2005

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XIVème Edi­tion

Kimpete minini ngola « Du jamais vu »

Malaki ma Kon­go

Malaki ma Kon­go 2005 s’est déroulé les 19, 20 & 21 août 2005 sous le haut Patron­age de La Mairie de Pointe Noire, en col­lab­o­ra­tion avec la Direc­tion Départe­men­tale de la Cul­ture et Des Arts du Kouilou, sous le thème «300 ans moins 1, Kim­pa Mvi­ta, sa vision de l’espace Kon­go». Le lieu choisi était le Lycée de MPAKA et l’entrée reve­nait à une dame-jean­ne de Ntsam­ba pour les adul­tes et une cale­basse de Ntsam­ba pour les enfants. Evide­ment le lycée n’ayant pas de clô­ture, il reve­nait au gré de chaque spec­ta­teur d‘offrir le fun­du (l’offrande) qu’il avait prévu don­ner au Malaki.

Nzinzi la cap­i­tale du Loan­go a vibré du 19 au 21 août 2005 aux rythmes, sons et couleurs des fes­tiv­ités pour la renais­sance des raci­nes de la cul­ture africaine le Fes­ti­val Tri­con­ti­nen­tal Malaki ma Kon­go. Il nous faut avant tout pré­cis­er que les fes­tiv­ités se sont déroulées au Lycée de Mpaka. Le quartier de Mpaka dis­ent cer­tains pon­tené­grins, est un no man’s land et les autres sou­ti­en­nent que ce quartier est la cité de Lucifer en per­son­ne et lors des matchs de foot­ball, l’homogénéité avec laque­lle le pub­lic enton­ne leur chant fétiche, «muntu wu fua ku », «muntu wu fua ku » nous rap­pelle Les Dia­blotins sim­ba ntsakaleurs des quartiers Bacon­go et Makelekele de Braz­zav­ille.

Oh ! Plus de peur que de mal, com­me des bre­bis égarées qui ont enfin retrou­vé la voix de leur maître, le pub­lic répondait en chœur :

Mafri yi

Yii­i­i­i­i­i­i­i­i­i­ii !!!!!!!!!!!!

 

Wu ba huna !

We na meso!

 

Mfu­mu na mfu­mu!

Ngan­ga na ngan­ga

 

Ngan­ga na ngan­ga

Mfu­mu na mfu­mu!

 

Shi­i­i­i­i­i­i­i­i­ii!!!!!!!!

Yabika!

Le pub­lic était telle­ment acca­paré par la beauté des spec­ta­cles qu’il prê­tait à peine atten­tion au véhicule de ESPOIR (ser­vice de police) qui de temps en temps fai­sait la ron­de, pour rap­pel­er le pub­lic à l’ordre. Coup de cha­peau aux Mpakalais et Mpakalaise. De mémoire d’artiste je n’ai pas encore ren­con­tré un pub­lic aus­si docile et dis­ci­pliné com­me celui de Mpaka. Imag­inez que trois nuits de suite, cinq à dix mille per­son­nes se soient regroupées dans un espace aus­si ouvert que le Lycée de Mpaka jusqu’à très tard dans la nuit, deux à trois heures du mat­in et que rien de fâcheux ne se soit pro­duit. Même lors des moments les plus bas des spec­ta­cles, le pub­lic est resté patient, ordon­né… Ce qui a fait dire à un respon­s­able de quartier : « depuis que Mpaka exis­te, c’est la pre­mière fois qu’une man­i­fes­ta­tion cul­turelle drainant autant de mon­de a sat­is­fait le pub­lic dans son ensem­ble. Le pub­lic dont l’age vari­ait entre 5 à 75 ans y a trou­vé son compte. Et au mat­in du 22 août, vers 11 heures, mon­sieur Bayakissa, Pro­viseur du Lycée de Mpaka qui est venu pour con­stater les dégâts, que nous red­outions tous. Il n’a eu aucun mot à dire puisque la cours de son étab­lisse­ment sco­laire était plus pro­pre qu’avant les fes­tiv­ités.

Jeudi 18 août 05 au siège de la Mutuelle Ethique de Développe­ment Respon­s­able Malaki Devel­op­ment s’est tenu le point de presse sur la XIVe­me édi­tion Malaki ma Kon­go sis avenue Petite Suis­se situé à 100m du PSP de Mpaka 120 à Pointe Noire. Au début, la présence des jour­nal­is­tes était timide, bien que cer­tains incon­di­tion­nels du Malaki ma Kon­go étaient présents 30mn avant le début de la céré­monie. C’est par une liba­tion que le Coor­di­na­teur Général de Malaki ma Kon­go Masen­go ma Mbon­golo ouvre la séance. Ver­sant du vin de palm et psalmodi­ant de la cola dans tous les qua­tre coins de la par­celle, il s’est adressé aux man­nes de Kon­go dia Ntote­la dans ce sens :

« Oh man­nes et esprit de Kon­go dia Ntote­la!

Bisim­bi bia maza,

Bisim­bi bia tiya,

Bisim­bi bia mupepe,

Per­me­t­tez, que je vien­ne à vous pour

vous prier de guider les pas inau­gu­raux de

Malaki ka Kon­go dans les Pays Loan­go.

Muté ngunu, MuLao ngunu, Mukuo ngonu

Beto bon­so nkak’muek .

Ôh man­nes et esprit de Kon­go dia Ntote­la!

Bisim­bi bia maza,

Bisim­bi bia tiya,

Bisim­bi bia mupepe,

Malaki ma Kon­go c’est entr­er en com­mu­nion

avec nous ancêtres

pour dire aux petits fils de nos petits fils

ce que les par­ents de nos par­ents ont vécu.

C’est donc sur les ter­res de ses ancêtres que Masen­go sol­licite le sou­tien de ces derniers pour que Malaki ma Kon­go se tien­ne dans le Loan­go dans la paix, la fra­ter­nité, l’équité…pour ne pas dire en toute kon­go­nité. Prière touchez les cœurs de tous les fes­ti­va­liers et surtout les spec­ta­teurs, dit-il, pour que tous soient sen­si­bles à notre mes­sage de paix, de fra­ter­nité, de sol­i­dar­ité et que tout le mon­de ren­tre chez soit tel qu’il est arrivé ici.

Puis s’adressant à la presse il a dit que Malaki ma Kon­go dans le Nzinzi, cap­i­tale du Roy­aume Loan­go, l’actuel Pointe Noire (Pun­ta Negra) ou plutôt (Cote des esclaves) revêt une impor­tance cap­i­tale dans l’évolution de Malaki ma Kon­go. Pun­ta Negra (Pointe Noire) est la dernière image des ter­res Kon­go qui est restée incrustée dans la mémoire de mil­lions de nos frères et sœurs arrachés de force de leur mère patrie. Organ­is­er, un Malaki sous, le thème : 300 ans moins 1, Mama Kim­pa Mvi­ta, sa vision de l’espace Kon­go, dans ces lieux a une dou­ble sig­ni­fi­ca­tion. C’est avant tout un his­torique devoir de mémoire, mais aus­si, nous voulons pré­par­er les con­go­lais à recevoir dans les temps futurs leurs frères d’outre Atlan­tique. Masen­go ma Mbon­golo a souligné le fait que 10 ans de tra­vail avec les CONGOS des Antilles Caraïbes, car c’est com­me cela que on appelle les Noirs panafrican­is­tes de l’autre rive de l’Atlantique, lui per­me­t­tent d’affirmer que si les con­go­lais baig­nent dans l’oubli, ceux qui sont par­tis n’ont eu aucune sec­on­de de répit. Leurs pen­sées et rêves c’est de revenir, même une fois de leur vie, sur la ter­re de leur ancêtres. C’est pour eux un défi con­tre la logique de l’esclavage.

C’est dans cette optique qu’il faut situer les coti­sa­tions de 2000$Us cha­cun qu’ont fait les haï­tiens (l’un des Etats le plus pau­vre du mon­de) pour venir à Malaki ma Kon­go. Dom­mage qu’ils doivent passer par les USA et ils sont jusqu’à présent blo­qués par un prob­lème de visa. Nous espérons que d’ici la fin de l’année, ils seront à nos murs.

Après ces mots intro­duc­tifs, Kaly Dia­tou, prési­dent de Malaki ma Kon­go dans le Kouilou, a présen­té le pro­gram­me défini­tif de Malaki 2005 au Kouilou. Puis, les jour­nal­is­tes ont posé quelques ques­tions d’éclaircissement… Ha ! J’allais oublier de dire que l’apero fait de nsam­ba et de makazu sans oublier les nzo za nun­gu, bat­tait son plein.

Le pro­gram­me des activ­ités cul­turelles était riche et les sur­pris­es fai­saient bien par­ties du jeu. Avant les fes­tiv­ités pro­pre­ment dites, un point de presse avait été fait la veille. Com­me de cou­tume le groupe de jour­nal­is­te venu était con­sti­tué d’amis, les autres, exigeant du « madesso ya bana » n’ont pu être de la par­tie mais ceux qui sont venus ne l’ont pas regret­té. Au-delà de la dimen­sion intel­lectuelle que revê­tait la man­i­fes­ta­tion, il fal­lait compter aus­si avec la part ani­mis­to-cul­turel com­me aime bien les associer le Malaki. Ne dit-on pas chez nous :

« Mfu­mu na mfu­mu!

Ngan­ga na ngan­ga ! »

Malaki ma Kon­go 2005

« Petit à petit Kongo refait son nid »

Le ven­dredi 21 août 2005, à 15h30m pré­cis­es le Directeur Départe­men­tal de la Cul­ture et des Arts au Kouilou était déjà dans les lieux et les fes­tiv­ités avaient bel et bien com­mencé. Durant toute la man­i­fes­ta­tion l’accent était mis sur la recon­nec­tion du Malaki ma Kon­go avec les gar­di­ens des raci­nes cul­turelles de Kon­go dia Ntote­la et par­ti­c­ulière­ment des pays du Loan­go, au tra­vers de la présence audit Malaki des ensem­bles tra­di­tion­nels et les sages du Kouilou. Le pro­gram­me s’est étalé sur trois jours, ven­dredi, samedi, dimanche. Le théâtre, la poésie, pro­jec­tion de film doc­u­men­taire, ani­ma­tion cul­turelle, présen­ta­tion des livres de chez nous (pro­duit par Malaki), con­cours de jeunes poètes, con­férence, tombo­la, etc.…

Pen­dant tous les trois jours, le pub­lic a été non seule­ment nom­breux, fidèle aux ren­dez-vous, mais aus­si dis­ci­pliné. Aujourd’hui, il ne cesse de nous inter­peller, à tout bout de champs. Dans les rues les enfants nous index­ent pour les avoir ôter le goût inédit de com­mu­nier, jour­nal­ière ment avec leurs ancêtres ; cer­tains d’entre eux venaient juste de se ren­dre compte de l’existence d’un véri­ta­ble fes­ti­val made in Africa, que déjà cela s’arrêtait.

Pour les adul­tes, leur inquié­tude est celle de savoir si Malaki s’installait défini­tive­ment dans le Nzinzi, ou, ce n’était qu’un pose tech­nique, le temps de con­tin­uer son chem­in… pour Mban­za Kon­go.

Dans son dis­cours offi­ciel, mon­sieur Albert Kim­bouala, le Directeur Départe­men­tal de la Cul­ture et des Arts au Kouilou a loué l’initiative de l’organisation d’un évène­ment cul­turel, d’aussi grande enver­gure, dans une zone périphérique de la cap­i­tale économique du Con­go. Très sou­vent les acteurs cul­turels con­go­lais préfèrent le cen­tre ville. Et tous savons que dans ces grandes salles lux­ueuses, le pub­lic en sort la tête aus­si vide qu’il en est ren­tré, parce que la struc­ture et le cli­mat des­dites salles sont faits qu’elles soient plutôt de lieu de dis­trac­tion, d’évasion que de lieux d’éducation… Or, je sens que les lieux qui abri­tent ce fes­ti­val le Lycée de Mpaka, pour ne pas le citer, seront désor­mais un grand Mbongui, un cen­tre d’éducation pour tous. Il a aus­si hon­oré et félic­ité les ensem­bles tra­di­tion­nels qui ont répon­du nom­breux à l’appel de Malaki ma Kon­go, sans exiger un cachet, des titres de trans­port ou tout autre tralala auquel ils ont été habitués. Il a ajouté pour clore son dis­cours que sa direc­tion ne ménagerait aucun effort pour soutenir les ini­tia­tives de la sorte. Enfin tous les com­pli­ments à Letizia Farisato qui a représen­té Malaki ma Kon­go Ital­ie à ce grand rassem­ble­ment, à tata Masen­go ma Mbon­golo et à tout le comité d’organisation.

Malaki 2005 était aus­si l’occasion de présen­ter les livres de chez nous, c'est-à-dire des livres pro­duits par nous-mêmes sans influ­ence étrangère ni dic­tat économique d’un pays ou d’une puis­sance tiers. De même, la logique his­torique qui a guidé nos écrivains n’a souf­fert d’aucune pesan­teur économique des sys­tèmes esclavagis­tes, colo­nial ou poste colo­nial…

« Le Phénix de Kon­go dia Ntote­la » de Zun­ga B. Jean Claude, « Le Vau­dou Haï­tien vu avec les Yeux d’un Kon­go d’Afrique » de Masen­go comptent parmi nos meilleures nou­velles pro­duc­tions. Par­lant du dernier livre, Rubens Kinke­la, un con­frère de la presse con­go­laise a dit : « C’est un chef d’œuvre qui dépasse au loin la valeur d’une thèse de doc­tor­at ». En effet cela a valu près de dix ans d’étude et de nom­breux voy­ages menés de l’espace Kon­go jusqu’aux Antilles-Caraibes (Guade­loupe, Haïti, Saint Domingue) pour rechercher les faits, gestes, paroles, chants, légen­des, mou­ve­ments religieux et faits his­tori­co poli­tiques que l’on peut cat­a­loguer com­me orig­i­naire de l’espace cul­turel Kon­go si ce n’est de l’Afrique cen­trale. Ces écrits sont appuyés par des doc­u­men­taires vidéo réal­isés de part et d’autre de l’Atlantique par l’Association Malaki ma Kon­go dont les titres les plus demandés sont : « Malaki ma Kon­go dans le fief du vau­dou haï­tien », « Le Bicen­te­naire de Haïti », « Malaki Tri­con­ti­nen­tal », « Les Kon­go de San­to Domin­go », « Retour au Con­go », etc.…

La soirée de samedi 20 août a con­nu une par­tic­i­pa­tion du pub­lic plus grande que celle des autres jours et les artis­tes n'ont pas démérité. Tous a com­mencé avec la table ron­de tant atten­due par les ensem­bles tra­di­tion­nels, inti­t­ulée: " Cul­ture, art et touris­me: les chances des ensem­bles tra­di­tion­nels du Kouilou ". Mr Gas­ton Bite­mo et Mr Alphon­se Mantsan­ga ont attiré l'attention des ensem­bles tra­di­tion­nels quant aux défis du XXIeme siè­cle aux quels devraient faire face nos ensem­bles tra­di­tion­nels. Ils les ont édi­fiés sur la coopéra­tion décen­tral­isée. Une nou­velles formes de rela­tions cul­turelles inter­na­tionales dont les par­ti­c­uliers, les ensem­bles tra­di­tion­nels devraient eux-mêmes être les maîtres de leur des­tiné. Il leur reve­nait de savoir pren­dre les con­tacts avec le mon­de extérieur, s'assurer de leur capac­ité de mobil­ité dans l'espace inter­na­tion­al. L'Etat ne serait dans ce cas qu'un organe régu­la­teur. Le man­age­ment cul­turel adap­té à l’échelle des­dits ensem­bles tra­di­tion­nels est une étape incon­tourn­able. Il revient auxdits ensem­bles tra­di­tion­nels de savoir ce qu’ils veu­lent exacte­ment. La Direc­tion Départe­men­tal de la Cul­ture et des Arts au Kouilou ne ferait que se pli­er aux besoins des ensem­bles tra­di­tion­nels… Mais faudrait-il qu’eux-mêmes sachent ce qu’ils veu­lent. En fait que savent-ils des cir­cuits des rela­tions inter­na­tionales cul­turelles dans le domaine folk­loris­tique? La balle est donc lancé du coté des ensem­bles tra­di­tion­nels pour se réu­nir et aller réclamer auprès des autorités cul­turelles du Kouilou un sémi­naire ou un stage de man­age­ment cul­turel adap­té à l’échelle des ensem­bles tra­di­tion­nels. L’Association Malaki ma Kon­go estime que les ensem­bles tra­di­tion­nels du Kouilou ne lâcheront pas cette oppor­tu­nité que leurs don­ne les autorités cul­turelles du Kouilou.

La con­férence a été suiv­ie du con­cours des jeunes poètes chan­son­niers. Les jeunes de tout hori­zons et sans dis­tinc­tion de sexe se sont exprimés et le jury com­me le pub­lic a eu le temps de les apprécier. Déjà au soir de ce samedi 20 août, un con­sen­sus sem­blait se dégager autour d’Ami Flo­re, un fau­ve de la musique con­go­laise. Une jeune fem­me dont la poliomyélite a privé de moyens de loco­mo­tion inférieurs. Elle n’a pas eu d’égale.

« Ne voyez pas mes pieds mais con­tentez-vous de ce qui sort de ma bouche…» dit-elle «C’est la volon­té de Dieu tout Puis­sant qui s’exprime par mon être. Il me con­naît et il con­naît bien cette voix car c’est Ta Ma Mpun­gu lui-même qui me la don­ner. Le jury com­me le pub­lic ne se sont pas trompés. Ami Flo­re a été la MEILLEURE !!!

Juste après nous avons repro­posé le film doc­u­men­taire : « Le Con­go com­me on ne nous l’a jamais présen­té » un film doc­u­men­taire tourné l’an dernier à Kin­shasa et à Braz­zav­ille, lors du Malaki 2004. Il a été repro­posée au pub­lic avec du matériel plus per­for­mant, car la veille, le pro­jecteur vidéo que nous avons loué dans le quartier était d’une qual­ité médiocre. Ce qui a empêché la présen­ta­tion de la pièce de théâtre De Kon­go à Con­go. La soirée s’est ter­minée très tard avec la par­tic­i­pa­tion des comé­di­en et pote de la place.

Le dimanche 21 août 2005, l’organisation était talon­née par la présence aux lieux des fes­tiv­ités une heure plus tôt de mon­sieur Frédéric Mpam­bou, un des phénomè­nes qui ont mar­qué l’histoire de la cul­ture au Con­go et plus par­ti­c­ulière­ment dans la Région du Kouilou.

-Tata Masen­go, à Mpaka, nous as-t-il con­fié avec son sourire légendaire, je préfère com­mencer tôt que tard (rire) … Je suis en bon­ne com­pag­nie, ajouta-t-il tapotant à l’épaule son fidèle com­pagnon Alphon­se Mantsan­ga Prési­dent du CRETK qui pre­nait soin de lui dans une buvet­te du quartier.

Avec un léger retard, la man­i­fes­ta­tion a débuté avec la con­férence inti­t­ulée: « Les pre­miers pas de Malaki Développe­ment dans le Kouilou » don­née par Madame Bahezi ba Nta­lani direc­trice de la Mutuelle Ethique Malaki Devel­op­ment, qui est une mutuelle de sol­i­dar­ité avec les jeunes filles mères où elles appren­nent d’une part la cou­ture et de l’autre les base d’une ges­tion respon­s­able de leur exis­tence. Ma Bahezi nous a présen­té les hauts et les bas de leurs entre­pris­es. C’est du volon­tari­at pure et sim­ple et notre grand plaisir, dis­ait-elle, est de voir que dans le quartier, il y’ait des gens de bon sens qui nous accor­dent leur temps, leurs oreilles et leurs mains et surtout ils nous con­fient leurs jeunes filles et soeurs.

La sec­on­de con­férence a été don­né par Mr Frédéric Mpam­bou et elle por­tait sur un thème très actuel : « 300 ans moins 1, Mama Kim­pa Mvi­ta, sa vision de l’espace Kon­go ». Atten­tive­ment le pub­lic a suivi les menus méan­dres de la vie et l’œuvre de Mama Kim­pa Mvi­ta. Tata Mpam­bou a exhorté la jeunesse à s’auto pren­dre en charge ; à se passer de la logique atten­tis­te des années passées et à pren­dre pour exem­ple cette jeune fille de 22 ans, Mama Kim­pa qui est devenu l’image de son épo­que et des généra­tions à venir. Mon­sieur F. Mpam­bou a aus­si insisté sur l’œuvre, com­bi­en grand de Tata Masen­go ma Mbon­golo.

Je suis dou­ble­ment fier, dis­ait-il, de pren­dre part à ce grand évène­ment cul­turel et unique en son gen­re qu’est le Fes­ti­val Tri­con­ti­nen­tal Malaki ma Kon­go. Dou­ble­ment pour avoir pris part à la nais­sance du Malaki ma Kon­go en 1991 où avec mes frères Jean Bosco Mpanki­ma et Auguste Mia­beto, nous avons présen­té une con­férence sur « Les roy­aumes d’avant le Con­go » et 15 ans aujourd’hui que s’initie le Malaki dans le Kouilou, je suis invité de par­ler d’un per­son­nage aus­si illus­tre que Mama Kim­pa MVi­ta.

En ter­me prix :

  • -il y’a eu des prix spé­ci­aux ont été remis aux deux plus jeunes artis­tes de Bala ba Con­go et Tchikumbi, à Mas­sein Ton­ton pour la qual­ité des ban­deroles et à Patrick Pethas pour l’éclairage.
  • -Le Prix Mama Kim­pa Mvi­ta 2005 a été gag­né par Ami Flo­re. Ce prix lui don­ne la pos­si­bil­ité de s’offrir un doc­u­men­taire vidéo réal­isé par Malaki Pro­duc­tion
  • -Le Grand Prix Malaki ma Kon­go 2005, qui est une vidéo caméra dig­i­tal « les ultimes mini caméra semi pro­fes­sion­nel de mar­que Sony.

Com­me il y’a quinze ans, nous avons voulu clore le fes­ti­val dans le style Malaki, en allumant le Bûcher Malaki ma Kon­go, alors c’est com­me si nous avons jeté de l’huile au feu. Les artis­tes nous ont présen­tés une véri­ta­ble ker­messe made in Kon­go. Spec­ta­cle inédit inspiré de la riche tra­di­tion du ter­roir. Oui, ils nous ont fait vivre, boire, manger, par­ler com­me au bon vieux temps de la vir­ginité cul­turelle, celle d’avant les Por­tu­gais. Courir le temps à rec­u­lant et se sou­venir du Ngo­ma ya Kon­go, le tam­bour de fête qui accom­pa­g­nait les champs des gril­lons et la fan­fare des grenouilles pour exciter la danse noc­turne des engoulevents.

Entre autre, la tombo­la bat­tait son plein, c’était l’occasion de partager au grand pub­lic tout le matériel sco­laire que nous avait remis l’Association Bam­bini del deser­to ou Asso­ci­a­tion Enfants du Desert (carta­bles, cahiers, et de quoi écrire). Les livres remis par Ste­fa­nia Sped­er­sini, ont aus­si trou­vé des lecteurs. Le Directeur de l’action lut­te con­tre le Sida Jean Pier­re Nkouen­dolo a aus­si apporté une pier­re à l’édifice de Malaki ma Kon­go 2005 en dis­tribuant gra­tu­ite­ment près des préser­vat­ifs au pub­lic. La soirée s’est achevé avec une grande ani­ma­tion des poètes et comé­di­ens com­me Nestor Mabi­ala, Masen­go ma Mbon­golo, Kaly Diatou…des ensem­bles tra­di­tion­nels, Yin­du­la, Zolo-Kiyengi, Ntsi-Ban­tou, Mbongui-Ban­tou, Nkem­bo-Louninguis­sa, GAMUZ, Songa-Zola, Bala ba Kon­go, Tchikumbi-Li-Kouilou, Bal­let Lion­ceau, Kilo­m­bo kia Mpala, Kotuka Tu Moka, Per­cus­sions C .C .E . de Mpaka.

Nos remer­ciements sont adressés à la Direc­tion Départe­men­tale de la Cul­ture et des Arts au Kouilou, au Cen­tre des Civil­i­sa­tions Loan­go, à la Radio Océan, Radio Con­go Pointe Noire, au CRETK, au Groupe PETHAS, aux artis­tes et ensem­bles tra­di­tion­nels du Kouilou, à Malaki Développe­ment de Pointe Noire, à la Direc­tion Départe­men­tale de l’Enseignement au Kouilou, au Lycée de Mpaka.

Le Fes­ti­val Tri­con­ti­nen­tal MALAKI MA KONGO 2005 sec­tion Afrique dans le Nzinzi (Pointe Noire) c’était le retour aux orig­i­nes par la magie du théâtre : feu de camp, choeur des tam­bours, roule­ment des son­nailles, heurt des grelots pour que la vie elle-même se gig­ote et tour­bil­lon­ne dans une transe incon­nue, la valse fréné­tique des nègres sous la nuit luci­olée. Nous avons vécu tout cela en dégus­tant du biyoki, la bière de can­ne et d’ananas, le mbu­lu et le ntsam­ba, le tout assaison­né de kola, de poivre en grain, et pourquoi pas de mundion­dio.

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