Inscription Vers une Banque Ethique Africaine D’Europe

* Promouvoir l’entrepreneuriat social et solidaire en milieu Africain.

Les dés sont jetés. Les graines de la Banque Ethique Africaine d’Italie, ont été semées ce dimanche 3 mars 2019 à Milan en Italie dans le cadre de la Clôture de la 5ème Campagne de Sensibilisation sur la Finance Éthique et Alternative. Un projet a été présenté intitulé “Seule une Banque Ethique Africaine peut repousser les limites de Lampedusa jusqu’au cœur de l’Afrique “.

Une fiche d’adhésion indiquant Membre fondateur et membre des sympathisant, a circulé dans la salle et le public intéressé s’est inscrit. Pour ceux qui veulent s’inscrire online, il suffit d’envoyer votre contribution ici via PayPal ou carte de crédit, selon la qualité à votre choix (membre sympathisant, membre fondateur ou membre d’honneur):

 

Inscription au projet “Vers une Banque Ethique Africaine en Italie”



Voila le début d’une histoire qui à notre sens fera tache dans l’histoire de la diaspora africaine en Europe et précisément à Milan. Février Mois de l’Afrique, est l’occasion qui a poussé l’association Malaki ma Kongo et l’association socioculturelle SUNUGAL à inviter les amis de l’Afrique, les membres de la banque éthique d’Italie et les actionnaires de la finance éthique, non seulement de se souvenir du passé des héros du monde Noir mais surtout de se remettre en cause pour figurer à leur tour sur la liste des acteurs de l’histoire du Monde Noir. Evidement, il est dit que pour toute réussite il faut une mission, des hommes et des moyens. Ainsi nous avons été obligés à débattre de la sempiternelle question de savoir comment trouver les moyens de notre politique?

Masengo ma Mbongolo clôturant La 5ème Campagne de Sensibilisation sur la Finance Éthique

Devant le drame humain qui se déroule à nos yeux dans les deux Congo, au Mali, en Libye et sur les plages de la Méditerranée, à l’unisson, nous avons examiné de long en large le projet:  “Seule une Banque Ethique Africaine peut repousser les limites de Lampedusa jusqu’au cœur de l’Afrique “.

À l’issue de la rencontre il a été mis sur pied un Groupe d’Initiative Territoriale en abrégé GIT dont le but est de créer les structures de base qui donneraient naissance à une Banque Ethique Africaine d’Italie.

A ce propos Masengo ma Mbongolo, animateur principal de la soirée, a insisté d’écouter les conclusions de la préface de son livre “Une Banque Ethique Africaine: reve ou réalité?” écrit par Fabio Salviato, premier Président de la Banca Etica de l’Italie: “Retenez que la chose importante est de croire et ensuite commencer un partcours lent, mais régulier et continu, vers une mise en place d’outils de développement susceptibles d’etre en mésure de donner des réponses concretes à tous ces gens qui demande simplement d’etre capable de vivre sur leur territoire, une vie peut-etre sobre mais heureuse.”

La décision a été donc prise de se jeter à l’eau, sous l’orientation de Masengo ma Mbongolo, sociétaire de la Banca Etica d’Italie, et qui depuis 2002 s’est donné une ligne de conduite que voici: “La banque éthique est une lampe allumée pour éloigner la bêtise humaine”.

Le beaba de la banque éthique Africaine

Usant son talent de comédien et d’ancien diplomate Masengo ma Mbongolo nous a raffraichit la mémoire sur l’historique de la monnaie dans le royaume Kongo. Il nous a parlé des nzimbu (coquillages Olivancillaria nana) et de leur double fonctions, à la fois économique et de décodeur de langage ésotérique.  

Les coquillages les plus utilisés comme monnaie en Afrique subsaharienne était les Olivancillaria nana. Réunis à la périphérie de Luanda (Angola), c’était la « réserve monétaire » exclusive du Rois du Congo jusqu’à l’arrivée des Portugais dans la région à la fin du XVe siècle.

Dans la culture traditionnelle Kongo, les nzimbu (coquillages Olivancillaria nana). Les plus fins, étaient et continuent à être utilisés dans la médecine traditionnelle mais surtout dans l’art divinatoire, mieux la machine de la vérité pour détecter les mensonges. Dans des circonstances particulières le guérisseur plaçait ces coquillages mâles et femelles dans une main et dans l’autres. Puis à la suite de certaines demandes, les coquillages vibrent quand la réponse est fausse ou positive selon les cas. Du fait de leur capacité d’emmagasiner de l’énergie et de leur interaction avec l’homme, les cauris semblent la moins « primitive » des « monnaies primitives ». 

De fait, ils étaient pleinement insérés dans une économie marchande internationale. Ainsi, ces cauris possédaient les principaux attributs de la monnaie marchande, étatique, comparable aux monnaies modernes : l’homogénéité, la durabilité, la portabilité. La divisibilité, dimension importante, faisait défaut, mais cette carence était amplement compensée par une autre vertu : l’impossibilité de contrefaçon ; c’est là sans nul doute une autre clef de leur succès. C’est d’ailleurs grâce à toutes ces qualités que l’on put instaurer des systèmes d’équivalence avec les différentes monnaies européennes introduites au cours du XIXe siècle par les économies coloniales (Guyer éd. 1995).

Malaki Développement

La tontine
La pratique des « associations tontinières » a aussi eu cours dans le Royaume Kongo. Ce sont des sortes de sociétés mutuelles ayant majoritairement cours en Afrique. La tontine est une association collective d’épargne, qui réunit des épargnants pour investir en commun dans un actif financier ou dans un bien dont la propriété revient à une partie seulement des souscripteurs.

Nous partirons donc de cette logique financière africaine en l’adaptant à la dynamique de la finance éthique et alternative des temps modernes pour redonner de l’espoir au continent Noir dont les pieds et la colonne vertébral, ont été fragilisés par poids de l’histoire et de l’avidité du système de la finance traditionnelle. 

– Qu’est ce qui fait qu’une banque soit dite éthique?

– Une banque éthique est un point de rencontre des gens, qui partagent l’exigence d’une gestion plus responsable et transparente des ressources financières. 

– Le but est celui d’encourager des initiatives socio-économiques s’inspirant des principes d’un modèle de développement humain et social durable, où la production de la richesse et sa distribution sont fondées sur des valeurs de solidarité et responsabilité vis-à-vis de la société civile.

– La banque gère les épargnes de citoyens, familles, organisations, entreprises et institutions, et elle les investit dans des initiatives qui poursuivent des objectifs à la fois sociaux et économiques, tout en respectant la dignité humaine et l’environnement.

– Dans ce but, Banque Ethique se propose d’éduquer les épargnants et les bailleurs de fonds, en renforçant la conscience des premiers sur quelle est la destination de leurs épargnes et en encourageant les derniers à développer leurs capacités de gestion et d’entreprise. Banque Ethique ne tente pas de rejeter les règles de base de la finance, mais elle essaye plutôt de réformer les valeurs essentielles sur les quelles la finance s’appuie.

– Pourquoi alternative et non banque éthique tout court?

– La logique de la finance éthique et comme elle fonctionne dans le contexte africain, comme l’indique l’encyclopédie du Développement Durable, rentrent dans le cadre de l’économie solidaire recouvre une multiplicité de pratiques très différentes et donc difficiles à unifier autour d’une même définition. Son identité est ici présentée, dans un premier temps, à partir de ses similitudes et de ses différences avec l’économie sociale. Ensuite, l’économie solidaire est caractérisée en termes de finalité (création de lien social et d’un espace pour l’agir Kombitocratique), de logique propre (priorité donnée à l’utilité sociale, à la gestion participative et aux ressources “ réciprocitaires ”) et de capacité de changement social (palliative, réformatrice, radicale). Enfin, l’économie solidaire est associée au développement durable autour de la notion de solidarité et du projet de société.

– Et au niveau africain, l’économie solidaire et transparente existait depuis la nuit des temps. Le Kombit, le Lubakusu (Kitemo) ou la vie communautaire est le propre de nos communautés Haïtiennes, Africaines. L’individualisme, l’égoïsme, les traquenards sont mal appréciés. Les différentes sortes de ristourne représentent nos formes antique de micro crédit et qui persiste jusqu’à nos jours. Mais dans le cas d’espèce, nous allons moderniser ce système en l’adaptant à la réalité de nos jours et du système financier dominant, tout en sauvegardant notre indépendance.

– Les Finalités  

  • -Les finalités qui sont à la base de la création de la banque éthique, et qui caractérisent son action quotidienne sont :
  • -La Société s’inspire aux principes suivants de la finance éthique:
  • -La finance éthique est sensible aux conséquences non économiques des actions économiques.
  • -Le crédit, sous toutes ses formes, constitue un droit de la personne. Ceci sous-entend qu’un comité d’étude s’occupera de la promotion du crédit à ceux qui éprouvent des difficultés d’etre à la hauteur de beneficier un crédit.
  • -L’efficacité et la sobriété font partie de la responsabilité éthique.
  • -Le profit obtenu de la possession et de l’échange de l’argent doit être la conséquence d’activités orientées au bien de tous, et doit être distribué équitablement parmi tous les sujets qui concourent à sa réalisation.
  • -La transparence maximale de toutes les opérations est un fondement de n’importe quelle activité de finance éthique;
  • -Il faut favoriser la participation, non seulement de la part des associés, mais aussi de la part des épargnants aux choix de l’entreprise;
  • -L’institution, qui accepte les principes de finance éthique, gère selon ces principes toute son activité.

-Il faut changer de paradigme

Nous devons reconsidérer notre rapport avec l’argent, notre entourage, et notre environnement. Recréer un système scolaire adapté.

– Changer de paradigme, c’est commencer à voir le monde à partir de notre moi intérieur pour sous projeter vers l’extérieur: commencer à être des acteurs pour notre propre développement. La finance, étant un instrument qui stabilise notre existence, nous estimons qu’une approche alternative à ce mécanisme permettrait de ramener nos enfants prodigues à la maison-Afrique.

– Il faut reprogrammer nos braves gens les intellectuels qui sont happés par le système financier et le Pouvoir. Et cela à travers des activités culturelles comme cette Campagne de sensibilisation de la finance Éthique et Alternative. Au cours de cette campagne, nous traiterons d’une manière alternative, cet instrument qui leur est si cher, la finance. 

– Aucun autre Homme éthique ne saura mieux choisir le genre de développement approprié à nos villages que nos intellectuels, fils de nos pays. Mais pour cela il faut nettoyer nos cerveaux et réorienter nos neurones.

  • D’où viendra le financement?

Naturellement, chaque forêt a ses oiseaux de mauvais augure, et ceux-ci vous les trouverez surtout dans la frange des spécialistes de la finance traditionnelle. Ceux-là mêmes qui voient passer devant leurs yeux des milliards de dollars, du Congo vers les pays tiers, mais qui n’ont jamais cherché à résoudre la question selon laquelle: pourquoi devons-nous être à jamais des pays donneurs de richesse aux autres? A ce propos Muhammad Yunus s’adressant aux étudiants de l’Université de Bologna en Italie, en 2004, disait:

  • “Challenge ! 
  • Challenge! ! 
  • Challenge !!!

– Ne vous préoccupez pas de ce qu’on dira de vous, à la première erreur… L’avantage que vous avez par rapport aux grands professeurs de finance ou aux banquiers de professions, c’est que vous ne subissez pas le poids de la jurisprudence y affairant.

– Vous êtes libres, d’entreprendre une idée, quitte à la corriger chemin faisant…

– Challenge, Challenge, Challenge, sans hésitation, moi (Muhammad Yunus), j’ai commencé avec l’argent de ma poche, 50 dollars et les idées s’entrecroisant et s’entre choquant, nous avons abouti à créer la Grameen Bank. Les professeurs de finance, les banquiers comme les politiciens qui se moquaient de moi et qui refusaient de me prêter de l’argent, me courent après, aujourd’hui que l’idée a fait du chemin…” En général, il ne faut jamais laisser à d’autres personnes le soins de créer la base financière de vos activités. Au cas contraire vous serez étranger dans votre propre entreprise. 

– Le principe est de commencer petit et de grandir avec le temps. La sagesse Kongo enseigne que l’oiseau n’avale que ce qui peut passer au travers de votre gorge. Il faut s’appuyer sur une logique d’un développement durable auto centré sur l’homme, prenant en compte les dimensions culturelles et environnementales. Il faut être maître de ce que vous créez pour éviter que cela devienne une ombre qui masque et envenime votre existence.

– Ceci revient à dire que nous devons partir de nos propres bases culturelles d’auto-financement qu’est le “Konbit” la ristourne, mais en l’adaptant aux réalités modernes de la finance.

– Très souvent dès que l’on parle de finance ou de projet chez nous c’est faire référence à des sommes astronomiques, alors qu’il faut partir du principe de l’industrie qui est selon le Larousse, l’ensemble des activités économiques qui produisent des biens matériels par la transformation et la mise en œuvre de matières premières. Ceci sous entend que la femme qui transforme les tubercules de manioc, en pain de manioc, fait de l’industrie à basse échelle.

– Donc la finalité de cette campagne est d’une part la sensibilisation sur la finance éthique et alternative, et d’autre part d’amener les intéressés à fédérer nos énergies pour créer des séries d’institutions de micro finances qui dans le temps se fédéreront pour créer une banque. 

 La place de l’escargot dans ce ce texte.

L’escargot est le symbole par excellence de Malaki Développement un de nos partenaires. Les totems ou les symbolismes, en général, font partie de notre mode de représenter notre existence et d’indiquer notre champ d’action. L’escargot comme tel est un symbole que l’on retrouve dans l’histoire primaire des peuples d’Afrique et d’Asie principalement au Japon et au Kongo. L’escargot est un être bien informé; ses yeux en forme d’antennes lui permettent de voir plus loin que le bout de son nez, pour prévoir, mieux s’informer et être vigilant. 

Le port de sa coquille est la prudence, la protection, être prêt à tout puisqu’on a tout à coté de soit. Cet espace de repli, de forme spirale, est une zone de sécurité, un grand centre de réflexion. Avoir son coffre fort toujours à portée de main signifie que nous devons être prêts à régler toutes les situations, à n’importe quel moment de la journée. 

Vous remarquerez aussi que l’escargot laisse des traces après soit. C’est pour permettre aux générations futures de poursuivre notre action. C’est aussi un signe de transparence. Nous devons lutter contre l’avarice, l’égoïsme…

La patience est une très bonne qualité pour nous. Elle nous procure la sûreté de ce que l’on fait; le mûrissement de nos actions, ne jamais courir devant rien. Il faut être sur de toi et être confiant que les amis le comprendront aussi. La patience donne aussi les sens de la perfection…

Au Japon il existe une philosophie de l’escargot. Elle se traduit dans ce sens que la route est longue; il y a des embûches, des obstacles à surmonter, d’autres à éviter. Il faut prendre des détours et changer de cap au moment opportun. Il faut aussi savoir s’arrêter pour savourer. Des fois la route est longue et vous en fait baver: c’est la vie. 

En Conclusion

Les adhésions sont ouvertes pour le GIT (Groupe d’Initiatives Territoriales) pour la création de la Banque Ethique Africaine d’Italie. 

goo.gl/9z8xcp 

www.malakimakongo.net

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