HAITI 2 ANS APRÈS LE SÉISME

HAITI 2 ANS APRÈS LE SÉISME:
pas de pain si tu n'acceptes pas Christ.

Nous étions en Haiti 2 mois après le séisme pour soutenir leurs amis d'Haiti, et con­traire­ment au sin­istrés d'Asie du Sud, et mal­gré la pluie d'aide à Haiti, l'aide n'était pas encore dis­tribuée à la pop­u­la­tion. Et ajourd'hui 2 ans après presque rien n'a changer.

Les ONG qui affa­ment Haiti ne sont autres que les sol­dats de 1800 revi­en­nent sous le nom de com­mu­nautes inter­na­tionales pour detru­ire les bases spir­ituelles de defense de Haiti: le vau­dou. En cher­chant d'acheter du riz pour don­ner au sin­istrés comme com­plemet au x médica­ments que nous devions don­ner; nous avons eu l'impression que pour qu'on vous donne du pain il fal­lait accepter le Christ. Deux ans après, je crains que cela soit vrai…  Mal­heur aux afro qui pensent que L'AIDE n'est pas une arme.

(Voici le récit de notre voy­age en Haiti en mars 2010)

Des maisons reduitent en poussière

Des maisons reduitent en poussière

Nous voici de retour de Haïti d’après séisme. Un voy­age de dix jours, non, non… Plutôt une arête à la gorge qui nous empêche de réaliser si effec­tive­ment nous sommes de retour où devons-nous repar­tir sitôt.

Com­ment peut-on expli­quer que con­traire­ment au déploiement et à l’efficacité de l’aide human­i­taire lors du Tsunami dans les Iles Mal­dives, en Haïti deux mois après un ter­ri­ble trem­ble­ment de terre, suivit d’une extra­or­di­naire mobil­i­sa­tion des Etats et pop­u­la­tions des cinq con­ti­nents et des insti­tu­tions inter­na­tionales human­i­taires, appor­tant des dons et des aides human­i­taires à Haïti, et arrivé sur le ter­rain, on se rend compte que le désas­tre est total et que d’aide n’a été qu’un bruitage de la presse inter­na­tionale. DE TOUTE CETTE AIDE, RIEN N’EST ARRIVEE EN HAITI ET QUE TOUT EST BLOQUE DANS LES FRONTIERES ET LES HAITIENS CONTINUENT À MOURIR DE FAIM.

Plaie incurable

Plaie incur­able

Nous n’avons pas de solu­tion à ce phénomène si non que de dire au gens que si depuis 1804, la Com­mu­nauté Inter­na­tionale n’a pas organ­isé une Con­férence Inter­na­tionale sur Haïti, c’est que le chemin de la vic­toire est encore loin et par ce doigt nous ori­en­tons le peu­ple haï­tien de suivre sans relâché le chemin tracé par leurs ancêtre les Nèg Mawon (nègres mar­rons) « Bua keti ba Nsi Buabuneeennn » « Un autre ONU est pos­si­ble). Et dans la même foulée, nous avons posé la ques­tion de savoir : quel change­ment pou­vait atten­dre Haïti de l’effervescence de sou­tien human­i­taire de la com­mu­nauté internationale?

RIEN, ont répondu de manière sèche, cha­cun de son coté, deux per­son­nal­ités, Gian Franco, un notoire hôte­lier ital­ien installé depuis les années 80 à Port au Prince et Carl Henri Desmornes, hai­tien, Directeur de la Radio Planète Kreyol. C’est dur et poignant de se ren­dre compte que la fatigue qui ronge nos mem­bres et les efforts de la com­mu­nauté inter­na­tionale qui ont fait des preuves partout ailleurs sont entrain de s’enliser sur ce sable mou­vant de la prob­lé­ma­tique « Haïti ». Ce n’est pas seule­ment sadique mais crim­inel. Alors il ne nous reste plus qu’à nous poser la ques­tion de savoir à qui prof­ite le crime ?

Avant de répon­dre à cette ques­tion qui nous exig­erait de nager dans les méan­dres his­toriques de l’unique révolte des esclaves qui s’est sol­dée par la créa­tion de la pre­mière République Noire indépen­dant et mod­erne, qui avec le temps s’est avérée être la base arrière de toutes les révo­lu­tions et luttes d’indépendances qui ont sec­ouées la par­tie Ouest de l’Atlantique, du Chili jusqu’au USA, per­me­t­tez nous de vous présen­ter les hauts et les bas de la Mis­sion Human­i­taire SOS Haïti Malaki ma Kongo ou Mis­sion OH (aiutO Haiti)

Quand nous avons mis pied à Saint Domingo, nous avons com­pris que le mot « Haïti » tra­di­tion­nelle­ment assim­ilé à la pau­vreté avait curieuse­ment changé de veste. Haïti reflé­tait le dol­lars US. Et notre accom­pa­g­na­teur Elien Isac Prési­dent de Malaki ma Kongo Haïti, que nous avons fait venir de Santo Domingo, nous con­seille de ne pas pren­dre les grands et beaux bus des touristes pour éviter des prob­lèmes à la douane. Ils savent que les « Etrangers por­teurs de d’aide human­i­taire » pren­nent ces bus. Et dans les fron­tières, le Gou­verne­ment a ordonné de blo­quer tous les bagages d’aides human­i­taires ou de les sur­taxés, jusqu’à 15.000 dol­lars par colis à cause du fait que la Com­mu­nauté Inter­na­tionale estime que le gou­verne­ment haï­tien ne devrait pas gérer les dons human­i­taires. Ainsi pour mas­quer nos colis, il fal­lait donc déchirer toutes les étiquettes de Find The Cure, Med­ical Aid, des sacs et enfuir les sacs dans de sacs noirs en plas­tique et les ficeler avec de vieux rubans. Nous avons emprunté les mini bus ordi­naires pour ne pas attirer l’attention des offi­ciels haï­tiens. Mais, même ces pré­cau­tions ne nous ont pas per­mis de passer inaperçu. Au moins cela a per­mis de rabaisser la taxe douanière de 15000 à 1500$us de taxe. Heureuse­ment que Elien Isac notre accom­pa­g­na­teur avait pris soin d’apprêter des doc­u­ments appro­priés. Il est jour­nal­iste d’une des plus grandes radio de Port au Prince « Radio Planète Kreyol », et a réussi, par un jeu de con­tre influ­ence de peser de tout son poids et nous laisser passer sans débrousser aucun sous. Tout compte fait nous y avons laissé juste 5$us.

Le prob­lème est que d’une part la Com­mu­nauté Inter­na­tionale estime que le Gou­verne­ment de Haïti n'est pas apte à gérer les fonds, dona­tions et aides human­i­taires col­lec­tés pour Haïti. Elle veut le faire gérer par les grande ONG inter­na­tionale. D’autre part quand le Gou­verne­ment haï­tiens va d’un pays à un autre à la recherche de l’aide, on lui dit qu’ils ont déjà donné l’aide de Haïti aux organ­i­sa­tions inter­na­tionales. Cela fruste le Gou­verne­ment de Haïti qui dans ce jeu de ping pong se trouve mains et pieds liés. En guise riposte il se dit : "Vous nous coupez toutes sources d’approvisionnements en dehors du pays, alors nous tax­ons toutes les entrées d’aides de manière que quelque chose nous revi­en­nent aussi".

Le palais rasé au sol

Donc il bloque l’aide dans les fron­tières ou impose les sur­taxes pour con­train­dre la Com­mu­nauté Inter­na­tionale à négocier. Dans ces soubre­sauts d’épreuve de force c’est le peu­ple qui en pâtit.

Enfin nous atteignons la cité emblé­ma­tique de Port au Prince, accueilli par la mer sor­tie démesuré­ment de son lie, les camps des sin­istrés et la mer­veilleuse statut des « Trois mains d’Aristide » sou­tenant le Globe ter­restre. Curieuse­ment cette statut, située à coté de l’aéroport, que je revois pour la énième fois depuis 2002, sem­ble me par­ler. Elle sem­ble me dire : « Ne t’en fait pas Mas, mes mains veil­lent sur Haïti Mama Lib­erté ! Si il y a 206 ans Haïti à rejeter l’esclavage en choi­sis­sant le chemin de la lib­erté et de l’indépendance, aujourd’hui tout recom­mence, le loup a revêtu la peau d’agneau. Mais ne t’en fait pas Mas, on va les démas­quer tous… Nous ne retournerons jamais plus dans l’esclavage, colons-Blancs.

Le Maron Libérateur

Ah ! Nous voici au Champs de Mars, ce grand et his­torique site de la révo­lu­tion haï­ti­enne, com­plète­ment mécon­naiss­able, pris d’assaut par la pop­u­la­tion apeurée par les sec­ousses répétés du trem­ble­ment de terre. On me souf­fle à l’oreille qu’ici tout s’est écroulé sauf le Musée de l’Histoire de Haïti et les statuts de la Mémoire. Je me pré­cip­ite pour aller saluer mon ami, la statue «Nèg Mawon » (Nègre Mar­ron). Engloutit dans tout le chaos de tente pré­fab­riquées, mais ils ont pris soin de laisser un peu d’espace à ce grand nègre. Il est là mon Nèg Mawon. Je suis con­tent de le retrou­ver saint et sauf que je prof­ite de l’occasion pour aller dédier deux poèmes, un en langue française et un autre en kikongo dont voici ici quelque strophes :

Celui qui est appelé à etre bal­ayeur de rue,

Doit bal­ayer comme Michel Ange peignait,

Ou comme Beethoven composait

Ou comme Shake­speare écrivait

Mais il doit bal­ayer les rues si parfaitement

que les hôtes des cieux et da la terre s’arrêteraient pour dire :

Ici vécu un bal­ayeur de rue qui fit bien son travail.

« Le rêve de Mar­tin Lut­ter King »

Et à l’heure de la poésie en Kikongo, des jeunes haï­tiens bien qu’affamés regar­daient de mes lèvres sor­tir des mots cadencés dans une langue, mag­iques à leur entendement.

« Buaketi ba Nsi !

Weti kudelekesa ni kubaka

Nga kuo lubwetete

na mu kanga ga lutetete

Ha nto za tsiozi zaadi ba kua ndikila

Ndun­dundu, mundumbu mu bulundu

Ka buaketi ba Nsi, buabuneeenn!

Ka buaketi ba Nsi, buabuneeenn!

« Buaketi ba Nsi de Muanga Sengha»

Après être entré en com­mu­nion avec les ancêtre, je jette un regard fur­tif autour de moi et… On y trouve un peut de tout, dis­ant de quoi s’abriter pour passer la nuit, tentes faites de car­tons, tôles, planches, con­tre­plaqués, palmes, tis­sus, plas­tique ou juste un bout de pagne ou de car­ton étalé par terre. Cer­tains ont impro­visé de petites bou­tiques et restau­rants de for­tune, de quoi fruc­ti­fier le peu de sous rescapés du séisme et dire au monde que « Haïti est vivant », comme ce petit haï­tien qui après deux semaines passées sous les décom­bres, sans manger ni boire, sort en bran­dis­sant ses deux bras comme pour dire à ses sauveurs et à la com­mu­nauté inter­na­tionale : « L’Haïti est un phénix qui tou­jours renait de ses cen­dres et rien ne se fera en Haïti sans les haï­tiens, et surtout ne vous amusez pas de l’effacer sur la carte du monde ou de le cloitrer sous tutelle… C’est tout ce qui nous reste, vous nous avez tout pris».

Des tentes pour dormir

Des tentes pour dormir

Haiti An Zero, c’est bien la visée que l’on sem­ble percevoir au tra­vers des dis­cours dans les médias Occi­den­taux avec la néga­tion de l’existence de toute autorité en Haïti. Une volonté sécu­laire de vouloir effacer Haïti de la carte du Monde, comme si Tou­s­saint Lou­ver­ture, Dessalines et Kapua Lam­ort et autres n’avaient jamais existé. C’est vrai que Port au Prince à vrai­ment été sec­oué, à com­mencé part la coupole de son pres­tigieux Palais Prési­den­tiel qui est retrouvé par terre mais cela suffit-il pour dire que l’Etat Haïti est inex­is­tant ? Tous les jours la presse inter­na­tionale relaie la mis­ère, le brig­andage en Haïti mais pas sa bravoure ; ses actes de dig­nité, de résis­tance, de silen­cieuse lutte con­tre la mis­ère passent inaperçus. N’est-il pas là l’arbre qui cache la foret ? Il ne reste plus qu’à nous recréer le Code Noir.

Centre Culturel Malaki ma Kongo en Haiti

Cen­tre Cul­turel Malaki ma Kongo en Haiti

Notre point de chute est Mon­tagnes Noire, une ban­lieue de la ville, juste après Pétionville, pré­cisé­ment chez Elien Isac, maître de vau­dou de qua­trième généra­tion, Prési­dent de CECILE et MALAKI MA KONGO.

Ici le séisme n’a pas fait beau­coup de dégâts et les mem­bres de Malaki ma Kongo Haïti qui ont été infor­tunés vien­nent y trou­ver refuge. Le lende­main après une prise de con­tact avec les autres respon­s­ables de Malaki ma Kongo Haïti à qui nous avons expliqué le sens de notre mis­sion qui est repar­tie en trois étapes qui sont :

  1. Apporter à nos amis de Malaki ma Kongo Haïti une aider pour les soins d’urgence et ali­men­ta­tion (3 mois);
  2. Actu­aliser le pro­gramme d’accompagnement dans les domaines éducatif, agri­cole et le petit élev­age (d’ici 12 mois) ;
  3. Créer une cel­lule interne d’appuis à l’agriculture, l’élevage et l’éducation (d’ici 18 mois).
Radio Planet Kreyol

Radio Planet Kreyol

Départ pour l'arrière Haiti avec medecine et aliments

Départ pour l'arrière Haiti avec medecine et aliments

Aus­sitôt dit aus­sitôt fait, nous nous sommes donc mis au tra­vail. Maitre Elien nous a d’abord amené à la Radio Planète Kreyol où il anime tout les jours une émis­sion Kiltir Kreyol (Cul­ture Créole) pour expli­quer au grand pub­lic le but de notre mis­sion et les dif­fi­cultés de trou­ver du riz à acheter à Port au Prince. Nous avons trainer pen­dant deux jours à la recherche di riz, de cette den­rée qui est dev­enue un luxe en Haïti. Nous sommes allés jusqu’à voir les soi dis­ant grande « ONG Human­i­taire » pour nous ven­dre des sacs des riz… Rien à faire, une ONG inter­na­tionale ital­i­enne dont on tait le nom, nous a bal­loté à gauche et à droite, avant de nous pro­poser des sacs de caramels à don­ner aux enfants qui ont faim depuis deux mois. On a vrai­ment frisé le ridicule, il ne restait qu’à nous deman­der d’exiger à ses affamés de se faire bap­tiser en échange d’1kg de riz. Là je me suis rap­pelé que je me trou­vait sur le sol haï­tien et que ce pays à un compte encore ouvert avec les puis­sances colonisatri­ces, esclavagistes mais surtout évangélisa­teurs qui lui exi­gent de se dépouiller de tous ses droits, de sa spir­i­tu­al­ité, de toutes ses divinités aujourd’hui que sa terre a trem­blé et que tous les sym­boles ont été rasés. Il reste à voir si dans ce bras de fer, les haï­tiens vont se dépouiller de leur iden­tité dont ils sont si fiers pour se plier à de nou­velles forces néo­colo­niales sous cou­ver­ture de ONG Inter­na­tionales. Il ne faut pas le cacher les grandes ONG human­i­taires d’aujourd’hui ont été créé, dans leur majorité, par des organ­i­sa­tions religieuses catholiques pour celles qui vien­nent de l’Europe et évangélique pour celles venant des USA. Et toutes tra­vaille en com­mun accord avec les gou­verne­ments Occi­den­taux, ceux-là même qui depuis deux siè­cles ont organ­isé un embargo autour de Haïti pour éviter les autres pays de la con­t­a­m­i­na­tion du syn­drome du mal haï­tien : La Lib­erté, l’Egalité, la Fra­ter­nité, la Joie de vivre ensem­ble dans le respect de cha­cun. Comme la logique occi­den­tale, l’Aide gra­tu­ite n’existe pas. Le trem­ble­ment de terre qui rase Haïti est donc une occa­sion de tous les vain­cus d’hier, de se venger sous le cou­vert de leurs puis­santes « ONNG Organ­i­sa­tion Non-Non Gou­verne­men­tales ». De véri­ta­ble machine de chris­tian­i­sa­tion for­cée. Etant dans donné que c’est sous le même rythme que les haï­tiens ont été réduits en esclavage, ces derniers dis­ent : Nous respec­tons Jésus comme tous les prophètes mais laisser nous l’adorer à notre manière.

Par la grâce de Dieu, un coup de télé­phone d’un ami de Elien nous a fait trou­ver du riz dans un mag­a­sin de ban­lieue. Nous louons un camion, achetons des sacs de riz, de sucre et de l’huile. Nous cou­vrons le tout avec des toiles, pour éviter de sus­citer la jalousie des autres affamés sur les routes car ven­dre affamé n’a point d’oreille dit-on. Puis nous voila par­tis vers l'arrière-pays. Haïti sig­ni­fie "Ter­res hautes", et on com­mence à le com­pren­dre au file de temps que nous allons en hau­teur. La route monte raide, la vue de la ville est restée loin der­rière nous pour s’ouvrir à un paysage de mon­tagne fait de gros rochés et de cail­lasse. La route est très étroite et se perd dans les montagnes.

1 des tranches d'Aides de Malaki à Haiti

1 des tranches d'Aides de Malaki à Haiti

Après trois heures le camion s'arrête, le cours d’eau est trop pro­fond. De la mon­tagne, com­men­cent à descen­dre, des hommes, des femmes et enfants, ils pren­nent un ou deux sacs sur la tête ou à dos d’âne sans oublier les médica­ments et nous lon­geons la riv­ière, la tra­ver­sant d’une part à l’autre. Trois heures de chemin dans la riv­ière, puis encore trois heures de mon­tée de ces mon­tagnes caill­ou­teuses et de grottes où allaient se reti­raient Tou­s­saints Lou­ver­ture et ses sol­dats pour plan­i­fier d’autres attaques con­tre les esclavagistes.

Nous sommes épuisés, la nuit est pro­fonde, heureuse­ment, une belle lune éclaire le sen­tier. Ceux qui avaient des sacs de 25 kgs sur la tête ralen­tis­sent le pas pour nous atten­dre, comme si c’est nous qui étions sous les décom­bres et affamés. Com­mencé à 19h30 c’est à 01h20mn que les derniers arrivent à MAKONGO un des vil­lages con­sti­tu­ant Bellefontaine.

Les gens de Makoongo -Bellefontaine nous attendent

Les gens de Makoongo -Belle­fontaine nous atten­den­tLes gens por­tent l'aide dans montagnes

Je ne suis pas en grande forme et c’est à dos de cheval que je ter­mine les 40 dernières min­utes de piste.

La Vie à Makongo- BelleFontaine

C’est notre ami de voy­age, l’italien Daniele Sci­uto, le médecin de Find The Cure, l’association sœur de Malaki ma Kongo, que revient le priv­ilège de nous racon­ter ce qu’il y a vu au vil­lage Makongo, un nom très sim­i­laire au notre. « Ils sont tous là à nous atten­dre, tapis dans l'obscurité. Ils sem­blent nom­breux, ils me ser­rent la main, presque incré­d­ules que nous soyons arrivés jusque là-haut. Déjà, une mar­mite d'eau bout sur le feu de bois, tout de suite ils cuisi­nent du riz et un peu de poids Con­gos. Tous ensem­ble, ils le man­gent comme si ce fût le meilleur plat du monde. Ils raclent le fond jusqu'au dernier grain. Si je pou­vais vous faire un cadeau de remer­ciement, je voudrais vous offrir pour un instant la vue de ce dîner, il vaudrait plus que tous mes mots. Chers amis, vous nous avez donné des dons à porter e Haïti, quand on vous deman­dera : "Qu’avez-vous fait pour Haïti ?"

Vous pou­vez répon­dre avec orgueil, « Nous avons porté de la nour­ri­t­ure et des médica­ments à la pop­u­la­tion de Bel­fontain". Croyez-moi, ditent-le sim­ple­ment et sans peur, et surtout pour ceux qui con­nais­sent Haïti, ils seront éton­nés et n’y croiront pas leurs yeux. Depuis que Bel­fontain existe je suis le pre­mier médecin à y avoir mis pied.

En fait tout a com­mencé avec un SOS lancé par Malaki ma Kongo qui dis­ait exacte­ment ceci :

Haïti est sous le choc. L’Association Malaki ma Kongo fait appel à votre générosité pour aider les bléssés de Mon­tagne Noire, un des quartiers reculés de Port au Prince, sou­vent oublier par les aides human­i­taires, et où Malaki ma Kongo-Haiti est instal­lée depuis 2002.
Les fonds servi­ront à:
-Aider pour les soins d’urgence
-Ren­forcer notre pro­gramme d’accompagnement de petites activ­ités agri­coles et du petit élevage

sur l'ane, porter l'aide dans les montagnes

sur l'ane, porter l'aide dans les montagnes

Ce monde est unique prenons en soin.

Le jour suiv­ant de 09h00 à 19h30 dans un vil­lage où la lumière de bougie est un luxe, jusqu’à la nuit tombée, nous avons soigné près de 150 malades. Nous étions obligés de nous arrêter par défaut de lumière, mal­gré la demande qui ne fai­sait que croitre. C’était pour nous un devoir humain d’apporter notre sou­tien à Malaki ma Kongo Haïti, et surtout à Makongo- Belle/Fontaine le vil­lage natal d’Elien Isac, per­ché dans de mon­tagnes presque infinies. La dis­tri­b­u­tion du riz s’est faite tran­quille­ment et cha­cun des malades est reparti tout heureux. À notre départ pour un autre vil­lage, au petit matin, la doyenne du vil­lage ser­rant la main de Daniele Sci­uto dans ses deux petites mains, dit: "Merci et au revoir, mais sûre­ment pas sur cette terre." Agée de 75 quand elle voit pre­mier médecin mod­erne dans son vil­lage, cette grande mer­veille ne se repro­duira que durant le siè­cle suiv­ant. Selon Dr. Daniele Sci­uto, j’ai soigné près de 150 per­son­nes par jour et dans qua­tre vil­lages. Et cela a été mer­veilleux puisqu’en temps de crise les gens sont sou­vent capricieux et dif­fi­ciles devant la nour­ri­t­ure ils devi­en­nent agres­sifs, jusqu’au point de se bat­tre. Mais le con­tact créé pen­dant les vis­ites médi­cales les redonne con­fi­ance et crée une atmo­sphère d'estime et aide réciproque.

Elien Isac preparant le monde à recevoir l'aide

Elien Isac preparant le monde à recevoir l'aide

Pour con­clure on dira que notre soucis s’est vérifié.

Lors de mon voy­age en Haïti en 2008, juste après les oura­gans ; j’ai remar­qué que l’aide human­i­taire s’était arrêtée à Port au Prince c’est ce qui explique notre cris de SOS Haïti Malaki ma Kongo.

Tout comme aujourd’hui, il n'y a aucune trace d'aides human­i­taires dans l'arrière-pays de Haïti, pour­tant la terre y a aussi trem­blé, pour­tant les maisons sont tombées dans ces coins reculés. On y vit encore plus isolé du reste du monde et dépourvu de tout.

Des soins pour les populations oubliées

Des soins pour les pop­u­la­tions oubliées

Lors de notre dernier pas­sage à radio Planète Kreyol, nous avons plaider pour l’arrière pays. Nous avons insisté sur la quié­tude, la dig­nité, le courage de la pop­u­la­tion de Belle­Fontaine. Mal­gré la famine, le dénue­ment la soif et la dureté des temps de la vie des mon­tagnes, ces pop­u­la­tions qui vivent dans les sen­tiers où courait Tou­s­saint Lou­ver­ture ne demande aux gou­ver­nants et à la Com­mu­nauté Inter­na­tionale qu’une chose, LE RESPECT DES DROITS DE L’HOMME.

Du café x Masengo avant de retourner au Congo

Du café x Masengo avant de retourner au Congo

Les dernières nou­velles dis­ent qu’après notre séjour en Haïti et tout le bou­can qui en a suivi dans la presse, une délé­ga­tion de jour­nal­istes ital­iens, 8 au total, va laisser son ilot doré de Port au Prince, où il mènent une vie des pachas, pour se ren­dre à Belle­Fontaine, et des asso­ci­a­tions et organ­i­sa­tions de masse haï­ti­ennes com­men­cent à deman­der aux autorités nationales et inter­na­tionales. Le voy­age a été fati­gant, fort, mais en même temps beau et nous sommes prêts à le refaire pour le degré d’humanisme qu’il com­porte. La dernière nuit au Cen­tre CECILE et MALAKI MA KONGO, les soins pour les asso­ci­a­tions des vodouisants, com­mencés à 18H00 se sont pour­suivis jusqu’à deux heures du matin. Un cer­ti­fi­cat d'honneur et mérite pour l'aide à la pop­u­la­tion haï­ti­enne nous a été attribué au cours d’une man­i­fes­ta­tion de danse tra­di­tion­nelle qui s’est éten­due jusqu’au matin. Grand MERCI à ceux qui ont cru et ont soutenu notre MISSION SOS Haïti Malaki ma Kongo / Mis­sion OH.

Asso. CECILE & Malaki ma Kongo de Haiti

Asso. CECILE & Malaki ma Kongo de Haiti

Sou­tien: clickez ici

Masengo ma Mbongolo

Coor­di­na­teur Général du Tri­con­ti­nen­tal
Malaki ma Kongo

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