1999

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IXème Edi­tion

Le mystère de MALAKI

Malaki ma Kongo 1999

Malaki ma Kon­go 1999

La IXème édi­tion MALAKI MA KONGO a été man­agé de mains de maître par Nzam­bia Mpun­gu ( Dieu en langue Kon­go ), sous un fond sonore de Jazz obus­ien, de martèle­ments de bom­barde­ments d’hélicoptère, le tout assaison­né par une ryth­mique kalachinkovi­en­ne.

Le Malaki chal­lenge Nzam­bia Mpun­gu s’est déroulé à notre insu, bien que nous y ayons active­ment pris part. Et c’est en novem­bre que nous réal­isons qu’effectivement pen­dant ces dix mois de guer­re, retranchés dans la forêt loin de toute pesan­teur “civil­isatrice”, nous avons bu, dan­sé, pêché, chas­sé, réfléchi, enter­ré nos morts nous nous sommes soignés, promenés… nous avons fait des séries de spec­ta­cles com­me le fai­saient nos ancêtres, dans la nuit étoilée autour d’un grand feu de bois.

Nous avons effec­tive­ment com­mu­nié avec nos ancêtres. Et Malaki n’est ni plus ni moins qu’entrer en com­mu­nion avec ces derniers.

Incroy­able mais vrai dirait-on? Mais pour notre part, nous dirons com­me Galilée et pour­tant le Malaki a bel et bien tenu ses promess­es.

Ce n’est pas pour la pre­mière fois que Nzam­bia Mpun­gu Dieu Tout Puis­sant nous joue un sale tour, et par ce biais, il veut tout sim­ple­ment nous prou­ver que MALAKI MA KONGO n’appartient pas seule­ment qu’aux Kon­go.

Kon­go étant syn­onyme, entre autres de Roi, c’est en sa qual­ité de 1er Kon­go, le roi des rois, que Nzam­bia Mpun­gu s’est auto­proclamé Prési­dent-man­ager de Malaki Ma Kon­go neu­vième édi­tion.

Ce Malaki en pleine crise socio-politi­co-mil­i­taire est l’exception qui con­firme la règle selon laque­lle: “Doré­na­vant, l’Homme Noir doit se don­ner une semaine au cours de laque­lle il devrait manger, boire, danser, réfléchir aux prob­lèmes qui minent notre développe­ment com­me au beaux vieux temps. En ces jours de com­mu­nion avec ces ancêtres, nous dirons aux petits-fils de nos petits-fils ce que les par­ents de nos par­ents ont vécu”.

Dès 1993 alors que le Gou­verne­ment de l’époque avait décrété l’Etat d’urgence, Nzey Van Musala et son Marabout Théâtre de l’ex-Zaïre sont venus pour nous met­tre les points sur les “i” en nous rap­pelons que “Malaki c’est entr­er en com­mu­nion avec ses ancêtres et que même le Pape ne pou­vait s’y opposer alors, com­bi­en de fois votre 1er min­istre." Si le Malaki ne peut se tenir au CFRAD ( la plus grande salle de théâtre de Braz­zav­ille ), il se fera dans la rue, sinon dans ta par­celle, ton salon ou dans ta cham­bre… Et pour cette édi­tion le Malaki s’est déroulée sur les immondices, dans la rue Mba­ma à Bacon­go et à Ngan­ga Lin­golo une ban­lieue de Braz­zav­ille, ouvrant ain­si au fes­ti­val, les portes de l’Afrique pro­fonde, celle des ini­tiés.

Le suc­cès était grand puisque ce jour là, la pop­u­la­tion était plus bercée par les sons de tam-tam que par les gron­de­ments d’ obus.

En 1997, alors que Braz­zav­ille était une fois de plus la proie des hommes en armes, Kin­shasa la ville-cap­i­tale sœur, qui a accordé asile au Prince du Nsundi le Directeur artis­tique du Malaki, a dit: Très cher Prince, nous aus­si, sommes des Kon­go, don­ne seule­ment ton OK et le Malaki se fera.

En trois semaines, une coti­sa­tion spé­ciale SOS Malaki a suf­fit pour que la 7eme Edi­tion Malaki Ma Kon­go se tien­ne à Kin­shasa du 20 décem­bre 1997 au 04 jan­vier 1998, dans un cli­mat d’enthousiasme et de sat­is­fac­tion générale quant au nou­veau pas que venait de franchir le Malaki, qui du coût deve­nait un fes­ti­val, capa­ble de se mou­voir dans l’espace inter­na­tion­al. Et depuis Kin­shasa, il était décidé que la 8ème Edi­tion serait un pèleri­nage à Kon­go Dia Ntote­la “ La Ter­re Promise” qui par­ti­rait de Braz­zav­ille jusqu’à Mban­za Kon­go cap­i­tale du Roy­aume Kon­go en pas­sant par Kin­shasa et Kim­pe­si.

Le Kongo des Kongo

Nzam­bia Mpun­gu ( Dieu ) avait enten­du et a atten­du mais en vain.

Alors sa colère s’est man­i­festée un cer­tain 18 décem­bre 1998, toute la pop­u­la­tion de Braz­zav­ille Sud des arrondisse­ments de Bacon­go et Makelekele soit près d’un mil­lion de malaki envoyés curieuse­ment dans la province de Nsundi espace ini­ti­a­tique des princes pré­ten­dants au trône roy­al Kon­go

MALAKI MA KONGO:

Une Production divine
De Nzambia Mpungu

Cette Edi­tion a été une mer­veille et aujourd’hui les par­tic­i­pants à ce Malaki div­in, ont eu le temps de faire l’état des lieux géo-his­tori­co-lin­guis­ti­co-spir­ituel des pays à eux légués par leurs ancêtres. Main­tenant ils peu­vent par­ler mètre car­ré par mètre de la for­ma­tion géologique, panoramique, de la clas­si­fi­ca­tion de la flo­re, des var­iétés des mon­des mar­in et ani­mal.

En his­toire ils peu­vent par­ler de l’histoire du peu­ple Kon­go de l’ère pharaonique à nos jours.

Ils savent que le pharaon père adop­tif de MU MASA Sauvé des eaux celui que vous con­nais­sez sous l’appelation de Mous­sa en arabe ou de Moi­ses en anglais ou bien encore Moïse en français, était un Kon­go qui s’appelait Nga Masese ( Ramess­es ) qui sig­ni­fie en langue kon­go Maître des Déserts. Et que les mots hébreux:

“Amen , saba ” sont l’équivalant à de “imeni et tsaba ” dans la langue de Nga Masese et que, gogo­la c’est gol­go­ta (crane), kwe­la c’est kala (mariage), luyan­galala c’est alelu­aya.

Et ils ne sont pas sur­pris que MU MAZA ait dénom­mé “masa ” le lieu où en plein désert, il a sor­ti de l’eau maza en kikon­go. Ils savent qu’avant d’arriver en ter­re kon­go, qu’ils venaient de l’Egypte, remon­tant le Nil jusqu’aux mon­tag­nes de la lune; ils s’établissent dans l’actuel Zim­bab­we où ils créent un grand foy­er ini­ti­a­tique “zim­ba”, pour renou­vel­er la caste des ini­tiés, selon la volon­té de l’Mbe­m­ba Zulu “Aigle du Ciel”, ancêtre du peu­ple zulu d’Afrique du Sud.

Il a fal­lu atten­dre le sig­nal de l’étoile de la promesse pour que la fem­me aux neuf mamelles Ma NKAMA MBANGALA à la tête de son peu­ple, con­tour­na le Tchikala désert de Kala­hari pour arriver à Kon­go Dia Ntote­la la Ter­re Promise, pré­cisé­ment à Mban­za Kon­go “Cité de Dieu ou Cité de Paix”. Là Dieu a par­lé aux soix­an­te douze Ngun­za prophètes pour leur sig­ni­fier les normes de ges­tion de sa ter­re, la ter­re de Dieu.

Au plan social

La IX ème Edi­tion était un véri­ta­ble mea cul­pa, nous avons eu tort et hon­te d’avoir tourné le dos à nos grands-par­ents, d’avoir prêté oreille au pseudo con­flit de généra­tions. Mais mal­gré notre man­que de recon­nais­sance, nos vieux nous ont nour­ris, soigné, guéri, instru­it. Ngan­ga Lin­golo, Lin­zolo, Mbe­lo Kin­damba, Loutete, ont été des ter­res d’initiation, des ter­res d’accueil; bizan­ti­nant du coup le pseudo brouil­lard inter kon­go. Aujourd’hui le fils de Nsundi est chez lui, où que ce soit . D’ailleurs ceux qui ont tra­ver­sé les pseudo fron­tières imposées par la coloni­sa­tion, pour se réfugier à Ngombe Matadi, Luozi, Kim­pe­si, Mban­za Ngun­gu, au Con­go-Kin­shasa ont telle­ment été bien reçu, dans un espace cul­turo-lin­guis­tique plutôt fam­i­lier qu’austère, qu’ils se deman­dent s’ils doivent revenir dans ce merdié de Mban­za Mfoa Cap­i­tale de la mort ain­si appelle-t-on Braz­zav­ille dans la langue kikon­go.

Polémologie

Les malaki ont eu le temps d’analyser le gen­re de guer­res qui leur ont été imposées depuis la guer­re de Mbuila le 29 octo­bre 1665, opposant les kon­go au por­tu­gais, date où le dernier roi Kon­go Ne MVITA KANGA, à la tête d’une armée de plus de cent mille hommes, a été défait. Il eut près de cinq mille tombés, le roi était décapité, sa tête était tri­om­phale­ment trans­portée et enter­rée dans la cathé­drale Notre Dame de Nazareth de Luan­da. Une débâ­cle s’ensuivie, les hommes men­acés à mort ont trou­vé refuge dans les forêts envi­ron­nants où ils ont créé des foy­ers de résis­tance dont Tchim­pa Mvi­ta, Bue­ta Mbon­go, Mabi­ala Ma Ngan­ga, Simon Kim­ban­gu, André Grenard Mat­sua et ceux de nos jours sont des exem­ples. Toutes ces Guer­res n’ont pour domaine de déf­i­ni­tion que la quête de l’identité cul­turelle, de la dig­nité humaine, le respect des droits de l’homme, le refus de l’esclavage, de la coloni­sa­tion, des fauss­es indépen­dances, des inté­gra­tions sans lende­main… en un mot ce sont des guer­res justes. Ces guer­res sont orchestrées par des grou­pus­cules mafieux de la haute finances qui mal­heureuse­ment trou­vent tou­jours des com­plices recrutés parmi les plus faibles de nos frères.

Au Plan Physique, Economique et Touristique

Une fois et grâce au malaki qui est l’art de pos­i­tiver un mal jugé d’injuste, ils ont su jauger leurs capac­ités de résis­tance face à la famine, la mal­adie, la mort, la pluie, les milles pat­tes, les ser­pents, la savane, la forêt, l’absence de la médecine mod­erne. Le port des charges sur la tête a rap­pelé les sou­venirs de notre grande et his­torique migra­tion de l’Egypte à Mban­za Kon­go Via Zim­bab­we. Ceux des enne­mis qui se sont aven­tur­er dans le Nsundi ini­ti­a­tique à pied, dans des engins lourds, dans des avions et des héli­cop­tères de com­bat racon­teront à jamais leurs his­toires que l’on pren­dra pour des fables; imag­in­er que l’on vous par­le des gens (mains nues) qui amor­tis­sent de la poitrine les balles bom­bardées par un blindé qui, s’il ne prend garde, se fera vider de son gasoil, avant d’être désossé et brûlé. La Danse héli­co est l’exception qui con­firme la règle du malaki : Trans­for­ma­tion de la panique, la mort et la déso­la­tion provo­quées par les bom­barde­ments d’un héli­cop­tère de com­bat en une danse pop­u­laire, est l’exception qui con­firme l’essence et la quin­tés­cence du malaki.

L’impatience, le silence coupable du sys­tème inter­na­tion­al, l’incertitude sur l’issue de la guer­re et la recherche de la survie nous ont poussé de fouin­er, dans les eaux, la forêt, les savanes, les mon­tag­nes, les val­lées… Aujourd’hui, tout un cha­cun a un pro­gram­me de développe­ment économique, cul­turel et touris­tique de son vil­lage. Il suf­fit d’une min­ute de paix et les pyra­mides s’élèveront de nou­veau en Afrique. , juste une min­ute.

La sci­ence médic­i­nale tra­di­tion­nelle a retrou­vé ses let­tres d’or, dans ce sens qu’elle a retrou­vé le nom­bre de patients des siè­cles passés. Les mix­tures de feuilles, de raci­nes, d’écorces, de poils ou d’écailles… ont prou­vé qu’elles sont la source incon­testable des pro­duits phar­ma­ceu­tiques.

Au Plan Spirito-culturel

Kon­go, en d’autres ter­mes “maître” que dis­ent les sig­nes des temps?

Se demandaient les malaki apeurés par la pro­lon­ga­tion de la guer­re?

La répon­se du Prince de Kon­go était sim­ple: "Vous êtes kon­go et une de vos vieilles prophéties ne dit-elle pas: Lorsque les fils du Mon­de des ténèbres arriveront à dévier les fils de Dieu du droit chem­in, la lumière qui réha­bilit­era le Mon­de proviendrait de Kon­go Dia Ntote­la au temps prévu par le Seigneur?"

Et une autre ajoute :  La tête de Kon­go Dia Ntote­la som­meil à Kon­go Dia Mfoa ( le Nsundi), lorsqu’elle se réveillera, c’est tout le Kon­go qui se met­tra debout.

Et les mat­suanis­tes ne cessent de prophé­tis­er que Mfoa (Braz­zav­ille) serait l’Alfa et l’Omega de la survie du peu­ple Noir et du mon­de ?

Vous enten­dez gron­der les obus, alors ne pensez-vous pas qu’ils ont dérangé le som­meil du léopard-Kon­go ? Si vous estimez que les temps tant atten­dus sont arrivés, alors à vous de kon­golis­er le mon­de. Mais rap­pelez-vous tou­jours que kon­go sig­ni­fie paix, amour, fra­ter­nité…

Car “le XXIème siè­cle sera kon­go où ne sera pas.“

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