2004 Haiti

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XIV éme édi­tion

BICENTENAIRE d’HAITI SAUVE DE JUSTESSE PAR

Les oiseaux de paix made in Nelson Mandela

Ouf ! Mer­ci Nel­son Man­de­la

Par­don Tabo Mbeki

Elien Isac et CECILE - Haiti

Elien Isac et CECILE - Haiti

A 24h00 de quit­ter Haïti, nous sommes habités par deux sen­ti­ments, l’un est un sen­ti­ment de grande tristesse et l’autre est un sen­ti­ment de délivrance… Nous pou­vons enfin crier MISSION TERMINEE.

Nous sommes tris­te de savoir que les descen­dants des Pharaons, les maîtres de Pythagore, inven­teurs de la sci­ence, ceux que ce dernier dis­ait avoir la peau noire et les cheveux cré­pus n’ont pas encore com­pris ce que la ter­re et le cos­mos atten­dent d’eux. Ils n’ont pas com­pris que la « voûte de l’occident a éclatée » la civil­i­sa­tion occi­den­tale a atteint son apogée et qu’il est temps de ten­dre le témoins à d’autres civil­i­sa­tions. Les Noirs ne devraient pas être sur­pris par le cours suc­ces­sif du jeu des civil­i­sa­tions quand les Jaunes leur remet­trons le témoin. Hélas, ils éprou­vent encore des dif­fi­cultés à se débar­rasser du ven­in, à forte dose de com­plexe d’infériorité, con­tenu dans l’éducation colo­niale et post colo­niale, qu’on les a fait boire jusqu’à la lie dans leurs « écoles » de merd… Ain­si com­me de bons enfants ils atten­dent que leurs maîtres les dictent des ordres, des ori­en­ta­tions… un com­porte­ment à tenir par rap­port aux des fes­tiv­ités du bicen­te­naire de Haïti. La pre­mière révolte des esclaves et unique dans son gen­re au mon­de qui a créé un Etat indépen­dant. Or leurs maîtres ou plutôt leurs « ancêtres les Gaulois » ne veu­lent plus enten­dre par­ler de cette défaite cuisan­te que leur ont infligée les esclaves Nègres, voici deux siè­cles. Ce sont tout de même plus de 30.000 colons blancs qui ont été jetés à l’eau et l’une des plus forte armée du mon­de de l’époque, l’armée de Napoléon Bona­parte , qui a été mise en déroute par les esclaves pour créer, en pre­mière mon­di­ale, un Etat indépen­dant. Ils n’ont donc jamais eut envie de goûter à la SOUPE DE L’INDEPENDANCE le 1er jan­vier 1904 et ce n’est pas en 2004, en 2104, 2204, 2304, en 2404 ou en 2504 qu’ils seront prêts à digér­er la débâ­cle de la Crête du Mont Pier­rot. Nous sommes vrai­ment un peu­ple sans mémoire.

D’ailleurs en 1904, ils avaient organ­isé une mas­ca­rade du même gen­re de manière qu’il eut une guer­re à Port au Prince, la fête du cen­te­naire n’avait eu lieu et en ce 2004, ils ont relancé le même sché­ma et com­me nos « fameux intel­lo con­seillers de merd… » n’ont d’autres références his­toriques que celles que leur pro­posent leurs maîtres, ils sont tous tombés dans le piège de leurs ancêtres les Gaulois. Tous les chefs des Etats Noirs ont man­qué aux ren­dez de la procla­ma­tion de l’indépendance de la pre­mière République Noire sauf un, celui qui con­naît l’importance des mots LIBERTE, INDEPENDANCE, le représen­tant de Nel­son Man­de­la accom­pa­g­né du Roi d’Alada du Dahomey, sans oublier le délégué de la province de Nsundi …

Le sec­ond sen­ti­ment est un grand ouf ! de délivrance pour avoir pris part à la maïeu­tique qui a annon­cé post-maturé­ment la délivrance de l’Homme Noir d’une grossesse qui durait depuis déjà que trop longtemps, deux cent ans. Ce qui s’est passé en Haïti ce 1er jan­vier 2004 était atten­du de tous les peu­ples du mon­de entier sauf les pseudo intel­lectuels africains qui com­me de ampoules fonc­tion­nant à l’aide de bat­ter­ies ont atten­du en vain que leurs « ancêtres les Gaulois » appuient sur l’interrupteur. Heureuse­ment que toute l’Afrique ne vibre pas qu’au tim­bre de la fran­coph­o­nie ; l’écurie de Nel­son Man­de­la, le Roi d’Alada du Dahomey et le prince de Nsundi savent que jamais dans l’histoire les gaulois n’ont été les ancêtres des Pharaons…

Après avoir man­qué de fes­toy­er le cinquan­te­naire, le cen­te­naire et les cent cinquan­te ans de son exis­tence, Haïti a enfin réus­si à célébré les deux cent ans de son indépen­dance. C’est un évène­ment extra­or­di­naire de voir cette foule en liesse parce que lors du cen­te­naire tout le mon­de s’était ter­ré dans les maisons du fait qu’au lieu de cris de joie c’étaient des coups de canons qui ton­nait dans la ville et pour cette fois ce sont plutôt les rires, les embras­sades de ce peu­ple à qui il est inter­dit de fes­toy­er son indépen­dance. Inter­dit parce qu’il a eu le courage de met­tre fin par la vio­lence à un sys­tème qui rédui­sait l’Homme à l’animalité.

LES PREPARATIFS

Tout était fin prêt pour faire revivre aux haï­tiens le sché­ma d’il y’a cent ans. Des plans macabres étaient pro­gram­més. Des gens avaient pour mis­sion de prof­iter de failles des gou­ver­nants pour créer des trou­bles ; man­i­fes­ta­tions des étu­di­ants, des syn­di­cats com­me de groupes armés avaient été pré­parés pour entr­er en action à des moments pré­cis. Nous n’oserons pas dire que leurs reven­di­ca­tions n’étaient pas fondées, mais nous esti­mons que l’acte posé par Tou­s­saint Lou­ver­ture n’avait pas de prix et que ses opposants avaient le reste du siè­cle pour les reven­di­ca­tions… Selon les dires des haï­tiens, de part et d’autre des groupes poli­tiques avaient mis en action des armées incon­trôlées. Une petite pro­por­tion de la pop­u­la­tion était por­teuse régulière­ment des armes à feu, avec papier de port d’arme pour leur sécu­rité per­son­nelle, mais aus­si de mil­liers de cen­taines de jeunes gens étaient illé­gale­ment armés. Cer­tains dans de coins obscure avaient pour mis­sion de fab­ri­quer des cock­tails molo­tovs. La presse inter­na­tionale s’était déchaîn­er pour apeur­er et inter­di­re les touris­tes à se ren­dre en Haïti. Le Gou­verne­ment améri­cain a inter­dit offi­cielle­ment à sa pop­u­la­tion de se ren­dre en Haïti. La gout­te d’eau qui fait débor­der le vase c’est la deman­de du Prési­dent Haï­tien à la France de restituer les 90 mil­lions de francs-or, soit 21,7 mil­liards de dol­lars améri­cains de nos jours, que Haïti avait payé aux anciens colons en vue de la recon­nais­sance de son indépen­dance. Ce qui n’a fait qu’envenimer les rap­ports haitio-français, dit-on qu’il ne revient qu’aux pau­vres de pay­er aux plus rich­es.

PSYCHOSE GENERALISEE

Le respon­s­able de Malaki ma Kon­go-Haïti qui nous a reçu était en vacance dans la périphérie de Port au Prince. Le petit peu­ple, en ville com­me à la cam­pag­ne, menait une vie pais­i­ble, tran­quille, il par­lait très peu de l’évènement du siè­cle. Très peu de gens se préoc­cu­paient tant de l’organisation que du déroule­ment des fes­tiv­ités, non parce qu’ils étaient moins infor­més mais plutôt parce que les soucis majeur était ailleurs : la sat­is­fac­tion des besoins pri­maires de l’existence : manger, boire, se vêtir et dormir. Ain­si les com­mu­nautés de base com­me tout le mon­de vaquait nor­male­ment à ses besoins quo­ti­di­ens. Mais c’est quand on se trou­vait dans le petit cer­cle d’intellectuels que l’on sen­tait un malaise général, la peur… La société était gan­grenée par une psy­chose qui paraly­sait tout le sys­tème ; de manière qu’il était impos­si­ble d’entreprendre quoi que ce soit. Dieu mer­ci que le pro­gram­me réamé­nagé de la clô­ture du fes­ti­val Tri­con­ti­nen­tal Malaki ma Kon­go à Port au Prince s’est lim­ité à un reportage sur le bicen­te­naire de Haïti et le Malaki qui s’ouvrait avec le Bicen­te­naire devrait se pour­suiv­re de l’autre coté de l’île à San­to Domin­go en République Domini­caine avant de con­tin­uer de l’autre coté de l’atlantique et cela pen­dant les 365 jours de l’an 2004.

Pour l’OPPOSITION, le Bicen­te­naire serait l’occasion de faire le point sur le devenir du pays. C’est le moment idéal de se poser la ques­tion de savoir pourquoi après deux siè­cles d’indépendance le pays se plie encore sous la dic­tature. Pourquoi l’haïtien moyen vit avec moins de deux dol­lars par jour ; pourquoi tant de pau­vreté et de mis­ère… Elle estime que le Bicen­te­naire n’est pas une occa­sion de gaspiller de l’argent avec des fes­tiv­ités à col­oration pro­pa­gan­dis­te. Une péti­tion a été signée par beau­coup d’intellectuels et de gens de la société civile pour ne pas pren­dre part aux dites fes­tiv­ités . Elle a exigé le départ du prési­dent Aris­tide avant le 1er jan­vier. Dans ce sens qu’il faudrait reporter les fes­tiv­ités à une date ultérieure, quand Haïti aura trou­vé un chef répon­dant à une série de normes… du coup ils tombent tous dans le piège ten­du par les petits fils de Napoléon.

LE MONDE DU VODU est aus­si divisé en deux. Les uns esti­ment que les vodouisants sont de nature apoli­tique et pour­tant cer­tains se sont enrôlés dans la logique pro­pa­gan­dis­te du gou­verne­ment qui, selon cer­taines gens, a fait cir­culé beau­coup de bil­lets de ban­que pour la cause. Le Vodu étant une com­posan­te non nég­lige­able dans la société haï­ti­en­ne, cette divi­sion crée un cli­mat de froideur dans les rap­ports entre vodouisants. Un cli­mat d’incertitude plane sur la ville ; dans le fond tous red­outent le sup­plice du col­lier ; aucun ne voudrait voir flam­ber autour de son coup un pneu de voiture, alors pru­dence oblige. L’histoire de Haïti ne man­que pas d’exemples de ce gen­re.

LES AFRICAINS qui ont élu domi­cile en Haïti ou ceux com­me nous qui y sommes allés juste pour le bicen­te­naire sont aus­si sur leur garde du fait qu’il suf­fit d’une petite fausse manœu­vre de l’armée Sud Africaine pour qu’ils en fassent les frais.

De son coté la presse inter­na­tionale et la France en tête dia­bolisent Haïti. c’est curieux qu’une grande puis­sance qui a dit en 1990 que la démoc­ra­tie était un luxe pour l’Afrique puis­se l’exiger à Haïti de pra­ti­quer la jus­tice, la démoc­ra­tie alors qu’elle venait de lui escro­quer 90 mil­lion de francs-or et fait subir des siè­cles d’esclavage. Enfin toutes les con­di­tions sont donc réu­nies pour faire échec aux fes­tiv­ités d’une Afrique qui pour la pre­mière fois voudrait crier haut et fort au mon­de HAITI, MERE DE TOUTE LIBERTE.

Au soir du 31 décem­bre per­son­ne ni même le prési­dent Aris­tide ne savait exacte­ment ce qui devrait se passer le lende­main. Aucun des deux groupes poli­tiques opposés ne voulait lâcher prise. Cha­cun tenait à écraser l’autre. On a cru que Haïti devrait s’arrêter com­me en 1904, lorsque les fes­tiv­ités du cen­te­naire ont été boy­cottées par ceux qui craig­nent qu’un jour leur vache à lait, l’Afrique venait à se libér­er.

Il était 17h00, quand les oiseaux de paix made in Nel­son Man­de­la ont envahit le ciel de Port au Prince. Per­son­ne ne s’y attendait. Nous savions tous que depuis trois jours un bateau Sud Africain mouil­lait au port de Port au Prince qui soit dis­ant con­te­nait mille sol­dats pour assur­er la sécu­rité du Prési­dent Tabu Mbeki, mais aucun haï­tien ne s’attendait de voir sur­gir d’un bateau de guer­re africain cinq, six ou dix héli­cop­tères de com­bat à la fois. Ce fait a épaté les haï­tien qui ont com­mencé à voir le con­ti­nent africain sous un angle dif­férent que celui de con­ti­nent pau­vre et affamé. Alors les dés étaient jetés. Toutes les forces en place ont com­pris que la MERE POULE était là pour défendre bec et ongles ses poussins. Dans les états-majors, on avait cessé de min­imis­er les quelques 3000 policiers que comp­tait Haïti (pays dont Aris­tide a dis­sout l’armée lors de son sec­ond man­dat), mais qu’il fal­lait pren­dre aus­si en ligne de compte les hommes de troupes, les chars et les héli­cop­tères et peut être les avions de com­bat venus d’Afrique, sans oublier les fana­tiques du pou­voir.

A par­tir de ce moment les mamans ven­dant des objets de sur­vivance dans les marchés, les jeunes sans avenir, les intel­lectuels dés­abusés, les bour­geois et les politi­ciens de tout bord ont com­pris que l’acte posé par Tou­s­saint Lou­ver­ture, Jean Jaques Dessali­nes, Christophe, Pétion, Capo­ral La Mort et tous les nègres mar­rons, dépas­sait les la super­fi­cie d’Haïti pour être l’expression de tout les déshérités du mon­de entier, assoif­fés de lib­erté. Com­me pour mieux enfon­cé le clou, le com­man­dant de l’armée de Tabo Mbeki était un officier sud africain de race blanche. C’était la leçon que Nel­son Man­de­la avait réservé aux arrières petits fils d’esclaves et esclavagis­tes de Port au Prince : Si en moins de dix ans, les Noirs opprimés de Sowe­to et les Blancs racis­tes de Pre­to­ria ont pu faire la paix en Afrique du Sud pourquoi pas les Mulâtres et les Noirs de Port au Prince en Haïti, après deux cent ans de vie com­mune ?

Le 1er janvier 2004

BICENTENAIRE ou l’arbre qui cache la forêt

Le 1er jan­vier 2004 à 6h30 nous étions au ren­dez-vous au Champs de Mars située juste en face du palais prési­den­tiel. Le mon­de attendait l’heure H. Cer­tains y avaient fes­toyé toute la nuit et d’autres com­me nous, arrivaient au petit mat­in. Petit à petit la place s’emplissait de gens de tous les âges. Dans le dos du Palais, trois sol­dats der­rière deux petites bar­ri­cades en planch­es légères. Vers huit heure les offi­ciels com­mençaient à arriver précédés de motards avec des aboiements des chiens en guise de sirène. Le pro­to­cole était très léger, en tout cas pas com­me dans d’autres cieux. Infor­mé de notre présence la mam­bo Gel­da Bel­mond, une grande dame du pro­to­cole, me fit chercher. Mam­bo sig­ni­fie prêtresse du vodu.

-Masen­go, mais où est-ce que tu étais, on ne savait com­ment te join­dre ?

- Nous étions blo­qué à San­to Domin­go pen­dant onze jours. On nous a fait croire que Haïti était en feu.

-Ha ha ha ! Tu as eu peur mais ce n’est pas digne d’un vodouisant. Un hom­me du vodu ne doit jaaam­maai­i­is avoir peur. Et com­ment as-tu trou­vé Haïti ?

-Non c’est tran­quille, oh! La presse inter­na­tionale… mais pourquoi s’en prend-t-elle au Bicen­te­naire ?

-Hein ! pourquoi cette presse de merde s’en prend-t-elle au vodu ? Mais c’est parce que c’est le vodu qui a bat­tu la France. Quand tu entends que Dessali­nes était le mat­in au Cap et le soir à l’Ile à Vache, c’était par l’esprit qu’il voy­ageait. Il tra­ver­sait toute l’île du Nord au Sud, il n’ y’ avait pas de camion en ce temps là.

Ce que nous célébrons ce jour c’est la sec­on­de défaite sur la France. Elle a don­né 90 mil­lion de dol­lars U.S pour faire échec aux bicen­te­naire com­me elle l’avait fait en 1904, mais pour cette fois, il n’y a rien à faire… Attend que l’on te met­te sur la lis­te des offi­ciels présents au Bicen­te­naire.

Je regar­dais au tour de mois tous ces Noirs qui m’auscultaient d’un air envieux. Dans le coin deux jeunes filles me regar­dent, souri­ent et me par­lent dans une langue que je ne com­prends pas.

-Vous ne par­lez pas créole, dit-elle?

Je fis oui, de la tête.

D’un air éton­né, elle dit.

-Mais quelle langue vous par­lez en Afrique ? Tu sais, c’est pour ma pre­mière fois de voir un Noir d’Afrique, ceux que nous appelons nos « pères », et je n’arrive pas à croire qu’il exis­te de l’autre coté de l’océan des Noir juste com­me moi.

Je regar­dais cette jeune fille mais ma tête était ailleurs… Je me posais la ques­tion de savoir pourquoi la presse inter­na­tionale et surtout française à-t-elle agit ain­si ? Une sec­on­de ques­tion trot­tait dans ma tête, que représen­te donc la révo­lu­tion de Haïti pour don­ner une si grande trouille à la France, à l’Amérique et à la presse Inter­na­tionale?

Selon Man­bo madame Evoni, représen­tan­te du Vodu au près de la Prési­dence, Haïti est la plus par­faite représen­ta­tion de l’Afrique.

Nous ajouterons que Haïti est une Afrique en minia­ture en dérive sur l’Atlantique. Haïti est le con­cen­trées toutes les entités énergé­tiques, spir­ituelles et physiques du con­ti­nent Noir. Et l’Afrique est non seule­ment le berceau de l’humanité, elle est aus­si le berceau de la sci­ence : C’est elle qui a créé le théorème de Pythagore 2000 ans avant la nais­sance de ce dernier.

L’histoire nous rap­pelle que pour réus­sir la révo­lu­tion de Haïti, il a fal­lu le con­cours des énergies des esclaves Noirs et des mulâtres d’Haïti mais il ne faudrait pas nég­liger l’apport de ceux qui venaient des îles envi­ron­nan­tes. Book­man, Hom­me du Livre ou Hom­me qui con­naît lire, par exem­ple, était un esclave de la Jamaïque. D’autres Noirs ont intro­duit des con­cepts chré­tiens et islamiques dans le vodu haï­tien. Et ce dont on ne par­le pas c’est que lors de la céré­monie du Bois Bois Caiman, les his­to­riens insis­tent sur deux tex­tes impor­tants, l’un en langue créole et l’autre en Kikon­go. Le pre­mier tex­te est une adresse de Book­man au Dieu Tout Puis­sant en langue créole :

« Bon Djé ki fé la tè

Ki fé soley ki kléré nou enro.

Bon Djé ki soul­vé lan mè kif è grondé loray

Bon Djé nou ki gen zorey pou tandé, wou ki kaché nan niaj.

Kap gadé nou koté ou yé-a, ou wè tout blan fè nou sibi

Dié blan yo mandé krim

Bon Djé ki nan nou an vlé byin fè…

Y ordoné van­jans… »

Le sec­ond est un tchi­bi­la (prière incan­ta­toire) en langue kikon­go dite par la prêtresse Man­bo Céline Fati­ma, une dame géan­te, négresse de Kon­go :

Eh ! Eh ! Bom­ta , hin,hin !

Can­ga bafiote ! Can­ga Mundele !

Can­ga doki ! Can­ga li !…

« N’hésitons pas de détru­ire cette race mau­dite, des enfants à la mamelle jusqu’aux vieil­lards. Tuons tous les Blancs ! Effaçons de la ter­re tous les méchants et jusqu’à leur sou­venir !… »

Ces mots par­lent tous seuls, et deux cent ans plu tard nous pou­vons mesur­er l’impacte de ces mots sur la Nation Kon­go. La nation de la prêtresse Céline Fati­ma est dev­enue la bête noire des anciens colons, l’histoire des Ne Kon­go et de l’Afrique cen­trale nous en enseigne plus. Il ne faudrait donc pas s’étonner qu’ en 1885 à Berlin le mon Kon­go fut débar­rassé de son « K » sym­bole de roy­auté pour lui flan­quer la let­tre « C » qui résu­ment toutes les Con­ner­ies qui talon­nent notre exis­tence.

Que s’est-il dit au Bicen­te­naire de Port-au-Prince?

Les offi­ciels présents étaient :

Son Excel­lence Mon­sieur Tabo MBEKI, Prési­dent de l'Afrique du Sud et Madame la Pre­mière Dame de l'Afrique du Sud, Excel­lence Mon­sieur Per­ry CHRISTIE, Pre­mier Min­istre des Bahamas, Excel­lence, Mon­sieur le Pre­mier Min­istre Yvon Nep­tune de la République d'Haïti et Madame, Excel­lence, Mon­sieur « Raho­dia » Vice-Prési­dent de Suri­nam, Dis­tin­gués Mem­bres du Cab­i­net Min­istériel, Mon­sieur le Prési­dent de la Cour de Cas­sa­tion, Hon­or­able Prési­dent du Sénat et Hon­or­ables Séna­teurs de la République, Hon­or­able Prési­dent de la Cham­bre des Députés et Hon­or­ables Députés de la République, Hon­or­able Député du Con­grès améri­cain Maxime WATERS, Mon­sieur le Prési­dent Wang des exa­m­ens de la République de Chine,Taïwan, Mon­sieur le Secré­taire Général Adjoint de l'O.E.A, Dis­tin­gués Chefs et Mem­bres des Délé­ga­tions Étrangères, Hon­or­ables Députés du Par­lement Français, Dis­tin­gués Mem­bres des Grands Corps de l'État, Excel­lence Mon­sieur le Non­ce Apos­tolique, Mon­seigneur Bolonech, Envoyé Extra­or­di­naire du Vat­i­can, Excel­lence Mon­sieur le Non­ce Apos­tolique Mon­seigneur Luigi Bonazzi), Dis­tin­gués Mem­bres du Corps Diplo­ma­tique, Dis­tin­gués Mem­bres du Corps Con­sulaire, Mon­sieur le Directeur Général de la F.A.O, Messieurs les Maires de Port-au-Prince, Autorités Civiles, Religieuses et Poli­cières, Cher DANY GLOVER, Chers Com­pa­tri­otes du Dix­ième Départe­ment… Sans oublier le Roi Alada du Ben­in.

En deux mots le Prési­dent Aris­tide s’est exprimé de la sorte :

Chers Com­pa­tri­otes, Dis­tin­gués Invités, Chers amis,

À tra­vers ce Bicen­te­naire, nous célébrons aus­si : « La Seule Révo­lu­tion d'esclaves vic­to­rieuse de l'histoire »… Dans ce con­tex­te, avons nous la joie de célébr­er : Un Bicen­te­naire de Lib­erté pour un Mil­lé­naire de Paix. D'où notre volon­té de tra­vailler hic et nunc Pour l'actualisation des objec­tifs du Mil­lé­naire. Pour le Pays, pour les Ancêtres, mar­chons unis et procla­m­ons La Déc­la­ra­tion du Bicen­te­naire, à savoir : Con­stru­ire une nou­velle Haïti. C'est pos­si­ble car : L'UNION FAIT LA FORCE ! L'UNION FAIT LA FORCE ! ( FOUL LA ANSANM AK PREZIDAN AN : L'UNION FAIT LA FORCE ).

Chers conci­toyens, chères conci­toyen­nes, Au delà de leurs morts, les Héros de l'Indépendance émet­tent des ondes libéra­tri­ces. Puis­sent ces ondes libéra­tri­ces se propager à l'image des rayons lumineux soit à 300 000 kilo­mètres par sec­on­de. A eux donc, HONNEUR ET GLOIRE ! Et à nous, leurs dig­nes fils et filles : RESPECT, RESTITUTION ET REPARATION Pour une civil­i­sa­tion de paix. Sia bon­ga ! Mer­ci ! (APLODISMAN)

Dans son allo­cu­tion le Prési­dent Tabo MBEKI s'est estimé hon­oré de se retrou­ver en Haïti pour célébr­er le Bicen­te­naire tout en exp­ri­mant la sol­i­dar­ité du con­ti­nent africain, de tous les sud-africains sans excep­tion avec le peu­ple haï­tien. M. Mbeki a exprimé le souhait que tout le peu­ple africain inter­cepte l'important mes­sage véhiculé par le Bicen­te­naire de la Révo­lu­tion haï­ti­en­ne devant les inciter à tra­vailler ensem­ble pour pou­voir faire face aux nom­breux défis com­me la pau­vreté, le sous développe­ment, la dis­crim­i­na­tion et la mar­gin­al­i­sa­tion. Le prési­dent Sud-africain a par ailleurs souligné le géno­cide causé par la Traite des Noirs qui a ruiné la vie de mil­lions d'Africains. En grande par­tie la mis­ère du con­ti­nent africain et des africains éparpil­lés à tra­vers la planète découle de ce géno­cide a-t-il indiqué. Pour venir à bout des dif­fi­cultés sus men­tion­nées, M. Mbeki a prôné la sol­i­dar­ité entre les peu­ples de son con­ti­nent et de tous les pays pau­vres de la planète.

Pour e pre­mier min­istre des Bahamas Per­ry G. CHRISTIE, Haïti a ori­en­té les luttes de libéra­tion nationale dans toute la région, d'autant plus qu'elle est unique dans la zone avec ses Deux Cents ans d'Indépendance, a indiqué M. Christie. La sol­i­dar­ité entre tous les peu­ples de la région est néces­saire au développe­ment de la région a ajouté le Pre­mier Min­istre des Bahamas Per­ry Christie.

HAÏTI MERE DE LIBERTE : c'est en ces ter­mes que la Con­gress Wom­an et mem­bre du black- cau­cus Mme Maxime Waters a félic­ité Haïti à l'occasion de la célébra­tion de son Bi-cen­te­naire d'indépendance. La Con­gres Wom­an a fait part dans son allo­cu­tion de la réso­lu­tion prise par le black-cau­cus et le con­gres améri­cain con­cer­nant la célébra­tion du Bi-cen­te­naire. Haïti est la pre­mière république noire indépen­dan­te de la planète. Cette lib­erté con­quise aux prix d'énormes sac­ri­fices par les esclaves qui ne voulaient plus rester sous le joug esclavagis­te. Elle est égale­ment porte- éten­dard dans la lut­te de libéra­tion des autres pays de l'Amérique latine en investis­sant ses ressources finan­cières, mil­i­taires et humaines dans le passé afin d'aider ses peu­ples à con­quérir leur lib­erté. Elle n'a pas oublié de men­tion­ner l'apport des haï­tiens en 1776 à Savan­nah quand les Améri­cains com­bat­taient les colons anglais pour leur indépen­dance.

Selon la réso­lu­tion lue par Mme Waters le black cau­cus et le con­gres amer­i­can s'engagent à tra­vailler à obtenir l'appui d'autres mem­bres en vue d'encourager tout un cha­cun à féliciter le peu­ple haï­tien pour avoir été le fer de lance de la lut­te pour les droits humains.

Un temps pour chaque chose a martelé le Roi

Au cours de la Céré­monie « HOMMAGE AUX ANCÊTRES » le cou­ple roy­al du Bén­in a fait l'éloge de la Paix com­me vecteur prin­ci­pal de tout développe­ment dans un pays. Haïti en a grande­ment besoin ont-il pré­cisé. En guise de respect dû aux Héros qui ont fait 1804, il est impérieux que la Nation Haï­ti­en­ne retrou­ve l'unité pou­vant déboucher sur une Paix durable, a martelé la Reine DJEHAMY

Quant au Roi Dgigla KPODÉGLE, il a mis l'accent sur la simil­i­tude entre l'Afrique du Sud et Haïti. Deux pays qui célèbrent cette année un dou­ble anniver­saire : Deux cents ans pour Haïti depuis la Procla­ma­tion de son Indépen­dance, sa vic­toire con­tre la tyran­nie et l'oppression et dix ans pour l'Afrique du Sud qui avait scel­lé en 1994 le sort de l'Apartheid.

Aujourd'hui per­son­ne ne peut nier l'importance de l'Afrique du Sud sur le Con­ti­nent Africain. La présence du prési­dent Sud-Africain à la Célébra­tion du Bicen­te­naire d'Haïti est d'importance gran­dis­sime. Le Prési­dent et le Peu­ple Haï­tien peu­vent s'estimer heureux de cette présence a souligné le Roi.

Il y a un temps pour chaque chose a martelé le Roi, qui est con­va­in­cu que le temps de la Paix vien­dra à coup sûr pour Haïti. Car tôt ou tard l'opposition fini­ra par répon­dre aux nom­breux appels au dia­logue, à la réc­on­cil­i­a­tion du Prési­dent de la République pour qu'enfin Haïti emprun­te la voie du Pro­grès a con­clu le Roi d'ALADA.

QUELLE EST LA POSITION DE MALAKI MA KONGO ?

Malaki ma Kon­go est avant tout une insti­tu­tion qui fait la pro­mo­tion des raci­nes de la cul­ture africaine pour ne pas par­ler de la défense de l’identité cul­turelle Kon­go en par­ti­c­ulier. Dès les orig­i­nes de sa révo­lu­tion, Haïti a revendiqué, la présence des indices cul­turelles Kon­go en son sein. Après analy­se nous nous sommes ren­du compte que la grande révo­lu­tion haï­ti­en­ne a eu pour sous basse­ment cul­turo-lin­guis­tique le créole mais aus­si le kikon­go. Pen­dant la céré­monie de Bois Caï­man, le créole et le kikon­go ont été les langues au tra­vers des quelles les hommes et les esprits se sont exprimés. Ain­si, la préoc­cu­pa­tion de tous les Ne Kon­go serait de savoir quelles peu­vent être, dans le temps et dans l’espace, les con­séquences de la man­i­fes­ta­tion de cette kon­go­nité lors des gémisse­ments de la révo­lu­tion haï­ti­en­ne? Haïti et sa révo­lu­tion ayant été le point propulseur de toutes les autres formes de libéra­tion du con­ti­nent améri­cain, est-il pos­si­ble de pré­ten­dre que cela n’ait eu d’incidence dans le temps ?

Avant de tir­er des leçons de ce glo­rieux passé, il nous parait impor­tant de dire qui a été le vrai vain­queur du der­bies qui oppose les néo esclavagis­tes (les Mulâtres et les bour­geois) con­tre les néo esclaves, les Noirs, ceux qui ne savent pas et qui n’ont pas le droit de savoir pourquoi meurent-ils à petit feu ?

Le plus grand vain­queur du Bicen­te­naire de Haïti n’est ni le prési­dent Aris­tide écartelé entre la réso­lu­tion des prob­lèmes économiques et la sauve­g­arde de sa peau con­tre des putschis­tes de tout hori­zon ; ni les opposants (intel­lectuels et les bour­geois noy­autés par les faux jus­ticiers du tiers mon­de, qui cri­ent à haute et intel­li­gi­ble voix jus­tice, respect des droits de l’homme, paix et démoc­ra­tie en HAITI, alors qu’ils ne sont pas capa­ble d’imposer ces mêmes élé­men­taires dans les pays d’Afrique où ils règ­nent en maître.

Le plus grand cham­pi­on du Bicen­te­naire c’est le peu­ple qui pour cette fois a refuser de faire le jeux de l’un ni de l’autre. Il est resté tran­quille et a vagué à ses pro­pres occu­pa­tions pen­dant que les Radio de Folie Inter­na­tionale inci­tait la rue à boire du sang. Le peu­ple a bouché ses oreilles com­me si en guise de répon­se il dis­ait :

-Pen­dant que vous les français étiez aux com­man­des de Haïti, notre sort était l’esclavage

-Quand vous autres bour­geois et faux intel­lectuels avez rem­placé les colons au trône, notre sort n’a presque pas changé d’un iota … du néo-esclavage qui ne dit pas son nom. Vous n’avez pas ouvert des écoles pour nos enfants. Nous avons tra­vail­lé dans vos maisons, six jours sur sept, 24 heures sur 24 pour à peine 15 ou 20 dol­lars U.S. par mois. Quand nous sommes malades vos hôpi­taux ne nous reçoivent pas ; n’eut été les raci­nes, les écorces, les feuilles et les pra­tiques du vodu, nous seri­ons tous morts et aujourd’hui que vos intérêts sont men­acés, vous osez vous adressez à nous pour nous deman­der de boy­cotter les fes­tiv­ités du Bicen­te­naire, renier l’un des actes les plus cher de l’histoire de l’Homme Noir ! Vous nous deman­dez de tourn­er le dos à Tou­s­saint Breda dit « Lou­ver­ture » com­me cela de mèche avec vos maîtres les colons, vous effac­erez tran­quille­ment les traces et les œuvres de nos héros dans l’histoire. En 1904 vous avez réus­sit à nous diver­tir mais pour cette fois nous dis­ons NON, 7 fois NON, 77 fois NON, les mar­rons libérés ne rede­vien­dront plus jamais esclaves. Quand à tous les autres enjeux poli­tiques sur 365 jours que compte l’année, nous vous en con­cé­dons 364 pour poli­tis­er, Le 365e­me appar­tient à TOUSSAINT pour L’OUVERTURE des NOIR vers LA PAIX LA DEMOCRATIE ET LE DEVELOPPEMENT.

Pour notre part MALAKI MA KONGO se félicite de pou­voir témoign­er de ce grand der­bies qui ne se passe qu’une fois le siè­cle. Cinq siè­cles de duel entre esclavagis­tes et esclaves. Ce com­bat se traduit ce jour en con­fronta­tion entre bour­geois, appren­tis politi­ciens, pseudo intel­lectuels con­tre les néo esclaves, ceux qui ont tort d’avoir en pre­mier exigé leur indépen­dance au prix du sang et de mille et une souf­france, le peu­ple haï­tien. Aujourd’hui les anciens colons sont accusés par leurs paires d’avoir favorisé ce cli­mat lib­ert­in qui a empoi­son­né toute la région, ser­vant de base de repli et de lance­ment à tout mou­ve­ment de libéra­tion du con­ti­nent. Ain­si la France se voit oblig­ée de tuer la poule aux œufs de indépen­dance. Cette poule s’exprime en deux langue : créole et kikon­go. IL ont résolu de l’embrigader, l’isoler, la déplumer, la décapiter, l’appauvrir, la cul­pa­bilis­er, l’acculturer… la bap­tis­er : Con­gos et non KONGO. En Guade­loupe Con­gos qui avant 1804 sig­nifi­ait bon et grand tra­vailleur est après cette dat­te fatidique, syn­onyme de moins qu’un chien.

En 1904 au lieu de fêter le cen­te­naire de indépen­dance, ce sont les bruits de bottes, les coups de feu et la ter­reur qui a régné à Port au Prince. C’est ce qui explique la cabale médi­a­tique de 2004 qui a ter­ror­isé le mon­de et a empêché les africains et les hommes épris de lib­erté à se ren­dre à la fête de la libéra­tion de l’esclave. Toutes les con­di­tions étaient réu­nies pour que cette cabale se ter­min­er dans un bain de sang si l’Afrique du Sud de Man­de­la ne s’y était inter­posé. Cer­tains com­pa­tri­otes africains et toute la classe dirigean­te du con­ti­nent Noir se sont fait pren­dre dans un piège ten­du il y’a deux cent ans par Napoléon Bona­parte et ses descen­dants. Pour ceux qui doutent de la vérac­ité de nos pro­pos, Malaki ma Kon­go vous fixe ren­dez-vous en 2104, pour assis­ter à la répéti­tion du film de la cabale de 2004 et 1904. Nous sommes con­scients du fait que ceux qui n’ont eu la chance de vis­iter les vil­lages et hameaux des nègres mar­rons des Caraïbes, ceux qui n’ont pas touché du doigt la mis­ère des néo esclaves éprou­veraient des dif­fi­cultés à détecter le pot aux ros­es.

Qu’aurait représen­té la CELEBRATION OU NON du bicen­te­naire de l’indépendance de la pre­mière république noire ?

L’échec du bicen­te­naire aurait anni­hiler tous les efforts de mou­ve­ments de libéra­tion des pays Noirs. La cabale médi­a­tique aurait trou­vé d’autres mots pour nous faire admet­tre que l’Homme Noir n’est pas capa­ble de sauve­g­arder ces acquis.

Ce n’est pas le pou­voir du Prési­dent Aris­tide qui en aurait souf­fert, dans tous les cas sa con­di­tion, pour ou con­tre le bicen­te­naire, n’aurait changé en rien la sit­u­a­tion des Noirs. Et les néo esclavagis­tes ne sont en aucun cas prêts à amélior­er la con­di­tion de leurs esclaves car le sys­tème est fait de manière que leur exis­tence dépend de la sueur et du sang de leurs esclaves. C’est la même chose à Saint Domingues, les Noirs donc les haï­tiens tra­vail­lent dans les champs de can­nes com­me des forcenés pour gag­n­er 20 peso par jour alors que le plat dans les restau­rants de la cité coû­tent 50 peso. C’est une sit­u­a­tion dra­ma­tique bien con­nue des autorités des deux pays et pour­tant ils n’osent pas en par­ler. Les Noirs haï­tiens qui tra­vail­lent dans les champs de San­to Domin­go ne savent pas que Tou­s­saint Lou­ver­ture a existé. Ils vivent encore com­me au XVII eme siè­cle. Leurs maîtres ont droit de vie ou de mort sur eux sans qu’aucun hom­me poli­tique ne s’en occu­pe.

Moins le peu­ple est con­scient de ses droits et de son his­toire mieux cela vaut pour l’asservir. Com­ment peut-on expli­quer la cohab­i­ta­tion entre des gens extrême­ment rich­es et des gens dont la qual­ité de la vie est pire que le mot pau­vreté. Com­ment peut-on pay­er les ser­vices d’un mois de tra­vail d’un père de famille, le prix d’une tasse de thé dans un restau­rant de Port au Prince, et vous pensez qu’une fois au pou­voir ces bour­geois vont com­me par mir­a­cle changé ? Il faut avant tout les vac­cin­er con­tre le virus de l’esclavagisme.

Si les Ne Kon­go étaient intel­li­gents, ils pour­raient nous dire si vrai ou faux les brimades dont ils sont vic­times en poli­tique ; le fait qu’on les refuse la ges­tion de leurs ter­res a quelque chose de com­mun avec le fait que la révo­lu­tion haï­ti­en­ne qui a libéré l’Homme Noir s’est faite en langue kikon­go ?

Mer­ci papa Man­de­la, pour nous avoir envoyé un de vos lieu­tenants, Tabo Mbeki qui a per­mis à l’Homme Noir de dire : enfin je suis LIBRE.

« 365 jours de réflex­ion

sur la vie et l’œuvre de

Tou­s­saint Lou­ver­ture »

C’est le pro­gram­me annuel de MALAKI MA KONGO 2004 lancé le

ven­dredi 09 jan­vier 2004 à SANTO DOMINGO, dont voici l’affiche en langue espag­nole

INDENPENDENCIA HAITIANA, PRIMERA

REPUBLICA NEGRA LA EMISORAHERITAGE

DE LA TELERADIO AMERICA (RADIO DOS) Y

LA ASOCIACION DE LAS RAICES CULTURALES

AFRICANAS MALAKI MA KONGOEN

COLABORACION CON EL CENTRO CULTURAL

DOMINICO HAITIANO (CCDH)

Pre­sen­ta

El Tri­con­ti­nen­tal

Malaki Ma Kon­go

REFLEXION SOBRE LA VIDA DE

“Tou­s­saint Lou­ver­ture »

Una Jor­nada Cul­tur­al con los Gru­pos

  • Los Con­gos de Vil­la Mel­la
  • Marabou Danse, Exposi­ción
  • Poesía, Teatro del Reino de
  • Kon­go « de Kon­go a Con­go »

09 de Enero 2004-01-21

a par­tir de las 8:00 pm

Restau­rant COCO’S

Av. George Wash­ing­ton 507

San­to Domin­go

Con­stru­it en forme péristyle (tem­ple vodu) le restau­rant COCO’S a vibré pour sa pre­mière au ryth­me de son orig­i­nal­ité. Ce soir du 09 jan­vier, il était plein de mon­de et la poésie bat­tait son plein.

Menée de main de maître par une fem­me haï­ti­en­ne Love­ly Antoine. Forte, puis­san­te, on aurait dit qu’elle était pos­sédé par l’esprit de Céline Fati­ma la fem­me kon­go de la céré­monie de Bois Caï­man, une vraie lion­ne… Par sa voix Love­ly dévas­tait, dépouil­lait… déboulon­nait des têtes des nègres toutes les pesan­teurs de com­plexe d’infériorité incrustée depuis cinq siè­cles d’assujettissement… A coté de ce phénomène, deux jeunes poètes dont un de San­to Domin­go, Glaimes et l’autre d’Haïti. Une autre poésie venue d’Afrique Ndozi de Muan­ga Sen­g­ha a été dite par Masen­go ma Mbon­golo en langue Kikon­go, avant de clô­tur­er cette série avec « Sois le meilleur quoi que tu sois » de Mar­t­in Luther King.

Juste après la José­fi­na présen­ta le groupe San­to Spir­i­tos Los Con­gos de Vil­la Mel­la qui nous a sur­pris avec le ryth­me et la danse des Kon­go de San­to Domin­go. Le groupe haï­tien Marabou Danse de Cedon Frizt­ner nous a fait revivre les mou­ve­ments choré­graphiques du vodu que la danseuse pro­fes­sion­nel Nahama a fraîche­ment ramené de Port au Prince. Le clou de la soirée était la pièce de théâtre « De Kon­go à Con­gos » présen­tée par le Théâtre Royale Kon­go Dia Ntotéla. La soirée s’est pour­suiv­ie avec la musique africaine et afro caribéen­nes. Puis il y’eut un break de quelques min­utes et notre cher Hougan (prêtre du vodu) Elien Isac « Le fils de papa Loko » est ren­tré en scène. D’un air timide et pour­tant déter­miné il a dit qu’il était hougan, prêtre du vodu : « Sur le mon­de du vodu com­mença-t-il il se dit beau­coup de choses. Cer­tains dis­ent même que nous sommes anthro­pophages et pour­tant c’est nous qui à base des raci­nes, des feuilles, des écorces et de tous les secrets que nous détenons de nos ancêtres redonnons con­fi­ance, espoir et vie aux familles. Je ne nie pas qu’il exis­te d’autres gens qui utilisent ces forces pour faire du mal, mais cela est chose couran­te dans le sys­tème de tous les pou­voirs. Aujourd’hui, j’aimerai vous dire que nous les vodouisant sommes réu­nis dans une asso­ci­a­tion dénom­mée Vodu Sans Fron­tière où nous nous bat­tons pour dans les média, avec le pou­voir pub­lic pour pos­i­tiver notre action, pour soign­er le mon­de con­tre toute les mal­adies surtout le SIDA ce Fléau de cette fin de siè­cle. Notre mes­sage est clair à tous les vodouisants : Le Sida est une réal­ité et si vous voulez être sauvé il n’y a que trois solu­tion :

  • absti­nence sex­uelle,
  • fidél­ité
  • l’utilisation des préser­vat­ifs.

De cette manière tous ensem­ble au prochain tri­cen­te­naire de Haïti nous diri­ons Ayi Bobo Haïti.

Son mes­sage a été beau­coup applaudi. La pièce de théâtre a s’étalé une page de 8000 ans d’histoire de la Nation Nègre, d’Osiris à nos jours. Ceux qui y’ont prix part n’ont pas seule­ment com­pris le mou­ve­ment migra­toire des Ne Kon­go de l’Egypte à Port au Prince via Mban­za Kon­go, mais ont aujourd’hui com­pris l’origine et la sig­ni­fi­ca­tion des mots : Afrique, Zulu, Zam­bie, Kon­go, Mali, Séné­gal, Guinée, Egypte, Ethiopie…

Michelet Gérôme, un haï­tien intéressé à la cul­ture nous a livré ses impres­sions au sor­tir de cette soirée cul­turelle :

« Il n’y a pas un vocab­u­laire humain pour expli­quer ce qui vient d’arriver…C’est fan­tas­tique, spec­tac­u­laire ! C’est mer­veilleux ! C’est tout …

On a besoin de ce gen­re de chose encore. Il faut faire répéter ce gen­re de chose pour pou­voir faire con­naître la cul­ture haï­ti­en­ne partout dans le mon­de. C’est pourquoi je tiens à met­tre sur pied une organ­i­sa­tion du même gen­re, du même acabit AFRICALA. Ce serait la ren­con­tre de l’Afrique, des Caraïbes et de l’Amérique Latine. Je crois que nous devions faire con­naître égale­ment en Afrique les belles choses qui vien­nent de se passer ce soir. Je crois que nous promet­tons de nous ren­dre en Afrique et surtout au Con­go pour faire savoir au con­go­lais ce que s’est que la cul­ture haï­ti­en­ne. Ce mir­a­cle humain que nous avons réal­isé en 1804. Nous voulons émer­veiller le mon­de par notre cul­ture.

Enfin, avant de quit­ter l’île, Malaki ma Kon­go et Malaki ma Kon­go Haiti ont été reçus par sa majesté Six­to Menier le Roi Kon­go de la République de Saint Domingue. La fête était grandiose, la cours de Los Spir­i­to San­to Los Con­gos était pleine et le Roi de Los Con­gos en nous remer­ciant a dit : Son rêve est de vis­iter le sol de ces ancêtres avant de mourir. Il attend du Con­go juste une invi­ta­tion.

Musi Kahun­ga
Mua­na Nsundi
Masen­go ma Mbon­golo
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