tion con­go­laise s’est déroulée pour la 12ième fois au Braz­zav­ille du 7 au 9 Août.

En 2004, le fes­ti­val tri­con­ti­nen­tal Malaki ma Kon­go a organ­isé des man­i­fes­ta­tions à Saint Domin­go et à Haïti pen­dant le mois de Jan­vier, à l’occasion du Bicen­te­naire de l'indépendance de la pre­mière République Indépen­dan­te Noire, Haïti ; à Berck sur Mer (France) en Juil­let; à Braz­zav­ille (Rép. Con­go) en Août; le 25 Sep­tem­bre prochain, l’association se ren­dra offi­cielle­ment à Oua­gadougou et au Burk­i­na Faso pour pour­suiv­re le fes­ti­val et ses activ­ités.

Au Con­go Kin­shasa, en out­re, Malaki ma Kon­go – qui a déjà effec­tué d’autres édi­tions dans la République Démoc­ra­tique du Con­go – a été cette année aus­si jumelé avec le Fes­ti­val Inter­na­tion­al Itinérant du Théâtre en Cité "Caré ", un fes­ti­val de théâtre soutenu par le Min­istre de la Cul­ture et des Arts de la Rép. Dém. du Con­go. Ce fes­ti­val se déroule sous forme itinéran­te dans plusieurs Pays Africains et de nom­breux artis­tes de dif­férents Pays Africains y par­ticipent. Le Com­mis­saire Généralde Caré, mr Nzey Van Musala, est aus­si prési­dent de Malaki ma Kon­go-Con­go Kin­shasa.

Une délé­ga­tion de l'association cul­turelle Malaki ma Kon­go - Ital­ie s’est ren­due aux deux Con­go pour par­ticiper aux man­i­fes­ta­tions du fes­ti­val tri­con­ti­nen­tal Malaki ma Kon­go et faire une expéri­ence au niveau de touris­me respon­s­able …

par Letizia Farisato:

A l'arrivée à l'aéroport de Kin­shasa le 1er Août, un dimanche soir, la délé­ga­tion ital­i­en­ne de Malaki ma Kon­go – arrivée sur un avion de la com­pag­nie con­go­laise Hewa Bora rem­pli de bagages et marchan­dis­es envoyés par les con­go­lais en Europe à leurs familles encore en Afrique – a été tout de suite accueil­lie par le Prési­dent M. Nzey Van Musala.

Après le con­trôle des doc­u­ments et la livraison des bagages - ce qui a demandé plus de deux heures, dans une foule dense et bruis­san­te de voyageurs, d’amis venus les chercher et de fonc­tion­naires et per­son­nel de l’aéroport - notre délé­ga­tion, toute en tran­spi­ra­tion à cause de la chaleur acca­blant e, a ren­con­tré à la sor­tie de nom­breux autres mem­bres de la Com­pag­nie Cie Marabout Théâtre, dirigée par Nzey Van Musala et pro­motrice du Fes­ti­val Carè.

Tous ensem­ble (avec Julie, Jolie, Mis­chu, Artur, Petit, Maguy, Raoul et naturel­ment Nzey Van Musala du nom­breux group Marabout) sur le minibus du fes­ti­val Carè – dont les pré­parat­ifs avaient déjà com­mencés pour l’ouverture à la semaine suiv­an­te – nos amis se sont dirigés vers la ville, en s’arrêtant pour une petite pause dans un petit restau­rant local pour se récon­forter avec de l’excellent pois­son à la braise, de la tchikuan­ga (sorte de pain à base de man­ioc) et une belle Skoll, blonde bière de la Rép. Dém. du Con­go.

La den­sité de gens dans les rues était impres­sion­nan­te: jamais vu tant de mon­de ensem­ble, des kilo­mètres et des kilo­mètres de route avec des per­son­nes amassées sur les deux côtés, les uns ven­dant sur des tables ou à même le sol des pro­duits de tout gen­re (allant des œufs durs aux bouteilles de Coca Cola, bri­quets, bon­bons, pain, cartes de télé­phone), d’autres se prom­enant et d’autres encore atten­dant un moyen de trans­port pour ren­tr­er chez eux.

A Kin­shasa les moyens de trans­port sont des voitures de plusieurs dimen­sions, camion­nettes et minibus débor­dants d’hommes, de femmes et d’enfants entassés : les plus jeunes sont attachés à l’extérieur des voitures, une quan­tité de pieds pen­dants des toits pour les bagages devenus des places de voy­age, bref des bus ayant à bord des vil­lages entiers …! Et le trafic est com­me celui de n’importe quelle grande ville européen­ne: aux horaires de départ et de retour du tra­vail les “embouteil­lages” ne man­quent pas.

Les routes sont vrai­ment fra­cassées, brisées : quelques tronçons asphaltés pleins de trous et d’enfoncements, d’autres recou­verts seule­ment par le sable et par une couche per­ma­nen­te et non homogène de déchets et d’ordures: il paraît que c’est à cause de la sur­pop­u­la­tion de la ville de ces dernières années, car les gens quit­tent tou­jours plus fréquem­ment les vil­lages, attirés par le mirage trompeur de prospérité de la vie à la ville et pour tout les bot­tilles de plas­tique con­som­mées.

Et l’Etat ici est com­plète­ment absent: il n’y a pas de ser­vices publics de net­toy­age des rues ni de récolte des ordures, en tout cas, leur présence ne se fait absol­u­ment pas sen­tir ni remar­quer.

Arrivée à Ngaba, un des quartiers pau­vres de la ville, la délé­ga­tion ital­i­en­ne a été accom­pa­g­née pour passer la nuit au loge­ment de l'ONG con­go­laise CEPROSOC (Cen­tre pour la Pro­mo­tion Sociale et Com­mu­nau­taire).

L'atmosphère en ce quartier, com­me d’autres que nous avons vis­ités, est très par­ti­c­ulière: le man­que total d’électricité – qui se véri­fie très sou­vent à la suite de l’endommagement de la digue locale four­nissant l’énergie à plusieurs autres Pays africains, Con­go Braz­zav­ille inclus, et tout cela à cause de la guer­re – lais­se ce quartier entier com­plète­ment dans l’obscurité. Elle est brisée seule­ment par les phares des voitures qui passent, par les chan­delles des petits mag­a­sins et des vendeurs dans les rues et par quelques groupes élec­trogè­nes avec leur bruit et leur odeur de gaz d’échappement.

Il sem­ble que la nuit voudrait imposer son pro­pre silence inéluctable tous les soirs après 18 heures… mais la dis­cret lumière des chan­delles lais­se au con­traire percer la vital­ité sans fin et le ouat­tée bruit des les gens mer­veilleux d’ici, car mal­gré les dif­fi­cultés ils ne cessent jamais de lut­ter pour aller au suiv­ant.

Des très belles per­son­nes, des jeunes hommes ath­lé­tiques et mus­clés, des enfants jouf­flus, des femmes fières et élé­gan­tes… cette image de l’Afrique trop nég­ligée par les media, qui sem­blent vouloir seule­ment jouer sur la pitié à tra­vers des images lugubres des dégâts de tout gen­re qui mal­heureuse­ment déchirent plusieurs réal­ités africaines, en nég­ligeant par con­tre tout ce qui don­ne hon­neur et dig­nité à un con­ti­nent qui ne doit pas être aban­don­né au dés­espoir.

Il y en a com­bi­en qui savent, par exem­ples, que Braz­zav­ille com­me Kin­shasa sont une fab­uleuse pul­lu­la­tion, un fer­ment de cen­tres cul­turels, d’écoles, d’instituts et d’académies d’art ?

On peut trou­ver des expo­si­tions, des lab­o­ra­toires d’art mod­erne, tra­di­tion­nel ou mix­te dans de très nom­breux endroits ; des spec­ta­cles de théâtre (surtout à Kin­shasa), de bal­let ou danse (surtout à Braz­zav­ille) ont lieu dans des salles de spec­ta­cles, ciné­ma, écoles, des ate­liers d’essai et de répéti­tion qui sou­vent sont aus­si des vieilles maisons à démolir ou des courts dont le loy­er n’est pas trop élevé pour les mai­gres poches des artis­tes.

Dans les insti­tu­tions sco­laires, les pro­grammes sont rich­es, la for­ma­tion est dure et dis­ci­plinée. Tout cela mal­gré la sit­u­a­tion des bâti­ments: édi­fices rav­agés (les meilleurs sont réservés aux écoles européen­nes, com­me par exem­ple une école exclu­sive de Braz­zav­ille où seuls les citoyens français peu­vent étudier), bancs qui de leur orig­ine con­ser­vent seule­ment l’apparence, car ils sont cassés et ruinée, salles de musique où les instru­ments musi­caux – en con­di­tions non opti­males mais con­servés avec grand soin – peu­vent être cal­culés sur les doigts d’une seule main (1 gui­tare, 2 clar­inettes, 2 vio­lons… pour tous les étu­di­ants de l’institut !) Et pour­tant, mal­gré cela, à l’intérieur de ces écoles on respire un air frais d’optimisme et une four­mil­lante activ­ité : dans les couloirs il y a des étu­di­ants qui s’exercent, étu­di­ent, re-essayent pour l’examen à passer.

Le lende­mains, avec des amis du Marabout Théâtre, après un petit déje­uner à base de pain, beur­re, café au lait en poudre de Nestlé (des années de boy­cottage en Ital­ie pour la pre­mière fois forte­ment con­trastés par la réal­ité main­tenant touchée du doigt: c’est absol­u­ment vrai, ici on ne trou­ve autre mar­que de café que Nestlé, le lait est presque exclu­sive­ment en poudre et de la même maison mal­famée… ici les sociétés multi­na­tionales règ­nent incon­testées), la délé­ga­tion ital­i­en­ne de Malaki part avec deux amis du Marabout pour assis­ter aux essais d’un spec­ta­cle de bal­let tra­di­tion­nel con­go­lais, tou­jours dans le quartier de Ngaba.

En marchant dans les rues, tout le mon­de se retour­nait pour regarder les seuls blancs en cir­cu­la­tion dans cet endroit : en effet, d’habitude les européens et les occi­den­taux en général se promè­nent et habitent presque exclu­sive­ment cer­tains quartiers de la ville, là où se trou­vent les Grands Hôtels et les places de luxe. Ils croient que les quartiers pau­vres sont dan­gereux, ou bien ils ne se sen­tent pas à leur aise quand ils voient les con­di­tions dif­fi­ciles de vie en ces lieux. Au pas­sage du groupe italo-con­go­lais, aus­si bien les adul­tes que les enfants se retour­naient pour scruter les promeneurs, tan­dis que les enfants cri­aient excités : « MUNDÈLE ! MUNDÈLE ! ».

La rue deve­nait une course de ces petits garçons qui se pas­saient de bouche en bouche le cri « Mundèle! Mundèle !» en courant dans la direc­tion de marche de la pâle délé­ga­tion ital­i­en­ne. Cette dernière, effarée et décon­certée, ne savait pas com­me réa­gir… un mix­te de malaise, crain­te et curiosité pre­nait leur esprit: qu’est-ce que sig­nifi­ait tout ça ? Pourquoi les gens cri­aient à leur pas­sage ? Qu’est-ce qu’ils voulaient ? Quelles étaient leurs inten­tions… et qu’auraient-ils fait après ? Se seraient-ils approchées davan­tage pour deman­der de l’argent ou pour vol­er leurs sacs ? Ou étaient-ils seule­ment curieuses ? Com­ment devait-on se com­porter : les ignor­er ou essay­er d’être gen­tils? …Mon Dieu !

Mais les amis con­go­lais de Marabout ont expliqué après que « mundèle » sig­ni­fie « blanc/blanche » en langue lin­gala ; les gens et les enfants appelaient com­me ça les blancs pour les saluer, pour don­ner la bien­v­enue.

C’est un signe de joie et d’accueil. Si après les blancs salu­ent à leur tour, pour ces enfants et adul­tes c’est un grand cadeau : ils seront très heureux qu’un « mundèle » les ait salués et ils se sen­tiront des priv­ilégiés… A un cer­tain moment un petit enfant de 4 ans a sauté soudain devant notre petit groupe touris­tique, en l’arrosant de joie au cri de « Mundèle : bon­jour !! »

La com­préhen­sion de la sit­u­a­tion sauta aux yeux des ital­iens, en leur boulever­sant le cœur: et parce que la joie et l’amour pre­naient la place du soupçon et de la mau­vaise foi, et parce que ils perce­vaient le mal de voir encore si actuels et présents les effets de la coloni­sa­tion – même dans les toutes dernières généra­tions - qui ont inculqué pen­dant des siè­cles l’hypocrite et mon­strueuse con­cep­tion de la supéri­or­ité de l’homme blanc sur le noir.

Et aujourd’hui la TV con­tin­ue ce tra­vail en pro­posant un « mod­èle supérieur » de civil­i­sa­tion dont tous rêvent en la con­sid­érant com­me un par­adis. Sûre­ment, au delà de ce que l’histoire nous a lais­sé, il y a quand même la cul­ture locale du chaleureux accueil envers les étrangers : Le grand cœur africain… (la com­para­ison avec la façon d’accueillir les étrangers en Ital­ie se perçoit tout de suite).

Presque une semaine après, notre délé­ga­tion est par­tie pour Braz­zav­ille : arrivée à la « beach », elle se pré­parait à tra­verser le majestueux fleu­ve Con­go, le deux­ième fleu­ve le plus grand du mon­de après le Rio des Ama­zones. Un fleu­ve extra­or­di­naire, objet de nom­breux mythes locaux et de légen­des dans le mon­de entier, surtout pour les explo­rateurs et les aven­turi­ers, un fleu­ve qui, encore main­tenant, cache plusieurs secrets… Ce fleu­ve partage et sépare les deux cap­i­tales les plus proches au mon­de : Braz­zav­ille et Kin­shasa pré­cisé­ment. Dans cer­tains points, à par­tir de la rive on voit les grat­te-ciels et les phares des voitures de la ville sur l’autre bord.

Un spec­ta­cle extra­or­di­naire !

Après la com­plexe et longue pra­tique bureau­cra­tique pour pou­voir tra­verser (mal­gré que ce soient les mêmes gens d’un côté et de l’autre du fleu­ve, en réal­ité la coloni­sa­tion a créé deux Pays dif­férents et tra­verser ce fleu­ve sig­ni­fie passer d’un État à un autre), Malaki Ital­ie s’est enfin embar­quée sur un bateau et a été reçue et accueil­lie sur l’autre côté par Malaki ma Con­go Braz­zav­ille, menée par le prési­dent Magloire Biantouari.

Pour arriver au quartier de Bacon­go, où la délé­ga­tion ital­i­en­ne allait loger, à Braz­zav­ille sud, on a pris un taxi. Les taxi ici, com­me les bus et les moyens de trans­port en général, sont tous de la même couleur verte, tous homo­logués.

Les voitures sem­blent être en général dans des con­di­tions un peu meilleures par rap­port à Kin­shasa. Com­me on l’aurait décou­vert par la suite, la vie en général prend à Braz­za une col­oration un peu dif­férente qu’à Kin­shasa : elle sem­ble une ville un peu moins mét­ro­pol­i­taine et plus tran­quille, et tout sem­ble être un peu plus en ordre, plus soigné ; d’autre part il n’y a pas le même niveau de sur­pop­u­la­tion que Kin­shasa et l’État à Braz­zav­ille a une présence un peu plus forte.

Mal­heureuse­ment les effets de la guer­re ici sont encore évi­dents et récents : ter­minée voilà un peu plus de deux ans, plusieurs bâti­ments por­tent encore les sig­nes des trous de balles de fusils et des bombes ; parmi les gens d’apparence soignée mal­gré les con­di­tions dif­fi­ciles, il y a plus d’un invalide : des jeunes femmes très belles, habil­lées en vête­ments tra­di­tion­nels élé­gants et col­orés, maquil­lées et arrangées avec d’incroyables coif­fures deman­dant des heures de temps, mais qui boitent à cause d’une jam­be ou d’un pied endom­magé par une bombe.

Des cen­tres d’électronique et infor­ma­tique, des mag­a­sins d’électroménager, des sta­tions de lavage de voitures, etc. tous aban­don­nés : il n’y reste que les dessins, les affich­es pub­lic­i­taires sur les murs, tout le matériel a été pil­lé pen­dant le con­flit, ou endom­magé de façon irré­para­ble. Tous ces lieux ne sont qu’un sou­venir des beaux temps où dans la ville on jouis­sait d’une vie tran­quille et laborieuse.

Dans les zones plus proches, com­me dans le quartier Ngan­ga Lin­golo, dans la région de Pool - l’un des théâtres prin­ci­paux du con­flit – on trou­ve les restes de maisons entière­ment brûlées : rien que les murs, où il y avait les fenêtres il y a encore les sig­nes noirs de destruc­tion du feu et de la fumée, les toits ont com­plète­ment dis­paru.

Arrivés, enfin, à Bacon­go, un des quartiers de la ville qui a éprou­vé davan­tage la dévas­ta­tion de la guer­re, et où on trou­ve encore l’un des plus fameux et beaux marchés surtout de fruits et légumes, on a déposé les valis­es. Tout de suite après, nous sommes allés à l’ « Espace Mat­soua » pour célébr­er l’ouverture du Fes­ti­val Malaki ma Kon­go

Artis­tes excep­tion­nels de danse et bal­let tra­di­tion­nels, gri­ot ménestrels (petits livres vivants de la tra­di­tion orale africaine), poètes en langue africaine locale (kikon­go et lari), chanteurs… tous se sont pro­duits dans un mag­nifique mélange d’un spec­ta­cle de haut niveau qui témoigne vrai­ment la pro­fondeur de la richesse artis­tique et intel­lectuelle du peu­ple con­go­lais. Parmi eux, Adol­phine, Ardos Mas­sam­ba, Ate­lier Bobatu, Audet­te et Cie, Bal­let Moue­si, Cie Zu dia Katiopia, Emérode et Cie, Vika Petolo.

Un black out a frap­pé ce soir-là, mais la soirée a con­tin­ué à se dérouler sans prob­lèmes, même si aux lumières de chan­delles, mon­trant une fois encore com­bi­en les artis­tes et les gens en général pos­sè­dent ici une volon­té extra­or­di­naire de faire et la dig­nité de tra­vailler même dans des con­di­tions dif­fi­ciles, tou­jours avec le sourire.

Au lieu de se décourager, tran­quille­ment cha­cun cherche se indus­trie pour trou­ver des solu­tions aux prob­lèmes et pour con­tin­uer à aller au suiv­ant, avec une envi­able force d’esprit.

Et l’accueil chaleureux con­go­lais a voulu que, pour don­ner la pos­si­bil­ité aux amis ital­iens de filmer les images du fes­ti­val, les spec­ta­cles aient été répétés une deux­ième fois après avoir trou­vé un groupe élec­trogène qui per­me­t­tait l’illumination du lieu : enfin, ils se sont vrai­ment prodigués avec beau­coup de volon­té en dépit du le grossìer stéréo­type occi­den­tal que l’africain n’a pas envie de tra­vailler !

Au cen­tre Labou Tan­si, ensuite, tou­jours dans le quartier Bacon­go, le Fes­ti­val Malaki ma Kon­go a con­tin­ué avec les démon­stra­tions de la Boxe des Pharaons, un ancien art mar­tial africain qui remon­te au temps des Egyp­tiens. Le créa­teur de cet art mar­tial renou­velé, le grand maître Sa-Ra Sam­ba, col­la­bore depuis des années avec Malaki ma Kon­go dans la recherche et la pro­mo­tion des raci­nes de la cul­ture africaine. Cette dis­ci­pline physique-spir­ituelle a déjà plusieurs cen­tres dans des villes de la Rép.du Con­go et est main­tenant exer­cée au niveau inter­na­tion­al.

Au cen­tre Labou Tan­si, tou­jours dans le quartier de Bacon­go, le Fes­ti­val de Malaki ma Kon­go s’est con­clu à Ngan­ga Lin­golo, lieu de con­sti­tu­tion de Malaki ma Kon­go : là on trou­ve le Mbongui Malaki ma Kon­go, le « foy­er cul­turel » où tout le mou­ve­ment de Malaki est né.

En plein air, entre arbres sécu­laires et ntsam­ba (vin de palme pro­duit dans ce lieu), au son des per­cus­sions et des instru­ments tra­di­tion­nels, notre délé­ga­tion venue d’Italie et les artis­tes de Cie Zu dia Katiopia ont don­né une per­for­mance de dans­es et rythmes à laque­lle tout le voisi­nage du quartier, femmes, enfants, vieilles per­son­nes, sont venus assis­ter : la fête inter­cul­turelle a soulevé beau­coup de curiosité et de par­tic­i­pa­tion, surtout à la vue de ces mundèle (appelés à Braz­zav­ille « musun­gu ») qui ont sur­pris en mon­trant de savoir danser le ndom­bolo (danse tra­di­tion­nelle de l’Afrique du cen­tre avec des mou­ve­ments cir­cu­laires du bass­in). Tous ont mon­tré que l’importance de la préser­va­tion des raci­nes cul­turelles africaines n’est pas une banal­ité (com­me croient mal­heureuse­ment plusieurs per­son­nes de nos jours, à cause de l’attraction du mod­èle occi­den­tal, poussé de manière exagérée par les media et par le marché glob­al) : la valeur de cette cul­ture est aus­si recon­nue par beau­coup d’occidentaux et de blancs.

En par­ti­c­ulier, Malaki ma Kon­go croit et tra­vaille sur des pro­jets de développe­ment respon­s­able un mod­èle de développe­ment basé sur cette logique tra­di­tion­nelle africaine, amé­nagé par les africains eux-mêmes et donc afro-cen­tré et durable à long ter­me : des années et des années de coopéra­tion basée encore une fois sur l’exportation d’un mod­èle pure­ment occi­den­tal ont mon­tré dans les faits la fail­lite de cette direc­tion du développe­ment, qui ne tient pas en con­sid­éra­tion les bases cul­turelles locales. L’Afrique n’arrive pas encore aujourd’hui à sor­tir de cette sit­u­a­tion hybride de présence encore forte de ses raci­nes cul­turelles – d’un côté – en oppo­si­tion avec les pro­jets de développe­ment axés sur des con­cep­tions pure­ment occi­den­tale qui n’arrivent jamais a dur­er que quelques années – de l’autre côté.

La con­clu­sion est qu’il y a une perte pro­gres­sive de son iden­tité cul­turelle et en même temps un démar­rage qui n’arrive jamais sur le plan de la créa­tion d’un sys­tème de type occi­den­tal, avec une grande souf­france pour tous, non seule­ment pour les africains, mais aus­si pour tous ces occi­den­taux mêmes qui, poussés par un fort sens de sol­i­dar­ité voient leurs efforts s’évanouir imman­quable­ment.

A Ngan­ga Lin­golo – ter­re du Pool sur lequel Malaki Ital­ia a conçu un pro­jet de micro-crédit « Pro­jet d’urgence en faveur des femmes vic­times de la guer­re au Con­go » - on a vis­ité un grand ter­rain sur lequel sont cul­tivées dif­férentes espèces de légumes. La ter­re ici est très fer­tile, et en effet l’aspect des plantes était mag­nifique. Les champs, bien soignés et en ordre, touchent la forêt équa­to­ri­ale. Juste à côté un ruis­seau per­met de pren­dre de l’eau.

Mal­heureuse­ment il n’y a pas de fonds pour con­stru­ire une pom­pe pour l’irrigation qui pour­rait alléger énor­mé­ment les temps et l’effort pour ce tra­vail. Vrai­ment dom­mage, parce que la famille qui cul­tive pos­sède un esprit de sac­ri­fice et une volon­té de tra­vailler vrai­ment admirables, que nous de Malaki Ital­ie nous voulons bien soutenir.

Avec notre pro­jet nous comp­tons de per­me­t­tre à plusieurs mères de famille de com­mencer et/ou soutenir l’horticulture, en les suiv­ant si néces­saire même du point de vue de la for­ma­tion agri­cole grâce à un groupe de jeunes agronomes con­go­lais de Braz­zav­ille, spé­cial­isés dans les cul­tures locales.

Nous con­tin­uerons donc à deman­der à la « com­mu­nauté éthique » ital­i­en­ne de nous aider pour récolter les fonds et pour soutenir ce pro­jet, ain­si que l’autre « Un ordi­na­teur pour l’Afrique », qui nous per­met de récolter des ordi­na­teurs, des imp­ri­man­tes etc. mais aus­si machi­nes à écrire, des machi­nes à coudre de sec­on­de main, à expédier au Con­go pour la for­ma­tion didac­tique et l’utilisation pro­fes­sion­nelle des jeunes et des adul­tes con­go­lais.

Le cen­tre didac­tique-infor­ma­tique DIDACTICIEL a été donc vis­ité par notre délé­ga­tion ital­i­en­ne. Didac­ti­ciel en effet a été l’un des cen­tres didac­tiques et infor­ma­tiques plus impor­tants de Braz­zav­ille sud jusqu’au moment où la guer­re a éclaté et tout le matériel de l’école a été pil­lé ou endom­magé. On pou­vait compter 15-20 étu­di­ants par classe, dans des dis­ci­plines com­me la pro­gram­ma­tion, l’ analy­se et la ges­tion, le secré­tari­at de bureau, la langue anglaise, l’entretien des ordi­na­teurs, la compt­abil­ité infor­ma­tisée. Le bâti­ment est encore en bon­nes con­di­tions et per­for­mant, même si de façon bien plus lim­itée à la suite des endom­mage­ment subis. Il servi­ra de cen­tre de récep­tion des ordi­na­teurs que nous enver­rons d’Italie, et ces ordi­na­teurs seront util­isés en par­tie pour inté­gr­er les salles infor­ma­tiques de l’école et les autres pour être don­nés en prime aux étu­di­ants à bon droit.

En général, tous – les amis, les artis­tes et mem­bre non artis­tes de Malaki ma Kon­go aus­si bien de Braz­zav­ille que de Kin­shasa – ont vrai­ment réservé un accueil super­be, celui de la tra­di­tion con­go­laise clas­sique, à la délé­ga­tion malak­iste venue d’Italie.

Cha­cun a voulu don­ner quelque chose aux amis venus de si loin, et surtout ils ont tous avoué la joie et l’espoir que cette vis­ite leur a apporté pour leur avoir fait sen­tir qu’ils ne sont ni aban­don­nés ni oubliés, mal­gré la guer­re ter­minée depuis peu et qui con­tin­ue les tenir à l’écart du reste du mon­de, à cause de la peur.

La TV et les media, en effet, ne don­nent pas d’ infor­ma­tions suff­isan­tes et com­plètes sur la sit­u­a­tion du Con­go (Braz­zav­ille en par­ti­c­ulier). Très sou­vent l’opinion publique – même dans les cas très rares où elle arrive à être sen­si­bil­isée sur les aides inter­na­tionales dont ces Pays ont besoin – con­sid­ère ces Pays com­me des lieux entière­ment et exclu­sive­ment à risque, n’étant pas infor­mée par exem­ple sur le fait qu’il y a des régions tran­quilles où l’on peut tran­quille­ment voy­ager.

Au retour à Kin­shasa, avant de ren­tr­er en Ital­ie, Letizia Farisato – prési­den­te de Malaki ma Kon­go Ital­ie – a tenu une con­férence sur le touris­me respon­s­able à l’intérieur de l’ « Espace Malaki Ma Kon­go », la veille de l’ouverture du Fes­ti­val Carè, en provo­quant beau­coup d’intérêt et d’enthousiasme parmi les con­go­lais qui se trou­vaient au début de leur par­cours de con­nais­sance des principes du développe­ment respon­s­able et de la coopéra­tion inter­na­tionale éthique (il y avait eu une con­férence sur la Finance Ethique au cours de la 11ème édi­tion de Malaki ma Kon­go Braz­zav­ille).

Enfin le spec­ta­cle de théâtre « Biso » de la com­pag­nie Cie Marabout théâtre et le spec­ta­cle de danse et bal­let tra­di­tion­nels Kon­go "Tiya" des Ngo­ma Za Kon­go de Braz­zav­ille ont con­clu une soirée de grand style, suiv­is par un cock­tail offi­ciel pen­dant lequel la délé­ga­tion ital­i­en­ne a ren­con­tré plusieurs autorités et per­son­nal­ités locales.

Le fes­ti­val Carè a ensuite con­tin­ué les jours suiv­ants avec des com­pag­nies de théâtre provenant du Camer­oun, du Tchad, de la Rép. Cen­tre-africaine, du Gabon, du Togo, du Burk­i­na Faso… avec les Ton­golo, les Arc-en-ciel & Africa Théâtre, l’ Ate­lier Théâ­tral du Lit­toral, les Stu­dio Mille Acteurs, les Ecurie Mal­oba, la Cie Ngoon, la Cie Théâtre des Intri­g­ants. Après Kin­shasa les lieux des per­for­mances se seraient déplacés à Braz­zav­ille, Pointe Noire, Libre­ville, Lam­baréné et Ban­gui, com­me établi par la tra­di­tion itinéran­te de ce fes­ti­val.

Parmi les spec­ta­cles nous ne voulons pas oublier ceux qui sont offerts à la pop­u­la­tion plus faible, les vieilles gens et les enfants de rue : non seule­ment ils assis­tent aux spec­ta­cles, mais le fes­ti­val don­ne chaque année des cadeaux à tout le mon­de.

Ceci est l’engagement des artis­tes et hommes de cul­ture éthiques avec qui Malaki ma Kon­go col­la­bore (en Europe aus­si Malaki tra­vaille avec des artis­tes qui des­ti­nent une part de leur cachet aux pro­jets de développe­ment respon­s­able).

A l’aéroport, en atten­dant l’embarquement qui aurait recon­duit notre délé­ga­tion en Ital­ie, les émo­tions et les images de ces deux incroy­ables semaines pas­saient l’une après l’autre : on regret­tait de devoir déjà par­tir.

Les chers, doux et extra­or­di­naires amis du Con­go ont lais­sé des traces inef­façables dans la mémoire et dans le cœur : la volon­té de con­vivi­al­ité, la sol­i­dar­ité de ce peu­ple et surtout la dig­nité, la force d’âme, l’envie de vivre et le désir d’améliorer le niveau de vie actuelle­ment si dif­fi­cile sont une leçon pour l’âme et un mes­sage que Malaki ma Kon­go Ital­ie s’est engagé à porter et dif­fuser en Ital­ie et dans le mon­de.

Nous voulons redonner espoir et con­fi­ance dans la vie à ces frères et sœurs à tra­vers nos pro­jets de sol­i­dar­ité, join­dre nos mains en signe d’amour et de fra­ter­nité uni­versels.

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