Pietro Savorgnan di Brazzà

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Pietro Savorgnan di Brazza

Pietro Savorgnan di Braz­za

Pietro Braz­za Savorgnan est né à Castel­gan­dol­fo, près de Rome, dans une famille de l'aristocratie romaine, le 26 jan­vier 1852.

Après des études à Paris, il entre à l'École Navale à titre étranger avec l'appui de l'amiral de Mon­taignac.

Médiocre­ment noté et en but­te à l'hostilité des autres officiers de marine, il par­ticipe après la guer­re fran­co-prussi­en­ne à une mod­este expédi­tion au Gabon. Là, il conçoit le pro­jet d'explorer le bass­in du Con­go pour le compte de la France.

Mais à Paris, la IIIe République s'installe et la coloni­sa­tion ne fig­ure pas encore au rang des pri­or­ités nationales.

En 1874, le jeune officier de marine se fait nat­u­ralis­er français, change son nom en Savorgnan de Braz­za et son prénom en Pier­re. Il repart aus­sitôt pour le Gabon avec le seul sou­tien de son pro­tecteur, l'amiral de Mon­taignac, devenu entretemps min­istre de la Marine.

Au cours d'une pre­mière mis­sion, Braz­za remon­te l'Ogoué, un fleu­ve côtier qui arrose le Gabon actuel, puis recon­naît le cours supérieur de l'Alima, un afflu­ent du Con­go, le grand fleu­ve d'Afrique cen­trale.

NB : le Con­go n'est pas acces­si­ble à par­tir de son embouchure en raison d'importants rapi­des ; le cours nav­i­ga­ble du fleu­ve s'interrompt en amont de ces rapi­des, dans une vaste retenue aujourd'hui con­nue sous le nom de Stan­ley Pool et sur les bor­ds de laque­lle se tien­nent Braz­zav­ille et Kin­shasa, ex-Léopoldville.

Lors d'une deux­ième expédi­tion, Savorgnan de Braz­za fonde Franceville sur le haut-Ogoué.

Roi-MAKOKO

Roi-MAKOKO

Il atteint enfin le Con­go en descen­dant l'Almina et, dans le vil­lage d'Itiéré, con­clut le fameux traité de pro­tec­torat avec le Makoko-Iloô (titre offi­ciel du chef des Bateké Tio). Braz­za repart pour la France en lais­sant sur place de petits détache­ments de sol­dats, notam­ment des tirailleurs séné­galais (orig­i­naires du bass­in du Niger).

Dans le vil­lage de N'Couna, qui sera plus tard rebap­tisé par la France… Braz­zav­ille et devien­dra la cap­i­tale de la colonie puis de la république du Con­go, l'un de ces tirailleurs, le ser­gent Malamine, a la frayeur de sa vie quand il voit débar­quer en juil­let 1881 la puis­san­te troupe de Stan­ley.

L'explorateur bri­tan­nique descend le bass­in du Con­go en suiv­ant la rive gauche (côté sud) et soumet de toutes les manières les pop­u­la­tions locales à sa loi. Malamine ne se lais­se pas impres­sion­ner et lui refuse le pas­sage sur la rive droite. Stan­ley s'incline. Le roi des Belges devra se sat­is­faire de la rive gauche du Con­go.

Traité entre Savorgnan de Brazza et le roi des Bateké Tio

Le 10 sep­tem­bre 1880, sur les bor­ds du fleu­ve Con­go, Pier­re Savorgnan de Braz­za con­clut un traité en plusieurs exem­plaires avec le chef tra­di­tion­nel des Batékés.

Par ce traité auquel l'Africain ne com­prend gout­te, la République française établit son pro­tec­torat sur un vaste ter­ri­toire qui fait aujourd'hui par­tie du Con­go-Braz­zav­ille.

Habile­ment relayé par la pro­pa­gan­de offi­cielle, ce suc­cès obtenu sans com­bat va nour­rir dans le pays de Jules Fer­ry le mythe de la «mis­sion civil­isatrice» de la France.

Le jeune Braz­za (28 ans), Français d'adoption, devient l'objet d'un véri­ta­ble cul­te répub­li­cain et l'on se plait à opposer sa mag­na­nim­ité à la bru­tal­ité de Stan­ley, un Bri­tan­nique au ser­vice du roi des Belges, avec lequel il est entré en con­cur­rence dans le bass­in du Con­go.

Triomphe et amertume

Pietro di Brazza

Pietro di Braz­za

À Paris, le traité entre Braz­za et le Makoko-Iloô est rat­i­fié le 18 sep­tem­bre 1882 par la Cham­bre des députés, dans l'enthousiasme. C'est qu'entre temps, Jules Fer­ry a con­ver­ti une bon­ne par­tie des élites répub­li­caines au principe de la coloni­sa­tion.

Braz­za, fêté en héros, présen­té com­me l'ami des Noirs et le libéra­teur des esclaves, est nom­mé com­mis­saire du gou­verne­ment dans l'Ouest africain puis, de 1886 à 1897, com­mis­saire général au Con­go. Il jet­te les bases de la future Afrique Équa­to­ri­ale Française : Con­go, Gabon, Ouban­gui-Chari (aujourd'hui Cen­trafrique), Tchad et Camer­oun.

En févri­er 1905, l'explorateur est con­sterné par la lec­ture d'un jour­nal qui évo­que des sévices à l'encontre des Noirs en Afrique équa­to­ri­ale française. Ses suc­cesseurs, com­me les Belges de l'autre côté du fleu­ve, sont sus­pec­tés de bru­talis­er les pop­u­la­tions locales, voire de les mutil­er, quand ils refusent de récolter le caoutchouc.

Braz­za réclame et obtient du prési­dent Émile Lou­bet une mis­sion d'inspection. C'est ain­si qu'il retourne dans «sa» colonie du Con­go pour décou­vrir que celle-ci, aban­don­née à l'avidité des trafi­quants et à la bru­tal­ité de cer­tains fonc­tion­naires, est mise en coupe réglée par les com­pag­nies con­ces­sion­naires.

Pier­re Savorgnan de Braz­za meurt à Dakar sur le chem­in du retour le 14 sep­tem­bre 1905 et l'on mur­mure qu'il aurait été empoi­son­né par des trafi­quants peu désireux que soient révélés leurs méfaits. Tan­dis que l'explorateur béné­fi­cie de funérailles nationales, son rap­port est enfoui dans les archives sans pub­lic­ité aucune.

(de http://www.herodote.net)

 

Brazza délivre des esclaves dans un village du Congo, image de propagande extraite des Belles Images d'histoire

Braz­za délivre des esclaves dans un vil­lage du Con­go, image de pro­pa­gan­de extraite des Belles Images d'histoire

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À propos de Masengo ma Mbongolo

Masengo est un des rares spé­cial­istes de Rela­tions Inter­na­tionales Cul­turelles Nord Sud pour le Développe­ment. Comé­dien, met­teur en scène, dra­maturge, chercheur, écrivain, réal­isa­teur de films doc­u­men­taires, fon­da­teur et Directeur artis­tique du Fes­ti­val Tri­con­ti­nen­tal MALAKI MA KONGO. Chattez avec Masengo sur Google+ | Facebook de Malaki ma Kongo
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